
07/23/2025
Le côlon irritable : Et si ce n’était pas un problème de côlon ?
Le très populaire « syndrome du côlon irritable » (SCI) est un diagnostic-poubelle. Il ne veut rien dire, n'explique rien, et surtout… il ne guide vers rien de précis. C’est un fourre-tout pour douleurs abdominales, ballonnements, diarrhées, constipation ou alternance des deux — bref, des symptômes vagues et communs.
Et pourtant, les solutions miracles pullulent : probiotiques, FODMAP, régimes restrictifs, tests d’intolérance bidon. Mais peu de ces approches abordent ce que la science suggère comme point central dans le SCI : une dérégulation du système nerveux central et entérique.
Des études d’imagerie cérébrale ont montré que les personnes atteintes du SCI présentent une altération de la connectivité entre l’amygdale, le cortex préfrontal et l’insula — des régions impliquées dans la douleur, l’émotion et le contrôle du stress (Tillisch et al., 2011; Mayer et al., 2015). Ce n’est pas juste une affaire de digestion. C’est un cerveau hypersensible, un axe cerveau-intestin déréglé, et souvent une réponse au stress chronique ou à des traumatismes passés (Chitkara et al., 2008).
La littérature montre également une hyperactivation de l’axe HPA (hypothalamo-hypophyso-surrénalien) chez les patients atteints de SCI, avec un cortisol souvent mal régulé (Chang et al., 2009), menant à une réactivité accrue de l’intestin. En d’autres mots, le SCI est souvent une conséquence périphérique d’un système nerveux qui crie à l’aide.
Conclusion ? Tant qu’on traitera le SCI comme un problème localisé à l’intestin, on tournera en rond. Le vrai travail commence quand on s’intéresse à l’état du système nerveux, à la perception de la douleur, au stress chronique et à l’intégration des signaux entre le cerveau et le corps.