30/10/2025
Le consentement : "si c'est pas oui, c'est non"
"Si elle dort, tu l'as laissé dormir" (Angèle,2018)
On se souvient toutes et tous de cette chanson.
En tant que psychologue & sexologue, j’observe chaque jour à quel point la notion de consentement est fondamentale — non seulement sur le plan humain, mais aussi sur le plan juridique. Cette notion qui paraît tellement simple, facile a comprendre ne l'est pas. Cette zone grise comme on peut parfois l'appeler.
1) Petit point juridique
🔍 En Belgique
Depuis la réforme du 21 mars 2022, l’article 417/5 du Code pénal prévoit que le consentement doit être donné librement, il ne peut pas être déduit de l’absence de résistance.
Le consentement peut aussi être retiré à tout moment, même pendant un acte sexuel.
Et il existe des circonstances légales dans lesquelles il n’y a pas de consentement, notamment si la personne est vulnérable (état de peur, influence de substances, handicap, inconscience…).
🔍 En France
Le débat autour de la définition légale du viol évolue : jusqu’à présent, le code pénal français définit le viol par l’existence de “violence, contrainte, menace ou surprise”.
Mais de nouvelles propositions visent à inscrire plus explicitement la notion de consentement libre dans la définition pénale du viol — posant comme principe que seul un consentement affirmatif, donné librement, vaut.
2) Pourquoi c’est important ?
Parce que consentir, ce n’est pas simplement ne pas dire “non”.
Parce que le silence, l’immobilité ou la peur ne sauraient jamais remplacer un accord explicite donné volontairement.
Parce que chacun·e a le droit à un espace intime sûr, où son désir — ou son refus — est respecté.
Et parce que le consentement peut changer : on peut dire “oui” à un moment, et retirer ce “oui” plus t**d, avant ou même pendant l’acte.
3) Un message d’espoir
Je crois qu’en renforçant la compréhension collective du consentement, nous contribuons à construire des relations plus respectueuses, plus sûres, plus authentiques.
À travers mon travail comme psychologue/sexologue, j’accompagne des personnes pour apprendre à mettre des mots sur leurs limites, à exprimer ce qu’elles veulent — ou ne veulent pas — et à redonner du pouvoir à leur propre corps et à leur volonté.
Si chacun·e de nous intègre un peu plus cette idée dans ses relations — affectives, amoureuses, sexuelles — nous avançons vers une société où le respect mutuel n’est pas seulement une aspiration morale, mais une réalité vécue.