01/25/2026
On dit aux femmes qu’elles sont libres. Libres de travailler, libres d’être mères, libres de choisir. Mais cette liberté est souvent conditionnelle, pressée, surveillée. La maternité, dans le discours, dominant, devient un obstacle à contourner plutôt qu’un rôle à protéger. Comme si donner naissance devait rester discret, rapide, Presque invisible pour ne pas déranger l’ordre économique.
Être mère, aujourd’hui, c’est porter une responsabilité immense dans une société qui la minimise. On attend des femmes qu’elles reviennent vite, très vite, à leur poste, comme si le lien naissant avec un enfant pouvait être compressé dans un congé chronométré. Comme s’y prendre le temps de s’occuper d’un nourrisson, relevait d’un confort personnel, et non d’un enjeu fondamental de protection de l’enfance. Pourtant, les premières semaines de vie ne sont pas une parenthèse anodine : elles construisent la sécurité, l’attachement, les bases même de l’être humain à venir.
Défendre la maternité, ce n’est pas renvoyer les femmes à la maison. C’est reconnaître que prendre soin d’un enfant est un travail essentiel, invisible, mais structurant pour toute la société. C’est admettre que l’égalité ne consiste pas à demander aux femmes de fonctionner, comme si elles n’accouchaient pas. L’égalité réelle commence quand la société s’adapte, aux réalités du corps, du lien, du vivant, et non l’inverse .
Mais défendre la maternité, c’est aussi défendre le choix. Car toutes les femmes ne vivent pas la maternité de la même manière. Certaines ressentent le besoin, ou la nécessité, de reprendre une activité professionnelle très tôt après l’accouchement.
Ce qui est violent, c’est quand la reprise précoce n’est pas un choix libre, mais une contrainte, économique ou sociétale, déguisée en modernité.
Protéger l’enfance, c’est protéger les mères. Protéger les mères, c’est leur faire confiance. Leur laisser le temps, ou leur laisser l’élan. Et surtout, cesser de faire croire que la réussite féminine, passe par le sacrifice permanent de l’un ou de l’autre. Une femme n’a pas à prouver sa valeur en niant ce qu’elle donne : la vie.