16/05/2026
La spondylarthrite ankylosante, pour nous, ce n'est pas un mal de dos d'effort, c'est une maladie inflammatoire qui attaque surtout les articulations du bassin et de la colonne, qui donne des douleurs profondes la nuit et une raideur le matin comme si le dos était rouillé.
C'est une spondyloarthrite axiale. Le système immunitaire s'attaque aux enthèses, là où les ligaments s'ancrent sur l'os, surtout au niveau des sacro-iliaques puis des vertèbres. Avec le temps, l'inflammation peut souder des vertèbres entre elles. Elle débute souvent entre 20 et 40 ans, plus fréquente chez les hommes, mais elle touche aussi les femmes avec des formes parfois plus discrètes.
Ce qu'on vit au quotidien
Douleur inflammatoire du bas du dos et des fesses : profonde, d'un côté puis de l'autre, qui réveille entre 2 h et 5 h du matin. On doit se lever et marcher pour soulager.
Raideur matinale : plus de 30 minutes pour se dérouiller, la do**he chaude aide. La douleur s'améliore avec le mouvement, elle empire avec le repos.
Alternance de poussées et d'accalmies : périodes où tout va mieux, puis reprise après stress, fatigue ou arrêt du sport.
Atteintes associées : douleur de talon, de la plante, gonflement d'un genou ou d'une cheville, tendinite d'Achille, parfois œil rouge douloureux avec uvéite, psoriasis ou maladie inflammatoire intestinale dans la famille.
Fatigue : pas seulement musculaire, une fatigue inflammatoire qui ne passe pas avec le sommeil.
Pourquoi ça arrive
Terrain génétique, souvent HLA-B27 présent mais pas obligatoire, déclenché par des facteurs environnementaux encore mal connus. Ce n'est pas lié à la posture seule ni à l'usure. La maladie évolue par poussées inflammatoires.
Ce qui nous aide vraiment
Bouger tous les jours : c'est le pilier. Marche, natation dos crawlé, vélo, étirements d'extension du rachis. Éviter de rester assis longtemps voûté. Se lever toutes les 45 minutes.
Kinésithérapie régulière : travail de posture en extension, ouverture thoracique, renforcement profond du dos et des fessiers, respiration. Pas de manipulations forcées en poussée.
Chaleur le matin, froid en poussée : do**he chaude pour dérouiller, poche de froid sur sacro-iliaque si douleur vive.
Traitement médical suivi par un rhumatologue : anti-inflammatoires non stéroïdiens en première ligne pour casser la douleur nocturne, toujours avec protection gastrique si besoin. Si persistance, biothérapies anti-TNF ou anti-IL17 qui ciblent l'inflammation. Le suivi inclut IRM des sacro-iliaques, bilan sanguin, dépistage de l'uvéite.
Arrêt du tabac : le tabac aggrave l'évolution et diminue l'effet des traitements.
Sommeil et ergonomie : matelas ferme, oreiller fin, éviter de dormir en chien de fusil, poste de travail avec écran à hauteur des yeux.
Surveillance associée : ophtalmo si œil rouge douloureux, gastro si douleurs abdominales, cardio car risque légèrement augmenté à long terme.
Quand il faut reconsulter vite
Douleur oculaire avec rougeur et photophobie, fièvre avec mal de dos brutal, perte de force dans les jambes, troubles urinaires, douleur thoracique en inspiration qui s'aggrave. Dans ces cas, passage aux urgences ou appel du rhumatologue.
La spondylarthrite ankylosante ne se guérit pas, mais elle se contrôle. Beaucoup gardent une vie active, un travail physique, du sport, avec un traitement adapté et une hygiène de mouvement.
Si tu reconnais ce mal de dos qui te réveille la nuit et qui s'améliore en marchant, surtout si tu as moins de 40 ans et des antécédents familiaux, le mieux est de voir ton médecin. Il fera un examen des sacro-iliaques, demandera une IRM et t'orientera vers un rhumatologue. Un diagnostic précoce change tout, il permet de garder la mobilité et d'éviter l'enraidissement.