25/12/2025
On entend souvent cette phrase : « il faut couper les liens toxiques ». Elle est répétée comme une évidence, presque comme un ordre. Mais derrière ces mots, il y a une réalité bien plus nuancée.
Couper un lien toxique ne signifie pas toujours partir en claquant la porte, bloquer un numéro ou effacer quelqu’un de sa vie comme s’il n’avait jamais existé. Ce n’est pas forcément un geste brutal. C’est d’abord un acte de lucidité. Cela commence au moment où l’on reconnaît qu’une relation nous épuise plus qu’elle ne nous nourrit, qu’elle nous fait douter de notre valeur, de nos émotions, de notre droit à être nous-mêmes.
Un lien devient toxique quand il nous oblige à nous trahir pour être accepté. Quand l’amour, l’amitié ou la proximité se transforment en tension permanente, en peur de mal faire, en culpabilité constante. Quand on se sent petit, confus, vidé, même après avoir “tout donné”.
Couper, alors, ne veut pas dire cesser d’aimer. On peut aimer quelqu’un et reconnaître que la relation fait mal. Et cela ne veut pas dire non plus cesser d’être dans la vie d’une personne. Ça peut aussi simplement signifier être présent autrement : avec moins d’attentes, moins d’exposition, moins de concessions qui font mal. Être là sans se perdre.
Couper, c’est parfois cesser d’expliquer sans être entendu, arrêter de se justifier, poser des limites là où il n’y en avait jamais eu. C’est choisir de ne plus répondre à certaines attentes, de ne plus entrer dans des jeux émotionnels qui nous blessent.
Parfois, couper signifie prendre de la distance intérieure avant même de prendre de la distance physique. Ne plus laisser les paroles de l’autre définir qui l’on est. Ne plus chercher la validation là où elle ne viendra jamais. Accepter que certaines personnes ne sauront pas nous aimer sainement, même si elles ne sont pas “mauvaises”.
Et surtout, couper un lien toxique, ce n’est pas un manque de loyauté ou d’amour. C’est un geste de respect envers soi-même. C’est dire : « ma paix intérieure compte ». C’est comprendre que préserver son équilibre n’est pas égoïste, mais nécessaire.
Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise façon de couper. Il y a seulement le rythme juste pour soi. Et parfois, couper n’est pas une fin : c’est le début d’un espace où l’on peut enfin respirer, se retrouver, et réapprendre à créer des liens qui ne font pas mal.
Charlotte Cellier