06/02/2026
𝐋𝐄 𝐌𝐄𝐍𝐒𝐎𝐍𝐆𝐄 𝐃𝐄 𝐋𝐀 𝐍𝐎𝐑𝐌𝐀𝐋𝐈𝐓𝐄́
On nous apprend à nous détourner de notre vitalité, de nos émotions les plus profondes.
On appelle ça « maturité ». On peut même appeler ça « éveil spirituel ». Ce n’est ni l’un ni l’autre.
Quand je passe du temps avec ma fille de 3 ans, il est évident pour moi qu’il n’y a aucun véritable écart entre ce qu’elle ressent et ce qu’elle exprime, aucune dualité entre ce qui la traverse à l’intérieur et ce qu’elle laisse sortir.
La joie traverse spontanément tout son corps, la tristesse circule librement, la colère monte et redescend comme des vagues, et rien n’est contrôlé, filtré ou refoulé. Il n’y a pas encore de voix intérieure qui dit : « Je devrais me contenir », ni de sentiment que certaines émotions sont « acceptables » et d’autres non.
C’est le paradis. Vraiment.
Et nous en chutons pour entrer dans une sorte de plaine émotionnelle réprimée que nous appelons « normalité ».
On nous apprend ce qui est bienvenu et ce qui ne l’est pas. Une grosse crise de larmes reçoit un « allez, ça va, arrête de pleurer ». Notre colère est corrigée ou minimisée, notre enthousiasme est tempéré, nos désirs sont ignorés, culpabilisés ou parfois trop comblés. Nos parents nous transmettent ce qu’ils n’ont pas eux-mêmes pu ressentir ou intégrer.
Notre système nerveux enregistre alors quelque chose d’important : ressentir et exprimer n’est pas totalement sécuritaire.
Alors nous nous adaptons à cette « normalité » non pas en perdant nos émotions, mais en apprenant à les contenir, à les retenir, à les déformer pour les rendre plus gérables, plus acceptables, plus « sécuritaires » pour les autres.
Nous nous abandonnons au nom de l’amour.
Le système scolaire traditionnel renforce souvent ce schéma, en nous demandant de rester assis, de nous taire, de bien nous comporter, de nous conformer, et notre expression émotionnelle se rétrécit encore davantage pour correspondre à ce qui est socialement acceptable. Notre culture aussi nous façonne. Ici au Royaume-Uni, on valorise la retenue, la politesse, les bonnes manières, le fait de ne pas faire de scènes— et cela est souvent présenté comme de la force et de la bonté.
Alors nous développons des façons de rester dans une zone émotionnelle suffisamment « sécuritaire » pour fonctionner. Avec le temps, ces façons deviennent automatiques, ce n’est plus un choix conscient, mais simplement notre manière d’être.
Nous pensons être « normaux », mais nous nous sommes éloignés de l’enfant expressif, joyeux et profondément sensible qui vit en nous, pour plaire aux autres et rester en sécurité.
C’est notre chute. Cela peut même devenir une descente en enfer. Beaucoup d’entre nous vivront et mourront sans jamais pleinement ressentir ni exprimer ce qu’ils sont venus vivre et exprimer.
Brise le cycle ! Peut-être que, juste pour aujourd’hui, tu peux laisser émerger quelque chose que tu retenais. Peut-être parler un peu plus honnêtement, ou laisser couler les larmes sans les arrêter, ou t’autoriser à être un peu moins contrôlé, un peu moins prudent, un peu plus libre.
Pas pour prouver quoi que ce soit. Pas pour avoir raison. Simplement pour honorer, ne serait-ce qu’un instant, ce qui est précieux, réel et vivant en toi.
— Jeff Foster
Louisane 💜