25/05/2026
Pendant longtemps, j’ai cru que contrôler mes émotions était une force.
Alors je faisais ce que beaucoup de personnes font sans même s’en rendre compte :
je contrôlais.
Je remplissais mes journées.
J’étais dans l’action.
Je voulais bien faire.
Réussir.
Être occupée.
Et plus tard… j’ai aussi contrôlé mon alimentation, mon poids, mon corps.
Parce qu’au fond, ressentir certaines émotions me faisait peur.
Quand j’étais enfant, on ne parlait pas vraiment des émotions à la maison.
Comme beaucoup de parents, les miens n’étaient probablement pas à l’aise non plus avec leurs propres ressentis.
Alors quand il y avait de la tristesse, de la peur ou du doute, j’entendais souvent :
“Allez, ça va aller.”
“Ne te mets pas dans des états pareils pour ça.”
Ou parfois… on n’en parlait simplement pas.
Avec le temps, j’ai compris quelque chose d’essentiel :
quand un enfant ne se sent pas accueilli émotionnellement, il apprend souvent à éviter l’inconfort plutôt qu’à le traverser.
Et ces stratégies fonctionnent…
du moins à court terme.
On se sent soulagé.
On reprend le contrôle.
On apaise momentanément la peur, la culpabilité, la honte ou l’anxiété.
Mais une émotion qu’on évite ne disparaît jamais vraiment.
Elle revient.
Souvent plus fort.
Et à force de vouloir tout contrôler, le corps finit parfois par parler :
fatigue,
nervosité,
tensions,
surcharge mentale,
troubles de l’humeur…
Ce fonctionnement porte un nom :
l’évitement expérientiel.
C’est le fait d’éviter un inconfort émotionnel grâce à des comportements qui apaisent sur le moment…
mais entretiennent souvent la souffrance à long terme.
Et tu sais ce qui m’a longtemps marquée ?
J’étais persuadée qu’une émotion durait des heures.
Alors évidemment…
je faisais tout pour ne pas ressentir.
Puis j’ai appris qu’une émotion dure en réalité environ 60 à 90 secondes.
Ce qui la prolonge souvent, c’est la lutte contre elle.
La rumination.
Le refus de la valider.
Alors aujourd’hui, si ton émotion pouvait parler…
elle te dirait peut-être simplement :
💨“Valide-moi !!!!"
Parce qu’une émotion n’a pas besoin d’être contrôlée.
Elle a besoin d’être reconnue.
En consultation, je rencontre beaucoup de personnes en souffrance avec leur corps.
Et souvent, face à cet inconfort, les stratégies de contrôle reprennent :
contrôler davantage l’alimentation,
se peser souvent,
scruter son corps,
éviter certaines situations…
Pourtant, la régulation émotionnelle ne passe pas par l’évitement.
Elle passe progressivement par le fait d’apprendre à rester en contact avec ce que l’on ressent… avec sécurité, douceur et bienveillance.
Et ça, oui, ça peut s’apprendre à l’âge adulte.
💛 Parfois, la première étape est simplement de ralentir…
de nommer l’émotion…
et de respirer avec elle.
“Je suis triste.”
“Je suis en colère.”
“Je suis déçue.”
Sans chercher immédiatement à la faire disparaître.
Et toi…
quelle émotion as-tu le plus de mal à accueillir ?