12/29/2025
Ce texte est très intéressant et rejoins vraiment ce que je pense au sujet de plusieurs thérapies/thérapeutes et de toutes les modes qui surgissent dans le monde de la spiritualité. Lisez le, et dites moi ce que vous en pensez.
''Depuis quelque temps, quelque chose m’habite. Et plus j’en parle avec des gens que je considère conscients, en chemin, lucides sur eux-mêmes et sur le Monde, plus je réalise que ce malaise n’est pas isolé. Il est partagé par plusieurs.
On voit de plus en plus de personnes s’afficher comme étant très avancées sur le plan de la conscience et du travail intérieur. Elles utilisent un langage précis, presque académique. Un jargon appris, maîtrisé, répété. On parle de libération karmique, d’élévation vibratoire, de blessures à transmuter, d’alignement, de versions supérieures de soi. De grands concepts. De belles phrases. Souvent impressionnantes. En tout cas moi je trouve ça impressionnant …
Mais il faut aussi nommer une réalité : ce langage crée parfois une distance. Une hiérarchie invisible. Une illusion. Comme s’il y avait ceux qui « savent » et ceux qui ne savent pas encore. Comme si la conscience devait obligatoirement passer par un vocabulaire spécialisé , des processus particuliers pour être valide.
Pendant ce temps-là, il y a des gens dans la boue. Des gens épuisés. Des gens qui ont envie de légèreté, de simplement respirer un peu mieux. Des gens qui se lèvent chaque matin en faisant du mieux qu’ils peuvent, sans mots savants, sans rituels complexes, sans comprendre tous les concepts. Et pour eux, ce jargon devient non seulement inaccessible, mais parfois culpabilisant. Comme s’ils étaient en re**rd sur leur propre vie.
Il y a aussi cette industrie du mieux-être, bien réelle, qui entretient l’idée qu’on doit constamment se réparer, se transformer, se corriger. Toujours une nouvelle clé. Une nouvelle méthode. Un nouveau niveau à atteindre. Et même si ces outils peuvent être utiles, il faut reconnaître qu’ils peuvent aussi nourrir une quête sans fin, où l’on regarde toujours à l’extérieur pour devenir « meilleur », au lieu d’habiter pleinement ce qui est déjà là.
Et si, pour beaucoup, le chemin le plus juste était d’apprendre à mieux s’écouter? S’asseoir en silence. Fermer les yeux. Sentir ce qui est vivant à l’intérieur, sans vouloir l’analyser, le réparer ou le spiritualiser. Juste être présent bon Dieu!!
Je pense que la conscience ne se mesure pas à la complexité des mots, mais à la capacité d’être en relation — avec soi, avec l’autre, avec le réel. Parfois, la plus grande maturité intérieure, c’est de revenir à quelque chose de très simple. Très humain.
Alors oui, cherchons. Explorons. Grandissons. Mais faisons-le avec humilité. Avec des mots qui incluent plutôt qu’ils excluent. Avec le respect de ceux qui avancent sans jargon, sans théorie, mais avec courage.
Dans cette quête du soi, un peu de prudence, de simplicité et de cœur peut parfois aller beaucoup plus loin que toutes les grandes phrases réunies.''
🐻❄️
© 2025, Claude Legendre , Ours Sage