31/03/2026
~ Rencontres, mouvement, célibat et liens : débriefing d’une journée Rando Psycho-Sexo-Resto 🌞 ~
La journée avait pour objectif de proposer un espace de rencontre différent : marcher, échanger, rire, réfléchir et partager un moment convivial entre hommes et femmes disponibles pour de nouvelles rencontres, qu’elles soient amicales, affectives et/ou amoureuses.
Au-delà de la simple rencontre, dans mon job de psychos**othérapeute, cette journée avait aussi pour vocation de créer un espace d’observation et de réflexion autour des dynamiques relationnelles contemporaines.
🌱 Le désir de rencontre : un besoin toujours très présent
Au fil de la journée, un constat s’impose : hommes et femmes souhaitent toujours rencontrer, échanger, partager et créer du lien, que ce soit avec des personnes du même sexe ou du sexe opposé. Le besoin de lien et d’attachement reste un besoin fondamental de l’être humain.
Les recherches en psychologie sociale montrent d’ailleurs que le sentiment d’appartenance et la qualité des relations interpersonnelles constituent un facteur majeur de bien-être psychologique. Il est aujourd’hui clairement établi que les relations sociales, amicales et/ou amoureuses, contribuent fortement à l’estime de soi, au sentiment de sécurité et à la satisfaction de vie globale.
🌱 Célibat choisi, célibat subi : une réalité nuancée
Au cours des échanges, il apparaît que la situation de célibat recouvre des réalités très différentes.
Une partie des participants n’est pas célibataire par choix et exprime un désir clair de rencontre et de construction relationnelle. Une autre partie évoque faire ou avoir fait du célibat un statut relativement avantageux, notamment en raison de la liberté individuelle, de l’autonomie décisionnelle et de la possibilité de profiter de la vie sans devoir faire trop de concessions.
🥾La marche : un facilitateur relationnel
La marche a joué un rôle central dans la dynamique du groupe. Le fait d’être en mouvement facilite souvent la parole : on se regarde moins frontalement, la discussion est plus spontanée, les silences sont moins lourds. La nature, quant à elle, agit comme un contenant apaisant, enveloppant chacun dans un cadre sécurisant et non contraignant.
Les recherches en écothérapie montrent en effet que l’activité physique modérée et les environnements naturels diminuent le stress et favorisent l’ouverture relationnelle. Marcher côte à côte plutôt qu’être assis face à face modifie la posture relationnelle : on est moins dans l’évaluation et davantage dans le partage.
🧠 Peurs, projections et rencontres entre hommes et femmes
Par les partages et la dynamique de groupe, on observe aussi que certaines peurs et projections restent bien présentes lorsqu’il s’agit de croiser les genres et les attentes relationnelles.
Certaines personnes s’ouvrent facilement et peuvent parler de leur vécu passé et présent sans complexe. D’autres évoquent plus timidement un cycle de deuil amoureux, une séparation récente ou une période de reconstruction personnelle qu’elles sont encore en train de traverser.
🫂 Le besoin de lien affectif et de tendresse
Malgré des parcours différents, un élément commun apparaît chez la majorité des participants : le souhait de vivre et de partager avec une personne qui leur correspond, avec qui offrir et recevoir accueil, écoute, soutien, tendresse et complicité.
Nous savons en effet que les besoins humains ne se limitent pas à la sexualité ou à la vie de couple en tant que statut social, mais concernent plus largement :
• le besoin d’amour et/ou d’attachement,
• le besoin de reconnaissance,
• le besoin de contact et de tendresse,
• le besoin d’intimité émotionnelle,
• et, pour beaucoup, le besoin de partage sexuel.
La s**ologie contemporaine insiste d’ailleurs sur le fait que la sexualité ne peut être dissociée du lien, de la sécurité émotionnelle et de la communication. Les modèles actuels mettent davantage l’accent sur la qualité de la relation que sur la simple existence d’un couple.
👯🌳🥳 Créer des espaces de rencontre différents
Cette journée montre qu’il existe un réel besoin de créer des espaces de rencontre différents de ceux proposés par les applications ou les rencontres rapides. Il existe d’ailleurs plusieurs initiatives de ce type en Belgique et ailleurs actuellement.
Marcher, manger ensemble, discuter en groupe, rire, partager des expériences de vie permet des rencontres plus progressives, plus humaines et souvent moins anxiogènes.
Ces espaces permettent aussi de remettre la rencontre dans une dimension plus large : rencontrer l’autre, mais aussi se rencontrer soi-même, réfléchir à ses attentes, à ses peurs, à ses désirs relationnels et à sa manière d’entrer en lien.
🌿🫀Cette journée Rando Psycho-Sexo-Resto aura mis en évidence une réalité simple mais essentielle : derrière le statut de célibataire, il y a parfois de la solitude, des histoires de vie, des deuils, des espoirs, des peurs, des envies de liberté, des envies d’amour, des envies de partage.
Elle montre aussi que la rencontre ne se résume pas à trouver un partenaire, mais qu’elle commence souvent par le fait de créer des espaces où les personnes peuvent se rencontrer en tant qu’êtres humains, avant de se rencontrer en tant que partenaires potentiels.
Peut-être que, dans un monde où les rencontres sont parfois rapides, numériques et évaluatives, prendre le temps de marcher, parler, manger et rire ensemble reste encore l’une des façons les plus simples et les plus humaines de créer du lien.
Audrey Boclinville