20/02/2026
En tant qu’aromatherapeute confirmée, je ne peux qu’applaudir ce type de publication.
Un texte clair, qui reprend tous les tenant et aboutissant de l’aromathérapie dans ce qu’elle a de plus juste et de plus puissant.
Merci à Lumina Mundi de recadrer et d’informer avec de vraies connaissances.
❌ Coup de gu**le 🫶
Je suis herboriste et formulatrice professionnelle en cosmétologie végétale.
Dans mon métier, j’utilise les huiles essentielles comme des matières premières actives, puissantes et exigeantes.
Depuis plusieurs années, la marque doTERRA revient constamment dans les discussions.
Il est important d’expliquer clairement où se situe le problème.
1️⃣ Le “label thérapeutique” : une confusion entretenue!!
La marque met en avant l’appellation :
“Certified Pure Therapeutic Grade® (CPTG)”
🔬Concrètement :
Il s’agit d’une marque déposée appartenant à l’entreprise elle-même.
👉Le référentiel est interne.
👉L’évaluation est interne.
👉La validation est interne.
Ce label ne correspond ni à une certification ISO indépendante, ni à une norme AFNOR, ni à la Pharmacopée Européenne et non plus à un label biologique européen.
En Europe, le terme “therapeutic grade” n’a aucune définition réglementaire officielle.
Un label interne ne constitue pas une certification indépendante.
Il engage uniquement l’entreprise qui le crée.
Cette précision change complètement la perception du consommateur.
2️⃣ Pureté ≠ innocuité — une situation vécue
🌱Une huile essentielle “pure” signifie :
absence d’adultération
conformité chimique
🙅♂️Cela ne signifie pas :
absence de toxicité
absence de contre-indications
absence de danger
Les huiles essentielles sont des concentrés de molécules actives.
Certaines peuvent être :
neurotoxiques
dermocaustiques
abortives
hépatotoxiques
bronchoconstrictrices
La menthe poivrée contient du menthol.
Le menthol agit sur les récepteurs respiratoires et peut provoquer une contraction des bronches chez les profils sensibles.
🤯Lors d’un salon bien-être, j’ai personnellement vécu une situation révélatrice.
Une distributrice diffusait de l’huile essentielle de menthe poivrée dans un espace fermé accueillant du public.
Cette personne vendait exclusivement les produits doTERRA.
⚡ Je lui ai expliqué les risques potentiels :
danger pour les nourrissons
risque pour les enfants asthmatiques
possibilité de spasme bronchique
impact respiratoire chez les personnes sensibles
Sa réponse a été claire :
“Il n’y a aucun danger, l’huile est pure.”
J'ai cru halluciné.
Ce raisonnement est scientifiquement incorrect.
La pureté ne modifie pas l’activité pharmacologique d’une molécule.
Dans un espace public, personne ne connaît :
l’état respiratoire des visiteurs
la présence d’un bébé
la présence d’un asthmatique
les antécédents neurologiques
⚠️ Diffuser une huile essentielle puissante dans un lieu collectif engage une responsabilité réelle.
Ce type de réponse révèle une confusion profonde entre qualité commerciale et sécurité d’usage.
3️⃣ Le véritable danger : la vente sans formation solide
doTERRA fonctionne en marketing multiniveau (MLM).
Ce modèle repose sur :
des distributeurs indépendants
un système de recrutement
des commissions basées sur le réseau
La priorité devient la diffusion du produit.
Les distributeurs :
ne sont pas nécessairement formés en toxicologie
ne possèdent pas de formation médicale
n’ont pas toujours de bases en physiologie
n’ont pas systématiquement étudié les interactions médicamenteuses
L’aromathérapie sérieuse exige :
compréhension des contre-indications
adaptation au terrain individuel
maîtrise des dilutions
analyse du contexte d’usage
Sans cette base, le conseil devient approximatif.
Et avec des substances actives concentrées, l’approximation peut exposer à un risque.
4️⃣ Le cadre réglementaire existe pour protéger
En Europe :
Une huile essentielle ne peut revendiquer un effet thérapeutique sans statut de médicament.
Les allégations santé sont strictement encadrées.
Ce cadre protège :
les consommateurs
les professionnels formés
la crédibilité des médecines naturelles
Le contourner crée une zone grise dangereuse.
🌿 Conclusion
Les huiles essentielles ne sont pas des produits anodins.
Ce sont des concentrés biochimiques capables d’agir profondément sur l’organisme.
Un label interne ne remplace pas une certification indépendante.
La pureté ne remplace pas la compétence.
Le naturel ne supprime pas le risque.
Diffuser, conseiller ou recommander une huile essentielle engage une responsabilité.
Lorsque le discours commercial prend le pas sur la formation scientifique, le danger ne vient plus de la plante. Il vient de l’ignorance de ses mécanismes d’action.
La sécurité en aromathérapie repose sur :
la connaissance réelle des molécules
la compréhension des contre-indications
le respect du cadre réglementaire
l’humilité face à la puissance du végétal
Les plantes méritent mieux qu’un argument marketing.
Elles méritent rigueur, formation et éthique.
Et le public mérite une information claire, encadrée et responsable.
Merci à ceux qui m'auront lu jusqu'au bout ❤️