07/01/2026
Il existe une forme de violence invisible qui ne laisse pas de bleus, mais éteint la lumière dans les yeux : c’est le refus délibéré d’écouter. Je ne parle pas de la simple distraction quotidienne, mais de ce moment précis où tu dis quelque chose de vrai, de profond ou d’inconfortable, et l’autre dresse un mur. On te muraille parce que ce que tu dis heurte leur zone de confort, n’est pas concevable pour leur esprit ou remet en question les fondations de la « Matrix » dans laquelle ils ont choisi de vivre. À cet instant, ton système nerveux passe en alerte rouge. Pour le cerveau, l’exclusion et le fait de ne pas être vu activent les mêmes zones que la douleur physique : le cortisol monte, le cœur s’accélère et tu te sens soudain « trop », « faux » ou, pire encore, invisible.
L’écoute est l’acte qui permet à l’autre d’exister, mais quand quelqu’un refuse de recevoir tes paroles parce qu’il ne les accepte pas, il tente d’effacer ta réalité pour protéger la sienne. C’est un acte de conservation extrême. Rester là, avec la vérité coincée dans la gorge, est l’une des expériences les plus aliénantes qui soient : c’est comme avoir de l’oxygène autour de soi mais ne pas avoir de poumons pour le respirer. Comme le rappelait Jung, ce qui n’est pas écouté ne disparaît pas, mais glisse dans l’ombre, se transformant avec le temps en symptôme, en colère ou en cette fatigue chronique de celui qui a trop longtemps essayé de se faire comprendre par quelqu’un qui a décidé de rester sourd.
L’écoute véritable est un acte révolutionnaire parce qu’elle dit au système nerveux de l’autre : « Ici, tu n’as pas besoin de te battre ». Mais quand on te muraille, on te force à la guerre ou à la disparition. C’est pourquoi nous devons cesser de crier contre les murs en espérant qu’ils deviennent des portes. Si ta vérité dérange, le problème n’est pas ta voix, mais la faible capacité de leur système nerveux, incapable de supporter le poids de l’authenticité.
La conclusion n’est donc pas de crier plus fort, mais d’apprendre à retirer le trésor de ses propres paroles à ceux qui n’ont pas les mains pour les tenir. Le conseil est celui-ci : ne gaspille pas ta médecine avec celui qui est amoureux de sa propre maladie. Cherche tes semblables, cherche ces espaces et ces personnes qui ont le courage de se laisser toucher par ta vérité. Parce que la guérison n’a pas lieu là où l’on parle beaucoup, mais là où l’on peut enfin exister sans avoir à défendre le droit d’être vrai.
Belle journée
Carla