02/23/2026
Parlons de nos traumas.
La semaine dernière, une cliente m’a appris quelque chose qui m’a glacé le sang.
À sa naissance, sa famille l’a placée pendant deux semaines dans ce qu’on appelait à l’époque un centre d’entraînement au sommeil pour nourrissons.
Ces lieux existaient réellement au Québec jusque dans les années 70-80. Les bébés y étaient pris en charge par du personnel médical ou religieux, avec des horaires stricts. On les nourrissait à heures fixes, on les couchait seuls, et on les laissait pleurer sans intervention, dans le but de « conditionner » leur système à dormir toute la nuit. L’objectif était qu’ils deviennent autonomes rapidement, qu’ils cessent de réclamer, qu’ils s’adaptent.
Aujourd’hui, on sait que le besoin d’un nourrisson n’est pas seulement physique. Il est profondément relationnel. Le contact, la présence, la sécurité émotionnelle sont essentiels à la construction du système nerveux.
Cette histoire m’a profondément touché.
Même si je n’ai pas vécu cela directement, à l'époque ma mère s’est fait dire par son pédiatre que si j’avais mangé et que j’étais propre, elle devait sortir de la pièce en claquant la porte si je faisais une crise.
Ce type d’approche, autrefois considéré comme normal, laisse des traces profondes.
Pendant longtemps, et encore aujourd'hui je porte en moi une difficulté à me sentir pleinement en sécurité émotionnelle. Une tension de fond. Une vigilance. Une forme de retenue, de filtre qui gêne ma pleine expression de qui je suis.
Aujourd’hui, on sait que ces traumas se stockent dans le corps.
Ils influencent notre respiration, notre posture, notre capacité à nous abandonner, à faire confiance, à relâcher.
C’est devenu un élément fondamental de mon approche.
Créer un espace où tout peut être accueilli.
Un espace où le corps peut enfin cesser de se protéger.
Un espace où les émotions peuvent émerger sans être interrompues, corrigées ou rejetées.
Ma passion, c’est le mouvement.
Et les traumas nous figent.
Ils figent notre respiration.
Ils figent notre élan.
Ils figent une partie de ce que nous sommes.
Le premier pas pour s’en libérer, c’est de les reconnaître.
Les nommer.
C'est ce que je fais ici et maintenant.