04/18/2026
Le corridor trop étroit
Depuis quelques semaines, Lou et moi on a changé. Un des derniers espaces de ma vie où c'était profondément fluide et facile pour moi s'est transformé. On traverse une phase moins romantique de notre relation.
Un point de pression supplémentaire parmi tous ceux qui étaient déjà activés.
Une dynamique qui fait ressortir le pire de moi alors que j'ai toujours été à mon meilleur dans ce lien.
Ce sentiment de surcharge, de stress et de survie qui me ramène dans mes traumas et mes mécanismes. La lionne en moi qui rugit et qui veut juste la paix puis la sauveuse qui se sent coupable qui se sent le devoir de tout faire et d'être là pour tous alors qu'elle peine à s'économiser et se choisir.
Je me suis toujours sentie en dettes. Comme si je devais racheter chacune des émotions négatives que j'avais pu causer aux autres. Comme si ma gentillesse ne suffisait pas à compenser mes limites et mes écarts.
En ce moment, tous mes points de pression et mes dettes sont réactivées à travers ce long corridor. Je me sens surchargée, bousculée, agressée. Mes boutons d'alarme sont déclenchés et moi je réagis comme une enfant.
Ça me fait c***r.
Ça me met en criss.
Ça me rend triste.
Ça me met en honte et en culpabilité.
C'est l'impasse de ma vie. Ce maudit corridor où je n'arrive pas à me détacher, à ne pas prendre sur moi, à ne pas réagir, à ne pas me dévaloriser ou me transformer en lionne combative qui se bat pour son propre équilibre.
En ce moment, mon présent me rejoue mon passé et c'est très désagréable.
Je me revois avec le même épuisement émotionnel face à un passage qui me semble une impasse.
Je me vois vouloir me sécuriser au plus vite.
Apaiser la surcharge.
Trouver une direction claire.
Mais le corridor se rétrécit.
La colère monte.
S'ensuit :
L'essouflement.
L'agressivité.
La survie.
L'agitation.
Le manque de sens.
Puis, il y a ce petit singe qui regarde et qui modélise.
Qui me reflète toutes mes failles.
Et ça compresse encore plus.
Parce que pour lui je voudrais changer même si je ne trouve pas le chemin.
Alors je traverse ce maudit corridor en me disant qu'au bout de ça y'aura sûrement une expansion, une guérison.
Parce que c'est à moi à briser le cycle.
Et je ressens tellement toute la culpabilité, la colère, l'impuissance et la rage de ceux qui n'y sont pas arrivés avant moi.
C'est étroit. Tellement que je ne sais même plus distinguer si j'avance ou si je fais du surplace.
J'ai peur de ne pas y arriver parce que je nous pensais protéger de ça, toi et moi, et puis nous voilà en plein duel transgénérationnel.
Je ne peux m'empêcher de penser que c'est possiblement toi qui fera la différence pour que je transcende ce noeud qui me semble impossible à défaire. Puisque je ne peux me résoudre à t'offrir cette version de moi.