07/23/2024
La corruption de l'âme.
Un jour, tout à fait par hasard, un noyau de pêche prit conscience de son existence et commença à penser.
Le noyaux de pêche voulait devenir une belle grosse pêche, toute ronde et juteuse.
Mais la vie lui apporte des piqures d'insectes, des vers et au fur du temps, la pêche qui voulait d’abord survie accepta de se déformer et de ne plus être aussi ronde, elle ne serait plus aussi parfaite en apparence, mais plus juteuse, voilà tout.
Puis avec le beau temps qui prenait toute la place, elle délaissa son jus, aussi pour sa survie. Elle se disait qu’elle serait plus ferme, plus expérimentée et donc meilleure, mieux formée.
Puis avec le temps, elle finit par se convaincre qu'une pêche déformée, plus ferme et moins juteuse était la meilleure des pêches et qu'elle avait atteint son objectif.
Un jour cependant, alors que le temps passait sur sa peau, de plus en plus ridée, elle se rappela, son désir ancien d'être une pêche ronde et juteuse, juste avant de lâcher prise et de tomber brutalement au sol.
Une fois au sol, la pêche paniqua, elle ne serait plus jamais la même. Son rêve d'être une pêche s’achevait.
Mais son avenir ne s'arrêta pas là. Elle fut récupérée pour devenir le meilleur des jus de pêche.
Elle était déjà excitée à l'idée de devenir une boisson divine sauf que, elle était trop ferme et trop peu juteuse pour être accepter.
C'en était trop, le système était contre elle. Personne ne l'avait protégé quand elle était ronde et parfaite et elle s'était résoud a devenir ferme et ça ne suffisait pas, on finirait par lui reprocher.
Elle se laissa pourrire d'amertume dans son coin d'un vieux panier de fruits pourris, avant de finir en alcool, tout en répétant a qui veut l'entendre, son histoire.
Mais qui veut entendre l'histoire d'une vielle pêche pourrie alors que d'autres ont été des pommes ou des melons? Il y a même, dit-on, un brocoli qui aurait été goutté par un enfant!
Chaque fruit a son histoire, certaines plus juteuses que d'autres.
À la naissance, notre conscience est pure. Avec les épreuves de la vie, la souffrance, les trahisons, elle s'adapte pour survivre. Avec le temps, cette adaptation nous éloigne de notre conscience et plus les temps passe, plus les épreuves s'accumulent, plus on définie nos décisions comme réalistes et c'est ainsi qu'on fini par voir notre conscience comme illusoire et l'adaptation qu'on en a faite comme réalistes. En fait plus on s'éloigne de son idéal, de la pureté de sa conscience première, plus on la corrompt, elle se détériore, tranquillement, mais surement jusqu'a paraitre insensé, irréaliste. Nos peurs et nos craintes deviennent notre réalité.
La pêche n'avait pas le choix de vivre les épreuves qu'elle a vécues.
Cependant, elle a choisi, consciemment de corrompre sa conscience afin d'adapter sa vision de la réalité a son besoin de perfection. La pêche ronde et juteuse devient pour elle moins bonne parce qu'elle, maintenant, n'était plus ronde et juteuse et que pour elle, la pêche ronde et juteuse était naïve face aux épreuves à venir. Et aurait due devenir ferme elle aussi.
Ce n'est qu'à la fin que la pêche commence a se dire qu'elle aurait été plus utile juteuse et ronde.
Ce n'est qu'à la fin qu'elle retourne à l'origine, quand tout espoir est perdu. Quand l'égo sait qu'il ne peut plus rien faire pour remodeler la réalité en sa faveur.
Une idée, comme toute chose dans l'univers, nait, vit, meurt avant de se transformer et de revenir sous une autre forme.
À quelque instant de la fin, la pêche rêve de devenir un jus, loin de son idée de la pêche ronde et parfaite du départ. Elle avait complètement oublié, pris sous des couches de peurs.
Et puis voilà, la fin.
Il ne reste qu'un vieux noyau qui sèche au soleil et qui promet de redevenir un jour une belle pêche ronde et juteuse.
Send a message to learn more