15/05/2026
On nous dit qu'il ne faut pas être en colère. Que c'est indigne. Que c'est le signe d'un manque de maturité. Que les personnes sages, les personnes évoluées, restent calmes et posées.
Je pense que cette conviction est beaucoup trop naïve.
Konrad Lorenz, Prix Nobel de physiologie, a passé sa vie à observer les animaux. Et il a montré quelque chose de profondément contre-intuitif : l'agressivité n'est pas une réaction pathologique. Ce n'est pas un mal accidentel. C'est un élément naturel, constitutif de tous les animaux. Nous y compris.
La colère, dit-il, n'est pas une force de destruction. C'est une force de régulation. Si un lion rugit face à son rival, ce n'est pas pour le tuer. C'est pour poser une limite. Et quand le rival recule, le lion s'arrête. Un ordre est rétabli. La destruction est évitée.
C'est un point essentiel : renoncer à la colère, c'est renoncer à l'ordre, à la justice, à l'équilibre.
La colère s'allume quand une limite est franchie. Elle n'est pas faite pour durer. Elle est faite pour signifier. Et peut-être que le vrai problème n'est pas la colère mais son déni. Parce que ce qu'on appelle colère la plupart du temps — ces explosions, ces crises — c'est en réalité une violence qui vient d'un interdit de la colère. Une énergie qui n'a pas pu trouver sa forme juste.
On meurt de chagrin. On ne meurt pas de colère.
La peur nous fige. La colère nous met en mouvement.
Elle nous redonne du pouvoir.
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Ce post vient de ma dernière conférence sur la colère avec .meditation
Vous pouvez regarder son replay en cliquant sur le lien : https://www.youtube.com/live/fh7HNFkb4zE?si=fRQDsQckTTVjKJDD