04/22/2025
Une belle réflexion, qu’on soit Catholique, religieux ou non.
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François est mort. Et nous aussi, un jour.
Hier, le pape François a quitté son corps.
Un homme. Pas un dieu, pas un dogme. Un homme.
Âgé, malade, fatigué.
Un être humain, comme toi, comme moi.
Derrière les robes, les titres, les controverses, les dévotions et les critiques : un souffle, une conscience, un passage.
Je ne suis ni catholique, ni anti-catholique.
Je ne suis ni pour ni contre.
Je regarde. Je m’incline.
Car au moment de mourir, les constructions tombent.
Les hiérarchies s’effacent.
Il ne reste que l’essentiel : ce qu’on a aimé, ce qu’on a compris, ce qu’on a transmis.
Alors oui, il fut pape.
Mais ce n’est pas cela qui m’émeut aujourd’hui.
C’est de me rappeler qu’il est, lui aussi, retourné au mystère d’où il venait.
Et que ce mystère nous attend tous.
Sans préférence. Sans privilège.
La mort nous ramène à l’horizontalité.
Elle remet tout le monde à la même hauteur : les puissants, les invisibles, les rois, les errants.
Elle ne juge pas. Elle recueille.
Et je me demande : qu’est-ce qu’on attend, nous les vivants ?
Pour aimer un peu plus fort ?
Pour dire ce qui compte ?
Pour ne pas partir les mains pleines de regrets ?
J’aimerais que ma foi ne soit pas un discours.
Qu’elle se voie dans mes gestes.
Dans ma façon d’écouter, d’embrasser, de me taire aussi.
J’aimerais que mon chemin ne soit pas fait de rites figés, mais d’attention offerte à ce qui vit, ici, maintenant.
J’aimerais pouvoir dire, un jour, quand mon tour viendra :
“J’ai aimé du mieux que j’ai pu. Et j’ai appris à demander pardon.”
Le pape est mort.
Et si, au lieu de commenter sa théologie ou son héritage,
nous profitions de ce rappel brutal pour nous redemander, tout simplement :
Comment je veux mourir ?
Et comment, à partir d’aujourd’hui, je veux vivre ?
Pas besoin d’être croyant pour s’agenouiller devant la beauté d’un matin d’hiver,
le rire d’un enfant,
ou le silence d’un cœur apaisé.
Pas besoin d’être pape pour être guide.
Pas besoin d’être moine pour vivre en prière.
Pas besoin de croire au ciel pour honorer la Terre.
À l’homme Jorge Mario Bergoglio, je rends hommage.
À la vie qui l’a traversé, je rends grâce.
Et à ce que nous sommes tous, sans costume ni titre :
des passants,
je dis simplement :
que nos cœurs deviennent des temples.
Pas pour y enfermer des vérités,
mais pour y accueillir la tendresse du monde.
Jean-Marc Terrel
P.S: L'anneau du pêcheur, ou anneau papal, est un symbole important de l'autorité et du rôle du pape au sein de l'Église catholique. Cet anneau est porté au troisième doigt de la main droite du pape et sert de sceau sur les documents officiels. Lorsqu'un pape meurt, l'anneau est détruit. Contrairement à ses prédécesseurs, le pape François, avait choisi une bague très modeste et simple - en argent et non en or - représentant une image de Saint-Pierre tenant un jeu de deux clés. Il refusait qu'on embrasse sa bague comme le voulait pourtant la tradition. Il estimait que "sa personne n'était pas sacrée, que c'est la religion qui est sacrée, et qu'il ne fallait pas se tromper."