02/01/2026
Pourquoi supprimer la production d'acide avec des IPPs n'est pas la solution à un reflux acide sur hernie hiatale!
non mentionné ici: les IPPs pris de façon chronique engendre des carences nutritionnelles (car malabsorbtion au niveau de l'estomac), une digestion ralentie, de la fermentation gastro-intestinale...... bref ça fout le boxon dans une digestion déjà suboptimale!!
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Hernie hiatale : pourquoi la suppression de l’acidité n’est pas la solution
Dr Mohamed Boutbaoucht
La hernie hiatale est aujourd’hui l’une des causes les plus fréquentes de reflux gastro-œsophagien et de symptômes digestifs chroniques. Pourtant, sa prise en charge reste largement dominée par une réponse unique : la prescription prolongée d’inhibiteurs de la pompe à protons (IPP).
Si ces médicaments peuvent soulager temporairement, ils ne traitent pas la cause réelle du problème et peuvent, à long terme, aggraver le terrain digestif et métabolique du patient.
A- Une vision réductrice : confondre reflux et excès d’acide
La hernie hiatale n’est pas une maladie de l’acidité, mais un trouble de la jonction entre l’œsophage et l’estomac. Elle implique :
• un défaut de positionnement anatomique,
• une faiblesse du sphincter inférieur de l’œsophage,
• une perturbation de la motricité digestive,
• une augmentation de la pression intra-abdominale.
Réduire cette complexité à une simple surproduction d’acide gastrique est une simplification excessive qui explique l’échec fréquent des traitements au long cours.
B- Les limites des IPP dans la hernie hiatale
Les IPP diminuent l’acidité, mais :
• ils n’améliorent pas la fermeture du sphincter,
• ils n’agissent pas sur la hernie elle-même,
• ils favorisent l’hypochlorhydrie chronique,
• ils augmentent le risque de dysbiose, de SIBO et de carences (magnésium, fer, vitamine B12).
Chez de nombreux patients, les symptômes persistent ou reviennent dès l’arrêt, créant une dépendance thérapeutique sans résolution durable.
C- Une lecture fonctionnelle : la hernie hiatale comme déséquilibre global
Lorsqu’on élargit le regard, la hernie hiatale apparaît comme le reflet d’un déséquilibre systémique impliquant plusieurs niveaux.
1. Le microbiote et les fermentations
Les fermentations excessives augmentent la pression intra-abdominale, poussant mécaniquement l’estomac vers le haut.
La diminution de l’acidité gastrique aggrave ce phénomène en favorisant la prolifération bactérienne.
2. L’énergie musculaire et la fonction mitochondriale
Le sphincter œsophagien et le diaphragme sont des structures musculaires dépendantes d’une bonne production énergétique.
La fatigue chronique, le stress oxydatif et certaines carences affaiblissent leur tonicité.
3. Le foie, la bile et les reflux non acides
De nombreux reflux ne sont pas acides mais biliaires ou mixtes, expliquant l’inefficacité des IPP chez certains patients.
Une mauvaise gestion de la bile et une surcharge hépatique jouent un rôle souvent ignoré.
4. Le tissu conjonctif et les ligaments
La stabilité de la jonction œso-gastrique dépend de la qualité du tissu conjonctif.
Des déficits en micronutriments essentiels à la synthèse du collagène fragilisent les structures de soutien et favorisent le glissement hiatal.
5. Le système nerveux et la respiration
Le stress chronique et une respiration thoracique haute perturbent la coordination diaphragmatique et la régulation du sphincter.
Le reflux devient alors l’expression d’un désordre neuro-digestif.
D- Vers une stratégie plus cohérente
Une prise en charge durable de la hernie hiatale suppose de :
• réduire les fermentations et la pression abdominale,
• restaurer une digestion physiologique,
• soutenir la fonction musculaire et énergétique,
• réparer la muqueuse digestive,
• renforcer les structures de soutien,
• rééduquer la respiration et la régulation nerveuse.
Les IPP peuvent avoir une place transitoire, mais ne devraient jamais constituer une réponse exclusive et prolongée.
La hernie hiatale n’est pas un excès d’acide à faire taire, mais un signal d’alarme d’un système digestif et neuro-musculaire déséquilibré.
Tant que l’on continuera à masquer ce signal sans corriger les mécanismes sous-jacents, les patients resteront dépendants de traitements symptomatiques.
Repenser la hernie hiatale, c’est accepter que la solution ne se trouve pas dans la suppression d’un symptôme, mais dans la restauration d’une cohérence fonctionnelle.