30/05/2026
📌Edito ( suite et fin )📌
✨Effets sur la santé mentale
La consommation abusive d'alcool peut provoquer de nombreux désordres psychiatriques. Des études
démontrent que les alcooliques présentent davantage de troubles mentaux que les non-alcooliques. On parle alors de comorbidité psychiatrique lorsque, chez un même individu, on observe un mode inadapté de consommation
d'alcool en combinaison avec des troubles mentaux ou psychiatriques qui ne sont pas directement causés par une intoxication aiguë, ni dus au sevrage.
Ces deux conditions - troubles psychiatriques et
consommation abusive - doivent d'autant plus être prises au sérieux qu'il y a nécessairement une forte
ressemblance entre les caractéristiques des troubles mentaux et les effets de l'alcool. Il importe donc de traiter les deux types de troubles simultanément et de façon intégrée, sans quoi chacun d'entre eux aura des répercussions négatives sur le traitement de l'autre.
👉On observe trois grands types de troubles psychiatriques, surreprésentés chez les alcooliques.
📌- Premièrement, des troubles de la personnalité. On observe en effet tous les types de troubles de la
personnalité chez les individus qui ont un problème de consommation. Par exemple, la prévalence d'avoir une personnalité antisociale est 10 fois supérieure chez les alcooliques que celle que l'on observe dans la population en général. On observe aussi, notamment chez les femmes, une forte association entre l'alcoolisme et tous
les types de troubles alimentaires.
📌- Deuxièmement, des troubles de l'humeur et de l'anxiété. On retrouve sous cette rubrique le trouble bipolaire et la dépression, celle-ci de manière très fréquente. Ce trouble doit être pris au sérieux, car il y a de 8 à 10 fois plus de su***des.
- une de ses conséquences - chez les alcooliques que dans la population en général. Les alcooliques souffrent peu de troubles anxieux - tels le trouble panique et la phobie sociale -, mais
tout de même plus que la population en général.
- Finalement, des troubles graves comme la schizophrénie.
Bien que n'ayant pas de lien avec l'intoxication ou le
sevrage, ce trouble grave est davantage observé chez les alcooliques que dans la population en général. La majorité des troubles psychotiques sont de nature toxique et ont été décrits précédemment dans la section Effets sur le système nerveux.
Effets sur l’environnement social.
Les intoxications à l'alcool engendrent des problèmes sociaux ayant de graves conséquences socio-médicales trop souvent mésestimées.
L'alcool ingéré en trop grande quantité produit des
perturbations au cerveau, au système nerveux central et au système hormonal, ce qui provoque en retour un impact sur les processus cognitif et physiologique. Une personne ivre a généralement un temps de réaction plus lent qu'une personne sobre, un contrôle déficient de ses muscles, une
dextérité moindre, des problèmes de coordination oeil-main, une détérioration de la mémoire à court et à moyen terme ainsi qu'une moindre capacité à résoudre des problèmes.
Par conséquent, si la mortalité des alcooliques est plus élevée, ce n'est pas seulement parce que l'ivresse présente une pathologie particulière, mais aussi parce qu'elle amplifie le risque habituel associé au su***de, aux homicides et aux
lésions accidentelles résultant de problèmes sociaux tels les accidents de la route et la violence.
S'il est évident que l'intoxication est une source de blessures accidentelles ayant des conséquences médicales, on omet souvent de mentionner que l'intoxication affecte aussi l'importance des blessures. Par exemple, même s'ils ont
des blessures de même gravité, les accidentés de la route intoxiqués risquent davantage d'être gravement ou mortellement blessés que les accidentés sobres.
Les mécanismes exacts derrière ce phénomène sont méconnus, mais ils pourraient s'expliquer du fait que l'alcool provoque l'inhibition de certains fragments moléculaires (radicaux libres) et qu'il modifie la composition chimique du sang du blessé, ce qui peut entraîner un oedème cérébral
ou un choc hémorragique.
De plus, des études démontrent que l'intoxication est en cause dans 64 % des incendies et des brûlures, dans 48 % des hypothermies et des cas de gelure ainsi que dans 40 % des chutes, Accidents de la route.
Au Québec, l'alcool est l'une des principales causes de décès sur les routes. Le problème est particulièrement tragique chez les jeunes, mais il ne touche pas que ces derniers. En 2000, près de
40 % des conducteurs décédés sur les routes du Québec avaient bu de l'alcool. Entre 1995 et 2003, un total de 1655 Québécois sont décédés dans un accident de la route, alors qu'au moins un
des conducteurs impliqués était sous les effets de l'alcool.
L'impact social des accidents non mortels est encore plus important. La conduite avec facultés affaiblies est la plus grande source des coûts sociaux et économiques engendrés par les
intoxications à l'alcool.
De plus, la gravité des collisions automobiles augmente lorsque l'alcool est en jeu. En 2003, si 240 décès étaient dus à la consommation d'alcool, 1100 blessés graves et 2500 blessés légers en résultaient aussi.
👉Violence
S'il est faux de croire que l'alcool rend nécessairement violent, il n'en demeure pas moins que, dans notre société, les intoxications à l'alcool ont un impact direct sur la violence et, bien entendu, sur les blessures qui s'ensuivent.
Puisqu'une des manifestations neurologiques de la
consommation est la perte d'inhibition, l'alcool est un facteur déterminant des comportements instinctifs tels la violence sexuelle et la violence physique associées à cette perte d'inhibition.
Des études démontrent que la probabilité de poser des gestes d'agression augmente avec la quantité d'alcool consommée. Ainsi, l'intoxication à l'alcool est associée aux homicides, aux crimes violents, aux agressions de tous genres, aux agressions sexuelles et aux viols.
Une étude canadienne sur la toxicomanie - réalisée auprès de la population adulte - a révélé qu'au cours des 12 mois précédant l'enquête, 11 % des répondants avaient été bousculés et 3 % agressés par un tiers ayant consommé de l'alcool. Une étroite relation existe entre les intoxications et le comportement criminel, et une bonne partie de cette relation en est une de cause à effet.
Les victimes sont, elles aussi, souvent intoxiquées lors d'épisodes de violence, ce qui les rend plus vulnérables aux agressions ou ce qui les incite à provoquer leur agresseur.
👉Violence conjugale
La consommation abusive d'alcool faite par l'un des
conjoints favorise l'éclatement de conflits pouvant aller jusqu'à la violence physique. Le risque de violence conjugale augmente avec la fréquence d'intoxication. Au Canada, 41 % des victimes féminines et 25 % des victimes masculines estiment que leur conjoint était sous l'influence de l'alcool lors d'épisodes violents. Selon Statistique Canada, 26 % des hommes qui ont tué leur
conjointe et 55 % des femmes qui ont tué leur conjoint étaient intoxiqués au moment du meurtre.
Un lien a été établi entre la consommation d'alcool et la gravité de l'acte de violence commis entre conjoints.
Lorsque le conjoint est sous les effets de l'alcool au
moment de l'agression, la victime court effectivement un plus grand risque d'être blessée physiquement et d'être dans l'obligation d'avoir recours à une assistance médicale.
Au-delà des sévices physiques pouvant résulter de la violence conjugale, des études démontrent que les conjoints des alcooliques souffrent davantage d'anxiété, d'insomnie, de tension et de dépression.
👉Sexualité
Les intoxications à l'alcool - surtout chez les jeunes - sont liées aux relations sexuelles non protégées et, par conséquent, augmentent les risques de contracter une maladie transmise sexuellement (MTS) ou de provoquer une grossesse non planifiée.