04/13/2026
« Le ministre du Travail, Jean Boulet, en a fait l’annonce dans les derniers jours : Québec lance officiellement les travaux pour encadrer ces quatre professions. Sous la supervision de l’Office des professions du Québec (OPQ), des comités devront préciser les champs d’exercice de ces professions, les activités réservées et les modalités d’encadrement (si la profession sera encadrée par un ordre distinct ou intégrée à un ordre existant, par exemple). La durée des travaux dépendra de la disponibilité et de l’engagement des partenaires impliqués, a indiqué Jacques Nadeau, porte-parole de l’OPQ.
« Peu importe qu’il y ait un changement de gouvernement ou de nouvelles priorités, il y aura un ordre », s’est réjoui Marc-Antoine Pépin, président de la Fédération des kinésiologues du Québec.
Même soupir de soulagement chez les ostéopathes, pour qui cette annonce est le point culminant de longues démarches. La première date de 1990. « C’est vraiment une belle période pour l’ostéopathie au Québec », résume la présidente d’Ostéopathie Québec, Karine Devantéry. L’OPQ avait recommandé au gouvernement dès 2022 la création d’un ordre pour les ostéopathes, mais le dossier stagnait. Et voilà que tout débloque en même temps.
Au Parti libéral du Québec, on s’étonne que tous les dossiers culminent simultanément, alors que ça fait quatre ans que les ostéopathes ont reçu l’avis favorable de l’OPQ. « Que ça débloque, en soi, n’est pas une mauvaise chose, mais on dirait que c’est fait dans la précipitation », estime le député libéral André A. Morin. « Les élections s’en viennent », rappelle-t-il.
Au cabinet du ministre Jean Boulet, on explique que, pour les ostéopathes, les travaux sont menés en parallèle avec l’approbation d’un programme universitaire en ostéopathie, à l’UQAM. En 2022, l’OPQ avait recommandé la création d’un programme universitaire en ostéopathie d’au minimum 3100 heures. Historiquement au Québec, l’ostéopathie est enseignée dans des écoles privées, et la durée de la formation variait jadis énormément d’une école à l’autre.
Pour le public, qu’est-ce que la création des ordres va changer ?
La mission principale d’un ordre professionnel est d’assurer la protection du public, en contrôlant la compétence et l’intégrité de leurs membres (avec un code de déontologie), la qualité des soins et les formations requises, et en réglementant l’exercice. Des syndics sont aussi créés pour faire enquête.
La création d’un ordre des ostéopathes permettra d’établir des critères de formation clairs et d’uniformiser la pratique, indique pour sa part l’ostéopathe Karine Devantéry.
« Comme la formation a été hétérogène au fil des années, n’importe qui pouvait se dire ostéopathe ou même ouvrir une école d’ostéopathie », illustre-t-elle. Les critères vont être désormais très précis, et le titre d’ostéopathe, réservé. »