03/25/2026
Source Granby Express -
SOCIÉTÉ. Depuis lundi, le milieu communautaire québécois est sur le qui-vive. Pour les deux prochaines semaines, les organismes vont débrayer symboliquement dans le cadre du mouvement Communautaire à boutte. Lundi, sur l’heure du midi, une action collective en ce sens a d’ailleurs été tenue devant le Centre communautaire Richard-Goulet pour dénoncer les conditions vécues en Haute-Yamaska.
Sous-financement, désengagements des gouvernements, organismes à bout de souffle, conditions de travail précaire. Les travailleurs et les travailleuses du communautaire d’un peu partout en province en ont gros sur le coeur par les temps qui courent. Et afin de le faire savoir, ces derniers vont descendre dans la rue jusqu’au 2 avril comme l’ont fait une quarantaine de représentants de la Haute-Yamaska, lundi.
Pour le milieu communautaire, les belles paroles évoquées par les instances gouvernementales pour vanter son travail exceptionnel doivent être associées à des gestes concrets, dont le rehaussement du financement à 2,6 milliards de dollars supplémentaires par année.
Outre la sortie de lundi, d’autres actions de visibilité sont à prévoir dans les prochains jours, dont une visite de courtoisie au bureau du député de Granby, François Bonnardel, prévue pour ce vendredi 27 mars. Et ce ne serait que le début. L’automne pourrait être chaud, a fait savoir Nicolas Luppens, directeur général de la Corporation de développement communautaire de la Haute-Yamaska (CDCHY).
«On peut s’attendre à avoir d’autres grèves et voir davantage d’organismes se joindre au mouvement. C’est un mouvement qui est en émergence et qui fait des petits dans toutes les régions du Québec. On s’attend à ce que la mobilisation continue et soit de plus en plus forte», a indiqué M. Luppens.
Vers une grève générale du communautaire en bonne et due forme quelque part à l’automne? «On n’est pas là présentement dans les discussions, mais il ne faut rien écarter si l’oreille n’est pas tendue au niveau du gouvernement. C’est les groupes et le mouvement qui décideront», a révélé le représentant de la CDCHY.
«Nous demandons au gouvernement du Québec de prendre des engagements financiers clairs et durables. Nous invitons également tous les partis politiques à prendre position publiquement et à préciser leurs engagements envers le communautaire», a lancé Steve Bouthillier, directeur de l’organisme Le Passant.
Selon une étude de l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) réalisée en septembre, 1 $ dépensé dans le milieu communautaire permettait une économie de 12 $ dans le secteur de la santé et des services sociaux, a rappelé Sophia Cotton, coordonnatrice chez Entr’elles.
À ce jour, en Haute-Yamaska, douze organismes détiennent un mandat de grève et plus d’une trentaine de groupes appuient le mouvement Communautaire à boutte.