02/13/2026
Et j’embarquais sur son dos. Large. Puissant. Je chevauchais sa stature écailleuse. Je savais bien que nous allions décoller. Moi qui ai peur des hauteurs. Je ne sais pas pourquoi je me suis retrouvée là. Pourtant, une chose était claire. J’étais maintenant sur le dos de cette bête que je connaissais encore si peu.
Et j’ai senti cette force, en dessous de moi, venant de cette créature merveilleuse, nous propulser tout haut, dans les nuages.
Fort probablement, c’est à ce moment que je compris l’irréversibilité de mes actions. Que je connus, en moi, une forme d’action non dirigée par le rationnel, mais par le cœur.
Est-ce que cela vous est-il déjà arrivé ?
De vous voir dans une situation et de vous dire : mais qu’est-ce que je fais là ?
N’est-ce pas dans ces moments-là que l’on réalise que la vie n’est pas une trajectoire linéaire ?
Trop t**d, me suis-je dit à moi-même.
Et en un instant, je compris que je pouvais être soutenue dans le vide. Et que je pouvais, peut-être, essayer d’apprécier le trajet.
Je décidai donc de laisser aller mes craintes là où elles étaient nées. Dans ce monde construit par… par je ne sais pas quoi encore.
Je les laissai donc au sol. Sur cette terre où je suis née. Où j’ai grandi. Où je me suis façonnée. À l’image de tout ce qui existait déjà.
Je dirais que ce n’est qu’après cette acceptation, cette sorte de lâcher-prise sur cette partie de moi-même, que j’ai pu lever la tête, relâcher mes muscles, et voir le monde différemment.
Peut-être que c’est ça, la vie. Une sorte de voyage où l’on accepte d’être transformé par quelque chose de plus grand que nous. Un espace où l’on accueille le risque, la peur, et tout ce que cela peut venir changer en nous.
Signé Une Psychoed 🖋