20/02/2026
Il y a quelques années j’affirmais ceci :
“Ma théorie est qu’un co***rd restera toujours un co***rd quoi qu’il arrive, c’est rassurant car tu sais qu’il te fera du mal, t’es au courant donc tu t’attends pas à autre chose et tu ne peux être que surprise. Celui dont il faut se méfier c’est le gentil… tu ne sais jamais quand il va faire quelque chose de stupide, et là t’es foutue. C’est pour ça que les filles préfèrent les co***rds.”
Et j’en étais convaincue. Du coup j’étais attirée et ancrée dans des relations toxiques — avec ou sans co***rd — parce que quoi qu’il arrive, je m’attendais au pire d’un homme.
Sauf que cette “théorie” avait une explication bien plus profonde que je ne le pensais.
Le cerveau humain est avant tout une machine à prédire. L’incertitude génère de l’anxiété de façon quasi-automatique, parce qu’un danger inconnu est plus difficile à gérer qu’un danger connu. Savoir qu’on va avoir mal, c’est paradoxalement moins stressant que ne pas savoir ce qui va arriver — parce que ça permet de s’y préparer, de garder un minimum de contrôle.
Et si en plus tu as grandi dans un environnement où l’amour était instable, imprévisible, parfois douloureux… ton cerveau va tout simplement apprendre que c’est ça, l’amour. Pas par masochisme. Juste parce que c’est ce qu’il connaît. Une relation saine et stable devient alors suspecte — “ça ne peut pas durer”, “il va forcément changer”.
Les psys appellent ça la répétition compulsive : on reproduit inconsciemment des schémas familiers, même négatifs, parce qu’ils correspondent à notre carte intérieure de ce qu’est une relation.
Il y a aussi un piège biologique. Les relations toxiques créent des cycles intenses : tension → crise → réconciliation → accalmie. Ces montagnes russes génèrent des pics de dopamine puissants. Le cerveau peut littéralement devenir dépendant de ces montées et descentes. Et une relation stable finit par sembler plate, sans passion.
C’est pour ça que la gentillesse authentique peut faire peur. Pas parce qu’elle est dangereuse — mais parce qu’elle ne correspond pas au schéma intérieur. Elle oblige à faire confiance, à s’ouvrir sans se protéger. Et pour quelqu’un habitué à se blinder, c’est terrifiant.
La vraie question n’est donc pas “pourquoi aimer les co***rds” mais plutôt : pourquoi se sent-on en sécurité dans l’inconfort ?
Et ça, c’est une histoire qui commence bien avant la relation elle-même.
Aujourd’hui, j’ai choisi de ne plus craindre le pire — mais de reconnaître les schémas qui me mettent dans l’inconfort, et de les écarter de moi. 🤍