01/08/2026
Féministe. Sorcière.
Deux mots qui font encore grincer des dents. Deux mots qui dérangent, qui provoquent, qui réveillent quelque chose, parfois de beau, parfois de violent.
Quand vous entendez le mot féministe, qu’est-ce qui vous vient en tête?
Quand vous entendez le mot sorcière, est-ce que vous voyez quelque chose de trash, d’exagéré, de marginal… ou au contraire quelque chose de profondément puissant?
Moi, quand je regarde ces deux mots, je vois deux réalités qui coexistent.
D’un côté, il y a les féministes assumées, les sorcières revendiquées, entourées d’une société, encore minoritaire, mais bien réelle, qui les soutient, les écoute, les reconnaît. Pour moi, dans ce regard-là, ces mots sont doux. Ils parlent de femmes debout. De femmes conscientes. De femmes qui embrassent toute leur sphère humaine :
leur sensualité,
leur sexualité,
leur feu intérieur,
leur intuition,
leur colère,
leur capacité de créer, de guérir, de dire non et de dire oui quand ça vient d’elles.
Je vois des femmes qui ne se fragmentent plus pour être acceptables.
Des femmes qui osent être entières.
Mais il y a aussi l’autre côté de la médaille.
Celui que la société patriarcale brandit encore avec acharnement.
Les féministes seraient des irrationnelles.
Des folles.
Des hystériques.
Des sa**pes.
Celles et ceux qui ont lu Sorcières, sa**pes et féministes comprendront exactement le lien que je fais ici. Ce mot « sa**pe » utilisé comme arme pour humilier les femmes qui sortent du rang. Les femmes qui refusent d’obéir. Les femmes qui ne se plient pas. Les femmes qui ne demandent plus la permission.
On dit aussi que les féministes se prennent pour des supérieures.
Qu’elles n’acceptent pas le patriarcat.
Et tu sais quoi?
Ils ont raison.
Oui, nous n’acceptons pas un système qui nous enlève des droits.
Oui, nous n’acceptons pas un système qui nous fait taire.
Oui, nous n’acceptons pas un système qui nous empêche de vivre pleinement notre pouvoir intérieur.
Et oui… quand on nous étouffe, quand on nous contrôle, quand on nous nie, ça nous rend folles.
Ça nous rend en colère.
Ça nous rend brûlantes.
Ça nous rend indomptables.
Ça nous rend dangereuses, pour l’ordre établi.
Et tout ça… ça me ressemble énormément à une sorcière.
Les sorcières, elles aussi, dérangeaient.
Elles n’avaient pas le droit de pratiquer la guérison.
Pas le droit d’être sages-femmes.
Pas le droit de transmettre leur savoir.
Pas le droit de parler.
Pas le droit d’exister hors des cadres imposés.
Elles connaissaient les plantes.
Les corps.
Les cycles.
La vie.
La mort.
Et pour ça, on les a brûlées.
Symboliquement, socialement, parfois littéralement.
Alors quand aujourd’hui on traite encore les féministes de folles, d’extrêmes, d’exagérées… j’entends l’écho des bûchers.
Quand on diabolise les femmes qui prennent leur place, j’entends le même vieux récit.
Pour moi, féministe et sorcière ne sont pas des insultes.
Ce sont des mots de mémoire.
Des mots de résistance.
Des mots de pouvoir.
Et vous…
Qu’est-ce qu’ils vous disent, ces deux mots?
Voyez-vous la ressemblance entre sorcière et féministe?
J’aimerais vraiment vous entendre.