05/01/2020
Elle a beaucoup de vocabulaire Moogy
Portrait de confinement #23
La Casa Béluga
Stéphanie, Marianne, Marc et Moogy
« Je comprends pas tout ce qui se passe mais j'ai, avec mon vieil âge, une certaine sagesse et sagacité quand même. Je suis bien meilleure que mes colocs pour me reposer, pour user du mobilier imposant qui ponctue les planchers de marquetterie...Je dors toute la journée et j'ai envie de rentrer-sortir-rentrer toute la nuit. Iels dorment, autant que possible, pendant les heures nocturnes.
Je cherche l'ombre dans cette maison solaire, mais iels travaillent et mangent au salon pour se faire dorer avec les centaines de plants qui poussent pour la serre et le jardin au bord de la fenêtre. Je crois qu'il y en a ici qui sont pas pire freak.e.s de la vie qui pousse.
Il y a de la fatigue, de la tendresse, du relâchement, des rires, des projets, des présences d'ami.e.s virtuelles, des marches à distance, du bénévolat, des grosses journées de travail stressantes ou ennuyantes, des occasions extraordinaires de prendre soin de soi.
Je crois que mes colocs envient mon insouciance pas mal, mon vagabondage dans la communauté féline sans m'en faire avec les alliances ou les ennemi.e.s plus que ça. Sans prendre en compte les inégalités de pelage trop au sérieux, ou l'accès à quelle genre de croquettes. Moi je m'en fais pas sur qui ramasse mes selles, sur leur contexte social, culturel, économique, leur genre et ce que ça peut entraîner comme exacerbation de leurs conditions difficiles les situations qui frôlent le totalitarisme. Ma seule relation au capitalisme c'est le Fancy Feast, et j'aime pas ça. Ça je pense que j'ai ça en commun avec mes colocs. Des fois je sens leurs cerveaux bouillir, leur coeurs fondre, mais au moins je ramène une odeur de fleur printannière dans ma fourrure p*s iels sont cute à mort quand on se colle tous ensemble après le yoga. »