18/12/2025
Lettre à une jeune fille
Ma douce,
Je t’écris comme une maman.
Je t’écris comme une sage-femme.
Et comme une femme qui croit profondément à la transmission entre nous.
Je t’écris aussi en pensant à ma fille, Norah, qui grandit, qui observe, qui sent que quelque chose se prépare en elle, doucement.
Et à toutes les jeunes filles comme toi, qui avancent vers ce passage important de leur vie.
Un jour, j’ai entendu le témoignage d’une jeune fille qui a vécu ses premières règles seule, inquiète, pensant s’être blessée.
Et je me suis demandé comment cela était encore possible aujourd’hui.
Comment en sommes-nous arrivées à laisser des jeunes filles traverser ces étapes importantes dans le silence, la peur ou la honte?
Comment avons-nous perdu ce lien si précieux entre femmes et entre générations?
À manquer de mots.
À manquer de présence.
À manquer de transmission.
Je refuse cette idée.
Je refuse ce monde où les jeunes filles avancent seules vers leur féminité, sans repères, sans soutien, sans voix pour leur dire :
«Ce que tu vis est normal. Tu n’as rien fait de mal. Tu n’es pas seule.»
Je rêve d’autre chose.
Je choisis autre chose.
Je rêve d’un monde où les femmes se rassemblent à nouveau.
Où elles prennent le temps de se transmettre, de s’écouter, de se tendre la main.
Un monde où les jeunes filles sont accueillies, entourées, célébrées dans ce passage.
Assise ici, près du poêle, j’imagine des Cercles Roses naître un peu partout.
Des espaces où l’on se rassemble pour dire aux jeunes filles:
«Tu n’es pas seule. Nous sommes là.»
À toi, jeune fille en devenir, je veux dire ceci:
ton corps est un allié.
Tu as le droit de poser des questions.
Tu as le droit d’être accompagnée.
Nous avons besoin de toi.
De ta sensibilité.
De ta force.
De ton regard neuf sur le monde.
Et nous, les femmes,
nous marcherons à tes côtés.
Cœur à cœur.
Main dans la main.
Avec toute ma tendresse et mon engagement,
Sophie