14/10/2025
💔 Témoignage d’un Guerrier Fatigué mais Vivant
Je m’appelle Michael, j’ai 29 ans et je vis avec la drépanocytose depuis ma naissance. Je réside à Cotonou, dans le quartier de Ménontin, dans une petite chambre que je partage avec mon jeune frère. Chaque jour ici est un combat silencieux, un combat que beaucoup ne voient pas, mais que je ressens dans chaque os de mon corps.
Il y a des matins où je me réveille avec la douleur déjà installée, comme si la nuit entière avait été une bataille. Mon corps me pèse, mes articulations brûlent, et je me demande comment je vais tenir jusqu’au soir.
Le plus dur, ce ne sont pas seulement les crises. C’est ce dilemme cruel qui revient sans cesse : est-ce que j’achète mes médicaments ou est-ce que je mange aujourd’hui ?
Un mois, j’ai dû choisir entre acheter mon traitement et payer mon loyer. J’ai choisi le traitement, parce que sans lui, je n’aurais peut-être pas vu le mois suivant. Mais du coup, j’ai passé des semaines à survivre avec un repas par jour, parfois juste du pain et de l’eau.
Les médicaments coûtent cher, et je ne peux même pas les prendre régulièrement comme il le faut. Parfois, quand la douleur devient insupportable, je coupe les comprimés en deux, juste pour qu’ils durent plus longtemps. D’autres fois, je les prends avec le ventre vide, parce qu’il n’y a rien d’autre à avaler. Et quand on prend les médicaments sans manger, le corps se vide encore plus vite…
Pourtant, malgré tout, je garde encore un peu d’espoir. Ce qui m’aide à tenir, c’est l’ONG Le Parcours des Warriors. Grâce à eux, je me sens moins seul. Ils m’écoutent, ils m’encouragent, ils m’aident à garder la tête haute quand tout semble s’effondrer. Chez eux, je ne suis pas juste “le malade drépanocytaire”, je suis un Warrior, un combattant qui refuse d’abandonner.
Oui, la vie est dure, très dure. Mais chaque sourire, chaque mot de soutien, chaque geste d’amour me rappelle que je ne me bats pas seul.
Je rêve encore d’un jour où les médicaments seront accessibles à tous, où plus aucun malade ne devra choisir entre se nourrir et se soigner. Un jour où la drépanocytose ne sera plus synonyme de souffrance et de précarité, mais d’espoir et de victoire.
En attendant, je continue à me battre. Parce qu’être en vie, pour moi, c’est déjà une victoire.
fans Le parcours des Warriors Réseau des jeunes entrepreneurs du Bénin Global Health Drépa