11/14/2025
Marie-Charlotte Denys de la Ronde (1668-1742) et les premiers mois d’un veuvage éprouvant!
En 1690, Marie-Charlotte Denys de la Ronde épouse Claude de Ramezay à Québec. Cette alliance matrimoniale était avantageuse pour les deux parties, puisque cette noble canadienne est née dans une famille bien en vue de Trois-Rivières, tandis que son époux en était le gouverneur. Après avoir mis au monde 16 enfants, dont cinq sont décédés avant d’avoir atteint l’âge d’un an, Marie-Charlotte Denys de la Ronde entame une série de deuils. Le 31 juillet 1724, son mari, qui était alors gouverneur de Montréal, meurt. Le 18 mai 1725, sa fille ainée qui est alors entrée en religion chez les Ursulines, décède à l’aube de ses 29 ans. Quelques mois plus t**d, son fils Charles-Hector meurt en mer dans le naufrage du Chameau. Celui-ci avait été formé par son défunt mari au commerce, dont celui du bois.
C’est donc à Marie-Charlotte Denys de la Ronde de veiller à la gestion du patrimoine familiale qui comprend la résidence surnommée le « château Ramezay », trois seigneuries (Monnoir, Ramezay et Sorel), d’autres propriétés foncières, une scierie à Chambly, et… des dettes! Elle hérite aussi d’une briqueterie et d’une tuilerie construites en 1721 qui seront démolies en 1726 pour faire place aux nouvelles fortifications de Montréal.
La v***e tente d’honorer les contrats signés par son mari avec la Marine française pour l’approvisionnement en bois. Or, les catastrophes s’accumulent en 1725 : le « moulin à scie » de Chambly est emporté par les crues printanières, une partie de la cargaison de bois coule lors du transport vers Québec et le navire qui devait acheminer la marchandise en France fait naufrage. Durant les années qui suivirent, Marie-Charlotte Denys de la Ronde tenta de relancer la production à Chambly, mais son association avec Clément de Sabrevois est marquée par de nombreux conflits. Elle commença aussi à initier ses filles, dont Louise de Ramezay, aux activités économiques en leur confiant des tâches.
Tout en menant de front ses activités économiques, elle écrit aux autorités coloniales pour tenter d’obtenir une promotion pour son fils Jean-Baptiste-Roch de Ramezay, qui était lieutenant dans les troupes de la Marine. Également, elle sollicite et obtient des agrandissements pour ses seigneuries, de même que le transfert de sa pension royale à ses filles après sa mort.
Rédaction : Joëlle Thérien, historienne
📷Portrait présumé de Marie-Charlotte Denys de la Ronde de Ramezay, huile sur toile, par Saint-Marc Moutillet, vers 1950,
Crédit photo : Château Ramezay - Musée et site historique de Montréal, 1998.888.1
Bibliographie :
Georges Lemieux, Claude de Ramezay : seigneur, gouverneur, et entrepreneur en Nouvelle-France (1685 – 1724), Montréal, rapport présenté à M. André Delisle, sous la supervision de Mme Sylvie Dépatie, Musée du Château Ramezay, 2011, 126 p.
Joëlle Thérien, Les Ramezay : une famille noble en Nouvelle-France.
Étude du parcours des enfants, Montréal, rapport présenté à M. André Delisle, sous la supervision de Mme Sylvie Dépatie, Musée du Château Ramezay, 2009, 118 p.
Réal Fortin, Louise de Ramezay et son moulin à scie, 2009, Septentrion, 211 p.