30/03/2026
Pendant longtemps, je n’ai rien compris.
Mais avec le recul, je vois aujourd’hui toutes ces petites choses que je faisais…
sans m’en rendre compte.
À la maison, chaque objet, chaque couleur, chaque prénom était pensé à deux fois.
Mon fils est le seul de mes enfants à avoir plusieurs prénoms.
Le seul aussi à avoir deux couleurs d’essuies et de gants de toilette.
Plus t**d, mes enfants avaient la même draisienne…dans deux couleurs différentes.
Le même casque de vélo…dans deux couleurs différentes.
À l’époque, je ne me posais aucune question.
C’était simplement comme ça.
Ce n’est qu’avec le recul que j’ai compris que, quelque part en moi, je continuais à faire de la place pour deux. Pendant toutes ces années, j’avais enfoui au fond de moi la perte de ce deuxième petit garçon.
Et puis il y avait mon fils qui me suivait partout. Personne d’autre ne pouvait le toucher, le changer, le laver, le coucher. J’étais la seule qui pouvait le consoler.
Au début, je trouvais ça touchant.
Puis, vers ses deux ans, c’est devenu très difficile : des crises de larmes que je ne comprenais pas, des réveils nocturnes à répétition, des moments où rien ne semblait pouvoir l’apaiser.
Et tout reposait sur moi. Je me sentais perdue et j'étais épuisée.
Puis un soir, "par hasard", je suis tombée sur l’annonce d’une conférence près de chez moi. Je m'y suis inscrite et j'y ai assisté. La description des signes m’a bouleversée. Florence de Theracorpo racontait le syndrome du jumeau perdu… et pour la première fois, j’ai senti que quelqu’un comprenait ce que je portais.
Ce soir-là, j’ai entendu parler du livre : "Le syndrome du jumeau perdu" (Alfred et Bettina Austermann)
Je l’ai lu. Et là tout m’est revenu. Comme un tsunami de souvenirs.
Et pour la première fois, j’ai commencé à comprendre ce que nous avions traversé.
La semaine prochaine, je vous raconterai le moment où j’ai enfin trouvé une façon de lui dire au revoir.