07/05/2026
“La croyance en une forêt qui fait du bien est scientifiquement justifiée.”
C’est le titre d’un article récent de Libération.
Cet article explique que les bienfaits que l’on ressent lors d’une promenade en forêt ne sont pas une vue de l’esprit.
En lisant cette phrase, quelque chose m’a fait tiquer.
Se promener en forêt et se sentir apaisé, ce n’est pas une “vue de l’esprit”.
C’est un ressenti. Et un ressenti, ça se vit dans le corps.
On peut avoir une respiration plus profonde, de la détente, une sensation d’espace, de calme.
Pas besoin d’une étude pour le constater.
Et pourtant, je remarque souvent ceci (et je suis concernée également) :
quand une pratique est “validée scientifiquement”, elle paraît soudain plus légitime.
Ce phénomène a été étudié, notamment dans l’article
Seductive allure of neuroscience explanations (Weisberg et al., 2008).
Ajouter une explication neuroscientifique, même inutile, rend une idée plus convaincante.
Autrement dit, “ça agit sur le cerveau / le cortisol”, et on y croit davantage.
Albert Moukheiber en parle très bien.
Je n’ai rien contre les neurosciences, au contraire.
Elles permettent de mieux comprendre beaucoup de choses.
Mais il y a un risque subtil :
se déconnecter de ce que l’on ressent,
comme si on attendait que quelque chose soit “validé” pour s’autoriser à le vivre.
Or, ce qui nous fait du bien se reconnaît dans ce que nous vivons,
dans notre expérience, dans notre corps.
C’est ça, le signal.
Alors oui, les études peuvent éclairer.
Mais elles ne remplacent pas ce que vous ressentez.
Faites ce qui vous fait du bien.
Sans attendre qu’une publication vous le confirme.
Portez-vous bien d’ici là.