22/02/2026
La douleur n’est pas née aujourd’hui.
Aujourd’hui, nous l’appelons par son nom.
« À mon époque, personne n’était en dépression »
Dit tante Maria, qui s’enferme dans la salle de bain pour pleurer et ressort avec son meilleur masque.
« À mon époque, personne ne se suicidait »
Dit grand-père Georges, qui appelle « force » le fait de ne jamais demander d’aide et de se débrouiller en silence.
« À mon époque, les gens étaient plus forts. Aujourd’hui, ils ne supportent plus rien »
Dit oncle Paul, qui prend un somnifère chaque soir pour pouvoir dormir.
« À mon époque, personne n’allait en thérapie »
Dit grand-mère Albertine, qui appelle « caractère » la colère de son mari et « normal » ce qui la faisait trembler.
« À mon époque, l’anxiété n’existait pas. Aujourd’hui, elle existe parce que les gens sont faibles »
Dit grand-père Alphonse, qui appelle « trop de cafés » ce poids dans la poitrine qui le réveille la nuit.
La santé mentale n’est pas une mode.
La dépression, l’anxiété et la thérapie ne sont pas des choses modernes.
Pendant des années, nous avons appris que souffrir était une faiblesse.
Que résister en silence était une force.
Que demander de l’aide signifiait ne pas être assez fort.
La vérité est que la douleur psychologique a toujours existé.
Simplement, elle n’avait pas de mots, pas d’outils, pas d’espace.
Aujourd’hui, parler de dépression, d’anxiété ou de su***de ne signifie pas être plus fragile. Cela signifie avoir une plus grande conscience. Cela signifie donner un nom à ce qui, auparavant, était caché.
La santé mentale n’est pas née aujourd’hui. Aujourd’hui, nous l’écoutons.