12/18/2025
𝐍𝐞𝐫𝐟 𝐯𝐚𝐠𝐮𝐞, 𝐫𝐞𝐬𝐩𝐢𝐫𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐥𝐞𝐧𝐭𝐞 𝐞𝐭 𝐛𝐚𝐫𝐨𝐫é𝐟𝐥𝐞𝐱𝐞 :
𝐫𝐞𝐦𝐞𝐭𝐭𝐫𝐞 𝐥𝐚 𝐩𝐡𝐲𝐬𝐢𝐨𝐥𝐨𝐠𝐢𝐞 𝐚𝐮 𝐜𝐞𝐧𝐭𝐫𝐞.
Je vois passer beaucoup de posts parler du nerf vague et même des formations sur celui-ci, comme s'il était la panacée. Le corps est un tout complexe et tous les atomes en sont interreliés. On ne peut pas parler du nerf vague sans parler du reste du corps.
A ce titre, je viens de lire un article dans Linkedin que je vous mets ici car vous n'avez peut-être pas accès à cette plateforme :
𝘱𝘢𝘳 𝘋𝘢𝘷𝘪𝘥 𝘖'𝘏𝘈𝘙𝘌, 𝘔é𝘥𝘦𝘤𝘪𝘯, 𝘈𝘶𝘵𝘦𝘶𝘳, 𝘊𝘰𝘯𝘧é𝘳𝘦𝘯𝘤𝘪𝘦𝘳, 𝘌𝘯𝘴𝘦𝘪𝘨𝘯𝘢𝘯𝘵
Quand la mode du « nerf vague » mérite un pas de côté… et un pas de science.
Le nerf vague est partout en ce moment. On parle de le renforcer, de le stimuler, parfois même de le “muscler”.
L’intention est bonne. Mais la physiologie est un peu plus subtile.
Et si la respiration lente — et la cohérence cardiaque — agissaient surtout sur un mécanisme plus fondamental encore, au cœur du dialogue entre le cœur et le cerveau ?
C’est ce détour par le baroréflexe que je vous propose ici.
Le nerf vague n’est pas un muscle
Un nerf ne se renforce pas comme un biceps. Il ne se “gonfle” pas, ne se tonifie pas au sens musculaire du terme. Son rôle est de transmettre des informations et de moduler des réponses.
Le nerf vague est une voie majeure du système parasympathique. Il participe à la régulation du rythme cardiaque, de la digestion, de la respiration, et plus largement de l’état de calme intérieur. Mais il n’agit jamais seul.
Le réduire à une entité que l’on pourrait activer isolément, c’est passer à côté de l’essentiel : les boucles de régulation dans lesquelles il s’inscrit.
𝐋𝐞 𝐛𝐚𝐫𝐨𝐫é𝐟𝐥𝐞𝐱𝐞 : 𝐮𝐧 𝐦é𝐜𝐚𝐧𝐢𝐬𝐦𝐞 𝐜𝐥é, 𝐬𝐨𝐮𝐯𝐞𝐧𝐭 𝐨𝐮𝐛𝐥𝐢é
Au centre de ces boucles se trouve le baroréflexe. C’est un mécanisme automatique, vital, qui ajuste en permanence le rythme cardiaque en fonction des variations de la pression artérielle.
Des capteurs spécialisés — les barorécepteurs — informent le cerveau à chaque battement de cœur. En retour, le système nerveux autonome ajuste la fréquence cardiaque, notamment via le parasympathique et le nerf vague.
Quand le baroréflexe est sensible et réactif :
le cœur s’adapte finement,
la variabilité de la fréquence cardiaque (VFC) est plus élevée,
la récupération après un stress est plus rapide,
l’équilibre émotionnel est plus stable.
Chez les personnes stressées, sursollicitées ou épuisées, cette sensibilité est souvent diminuée.
Pourquoi la respiration lente est déterminante
La respiration lente améliore la sensibilité du baroréflexe. Mais là encore, la nuance est importante : toutes les respirations lentes ne produisent pas les mêmes effets.
Les travaux en psychophysiologie et en biofeedback de la VFC montrent que l’activité du baroréflexe devient optimale lorsque la respiration se rapproche de 0,10 Hz, soit environ 6 respirations par minute.
À cette fréquence :
la respiration,
le rythme cardiaque,
et les oscillations de la pression artérielle entrent en résonance.
C’est un phénomène mesurable, reproductible, bien documenté. Et c’est précisément ce qui est recherché dans la pratique de la cohérence cardiaque.
Cette fréquence n’est pas magique. Elle correspond simplement à un point d’accord physiologique où les systèmes communiquent avec un minimum d’effort et un maximum d’efficacité.
𝐂𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐜𝐞𝐥𝐚 𝐜𝐡𝐚𝐧𝐠𝐞 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐥𝐚 𝐜𝐨𝐦𝐩𝐫é𝐡𝐞𝐧𝐬𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐮 𝐧𝐞𝐫𝐟 𝐯𝐚𝐠𝐮𝐞
Dans ce contexte, parler de “renforcer le nerf vague” devient réducteur. Ce qui se joue réellement, c’est :
une meilleure sensibilité du baroréflexe,
une meilleure coordination cœur–souffle–cerveau,
et, par voie de conséquence, une expression plus fluide de l’influence vagale.
𝐀𝐮𝐭𝐫𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐢𝐭, 𝐨𝐧 𝐧𝐞 𝐟𝐨𝐫𝐜𝐞 𝐫𝐢𝐞𝐧. 𝐎𝐧 𝐫é𝐚𝐜𝐜𝐨𝐫𝐝𝐞.
𝐌𝐚 𝐟𝐚ç𝐨𝐧 𝐝𝐞 𝐥𝐞 𝐫é𝐬𝐮𝐦𝐞𝐫 𝐞𝐬𝐭 𝐬𝐢𝐦𝐩𝐥𝐞 :
Le nerf vague n’a pas besoin d’être renforcé. Il a surtout besoin qu’on lui redonne un rythme qu’il reconnaît.
Et ce rythme, chez beaucoup de personnes, se situe autour de ces six respirations par minute.
𝐂𝐨𝐧𝐜𝐥𝐮𝐬𝐢𝐨𝐧
Dans un paysage où les mots circulent parfois plus vite que les mécanismes qu’ils décrivent, revenir à la physiologie est salutaire. Non pour contredire les pratiques respiratoires actuelles — dont les bénéfices sont réels — mais pour mieux les comprendre, les affiner et les transmettre avec justesse.
La cohérence cardiaque n’est pas une mode. C’est un entraînement fin de la régulation autonome, fondé sur des principes simples… et profondément humains.
Comprendre ce qui se joue vraiment derrière la respiration lente, ce n’est pas compliquer la pratique. C’est lui redonner sa justesse… et sa profondeur.
David O'HARE
Médecin, Auteur, Conférencier, Enseignant - Créateur de la Méthode 365 : la Cohérence Cardiaque pour votre pratique personnelle et professionnelle.
Référence : Lehrer P.M., Vaschillo E., Vaschillo B. Resonant frequency biofeedback training to increase cardiac variability: rationale and manual for training. Applied Psychophysiology and Biofeedback.
Source : https://www.linkedin.com/pulse/nerf-vague-respiration-lente-et-baror%C3%A9flexe-remettre-la-david-o-hare-rgcoc