13/04/2026
Une réflexion intéressante pour les équidés à bas besoins ou pour ceux souffrant de problématiques métaboliques et hormonales...
Pour rappel, pour ces animaux, il est important d'éviter les fourrages trop riches en sucres solubles.
Une information à garder en tête au pâturage mais aussi lors des chantiers de récolte de foin et de préfâné destinés à cette catégorie de chevaux.
Cette logique est intéressante, que vous soyez propriétaire ou gestionnaire mais également producteur de fourrages.
🤔💭 L’herbe épiée est-elle gage de sécurité ? 🌾🐴
⚠️ Avertissements généraux : la mise en lien entre les besoins des chevaux et le potentiel nutritif de l’herbe (que nous aimons appeler « grass-fitting ») est une science à part entière qui demande des connaissances théoriques, de l’observation et de la nuance.
👉 L’objectif de cette « devinette » est d’attirer l’attention sur quelques points trop souvent oubliés ou méconnus. Elle n’a pas pour vocation d’être exhaustive (sinon tu fuirais potentiellement rapidement notre page :D !)… N’hésite donc pas à nous contacter si tu as besoin de conseils ou d’infos plus poussées.
🧐 Revenons à cette question : est-ce que l’herbe en photo est safe pour des chevaux à tendance à la fourbure ?
Vous avez été nombreu.ses à répondre avec plein de propositions intéressantes et généralement justes.
Voici notre réponse à nous.
1. C’est quoi la fourbure ?
👉 De manière simpliste, il s’agit d’une inflammation anarchique (liée à une perturbation structurelle) dans le pied qui peut causer de gros dégâts et même aller jusqu’à l’euthanasie dans les cas les plus graves.
Si son origine peut être variable et parfois mystérieuse, on sait qu’elle peut survenir dans un contexte alimentaire déséquilibré et, notamment, un excès de sucres.
Or, l’herbe en général et surtout au printemps peut monter très haut en sucres…
2. Comment savoir si cette herbe est pauvre ?
👉 D’une manière générale, de nombreux paramètres vont avoir un impact sur la production ou l’utilisation des sucres dans la plante (météo, saison, qualité du sol, etc.).
Par rapport à cette image (prise il y a quelques jours), deux points sont intéressants :
➡️ Le stade : une plante qui monte en graines a tendance à s’appauvrir…
⚠️ MAIS ! ...
👉 Ici, nous ne sommes qu’au début de la floraison. Il n’y a pas encore de graines formées, la plante va mobiliser ses sucres et les envoyer dans les tiges et vers les épis en formation.
Et même si la teneur en énergie a tendance à baisser, les niveaux de sucres peuvent encore être un peu élevés, surtout quand la quantité d’herbe disponible est importante et qu’on voit encore beaucoup de feuilles vertes.
➡️ La flore : une prairie est (presque) toujours un mélange botanique de plusieurs espèces et familles de plantes. Et même au sein de graminées, on va retrouver souvent plus de 10 espèces différentes…
👉 Ces espèces vont réagir différemment aux paramètres climatiques, pédologiques, temporels, etc. Et ne pas maturer en même temps, ni ne présenter les mêmes taux de sucres.
🌾📷 L’espèce prise en photo est du vulpin des prés (Alopecurus pratensis).
Cette espèce très courante a la particularité d’être précoce : c’est souvent la première que tu verras monter en épis et fleurir (coucou les allergiques !).
⚠️ A côté des vulpins, on va retrouver d’autres graminées, moins « visibles » et moins identifiables car encore en feuilles. Or, ces feuilles vertes sont précisément les organes les plus sucrés à cette saison car les plus actifs en termes de photosynthèse = fabrication de sucre.
👉 Des épis qui ressortent visuellement, ne veulent pas dire que la prairie est homogène. D’autres graminées plus tardives sont présentes et encore « risquées ».
3. Remarques sur la quantité ingérée et sur l’appétence :
Il est important de rappeler qu’au-delà de la teneur en sucres de l’herbe, la quantité totale ingérée va beaucoup jouer sur l’excès d’énergie et de sucres.
Une quantité élevée d’herbe moyenne est parfois pire qu’une petite quantité d’herbe un peu plus riche.
⚠️ De plus, les chevaux trient ! Et le vulpin coriace a tendance à être évité au profit de petites feuilles plus savoureuses… Mais malheureusement souvent plus sucrées…
👉 Ce que ton œil voit n’est pas toujours égal à ce que ton cheval mange…
4. Sensibilité individuelle propre à chaque cheval :
Malheureusement, quand il s’agit de sensibilité aux sucres, il faut toujours garder en tête que chaque cheval est différent et peut, en plus, évoluer selon son âge, son niveau d’activité, son état physique (gras), santé générale, ou même en fonction de la saison (cycles hormonaux) notamment.
👉 Il est donc important, en parallèle d’une observation fine de la prairie, de connaître et de surveiller son cheval : état corporel (embonpoint), chaleur dans le pied, pouls digité, inconfort à la marche ou selon le type de sol, etc.
En conclusion : l’idée collectivement véhiculée qu’une herbe épiée est plus sécurisée est souvent fausse, donc attention 😉
Prenez soin de vos prairies et de vos chevaux,
A bientôt,
D&A