10/10/2025
Le Projet Nkuriza : 3 mois après, l’heure du bilan a sonné
Le Projet du Ministère de la Santé Publique, tire sa révérence. Ses activités viennent de clôturer il y a trois mois. L’objectif de développement que s’était proposé ce Projet était d’étendre la couverture des interventions communautaires en faveur de la nutrition aux femmes en âge de procréer et aux enfants de moins de 2 ans, et l’utilisation des services de planification familiale dans les régions ciblées.
Au terme des beaux et loyaux services, le Projet est aujou’hui à l’heure du bilan.
Une équipe d’experts de la Banque Mondiale séjourne au Burundi pour documenter les réalisations du Projet, les défis rencontrés et les leçons tirées. Le travail consiste en la collecte de preuves sur les résultats et les impacts du Projet par rapport à son objectif de développement (ODP) à travers des entretiens et discussions avec les principales parties prenantes de la mise en œuvre dudit Projet. En plus, les consultants cherchent à documenter les leçons apprises et les meilleures pratiques pour les futurs projets.
Pour accéder aux informations qualitatives provenant de toutes les parties prenantes au Projet, il a été nécessaire d’organiser des consultations, des visites des sites sur terrain. La méthodologie n’a pas omis un autre aspect, une véritable cheville ouvrière de collecte d’informations, à savoir les rencontres communautaires. C’est dans ce cadre que l’équipe des consultants a tenu à rencontrer quelques membres du Ministères de la Santé Publique et d’autres Ministères intervenants tels que ceux en charge de l’agriculture, de l’éducation ou encore de l’intérieur, et d’autres institutions comme le secrétariat exécutif permanent de la Plateforme Multisectorielle de Sécurité Alimentaire et de Nutrition (SEP PMSAN) logé à la primature, sans oublier les ONG de mise en œuvre, etc.
« Nous sommes satisfaits des interventions et résultats du Projet », dixit le nouvel administrateur de la Commune .
Se rendant sur terrain, l’équipe des consultants de la Banque Mondiale, constituée de Mesdames , , et Dr Evelyne , respectivement spécialistes en santé au Bureau de la à , et Consultante au Bureau de la à , a visité la province de . L’administrateur de la nouvelle commune de Makamba, [hier Conseiller du gouverneur et chargé entre autres du suivi des activités du projet dans la province], s’est déclaré « largement satisfait des résultats engrangés par le Projet et souhaitons qu’il [le Projet] soit reconduit avec beaucoup plus de bénéficiaires, et en mettant un accent particulier sur la promotion de l’hygiène ».
Même son de cloche chez le Médecin Directeur de la province sanitaire de Dr Haziyo Gérard, qui, lui, en plus du souhait de voir « le Projet reprendre ses activités (…) », pour « plus d’efficience et d’efficacité, recommande une simplification du circuit du processus de validation, et surtout, multiplier les supervisions en associant l’administration de la base au sommet ».
La province de Makamba affiche en effet de bons indicateurs par rapport aux autres provinces où le Projet est intervenu. Selon les autorités de Makamba, la raison en est que « tous les intervenants se sont pleinement impliqués, en particulier les responsables sanitaires et administratifs de Makamba, et le tout adoubé par la réceptivité de la population ».
« La communauté : intégrée socialement grâce à Nkuriza »
Les bénéficiaires des différents sites visités en province Makamba ne tarissent pas d’éloges à l’égard du projet : les ASC, les groupements de production, les communautés autochtones Batwa, etc.
Le témoignage de Madame Marie Aline de la Colline , dans l’ancienne Commune de est éloquent : « (…) aujourd’hui, grâce à l’appui du Projet Nkuriza, nous sommes capables de produire des quantités d’aubergines que nous vendons aux autres communautés Bahutu et Batutsi qui, jadis, nous marginalisaient », une sorte d’intégration sociale induite par le Projet. Elle ajoute que la malnutrition n’est plus leur affaire : « (…) nos enfants aujourd’hui sont bien nourris : grâce aux aliments fortifiés que nous produisons à la suite des méthodes nous enseignées par le Projet Nkuriza, nos enfants vont à l’école, ce qui n’était pas le cas avant l’avènement du Projet ».
« Que d’innovations et changement de comportement »
Certaines innovations sont à signaler : un effectif important de jeunes pairs éducateurs scolarisés ou non ont été formés sur le module « compétence à la vie courante et la nutrition », accompagné d’une redynamisation de réseaux sociaux pour la promotion de la santé reproductive des jeunes et adolescents sur la promotion de la planification familiale naturelle (PFN).
En plus, ici et là, les bénéficiaires femmes se font elles-mêmes autotests rapides de grossesses, et surtout, le contraceptif press est désormais utilisé beaucoup plus par confidentialité chez l’agent de santé communautaire (ASC), loin des regards des voisins curieux ou des coreligionnaires.
Un autre exemple de changement de comportement documenté est à observer chez les communautés Batwa. Cette catégorie de la population a été positivement impactée par le Projet dans la mesure où, aujourd’hui, les membres de cette communauté sont déjà habitués à l’élevage durable des animaux (chèvres, poules, porcs, etc…) alors qu’auparavant, ils ne s’occupaient que de la poterie.
Célestin Hicuburundi,
Expert en Communication pour le
Changement Social et Comportemental