03/08/2026
𝐋𝐞𝐬 𝐟𝐞𝐦𝐦𝐞𝐬 𝐬𝐨𝐧𝐭 𝐟𝐨𝐫𝐭𝐞𝐬.
𝐌𝐚𝐢𝐬 𝐜𝐞𝐭𝐭𝐞 𝐟𝐨𝐫𝐜𝐞 𝐚 𝐬𝐨𝐮𝐯𝐞𝐧𝐭 𝐮𝐧 𝐜𝐨û𝐭 𝐢𝐧𝐯𝐢𝐬𝐢𝐛𝐥𝐞.
En cette journée du droit des femmes, j’avais envie de prendre un moment pour souligner quelque chose que j’observe souvent en psychologie :
la force et la douceur qui coexistent, de façon parfaitement imparfaite, chez les femmes.
Beaucoup de femmes ont appris très tôt une chose : être à la hauteur.
Être compétente.
Être attentionnée.
Être disponible.
Être organisée.
Être émotionnellement régulée.
Et idéalement… être tout cela en même temps.
La psychologie sociale montre que plusieurs femmes intériorisent une pression à la perfection. Lorsque ces standards élevés ne sont pas atteints, un sentiment apparaît souvent : la culpabilité.
Cette culpabilité pousse à faire davantage.
À réparer.
À s’ajuster.
Mais lorsque l’autocritique devient trop sévère, elle peut devenir profondément souffrante (Tangney & Dearing, 2002).
À cela s’ajoute une autre réalité : les contradictions sociales.
Dans plusieurs cultures marquées par des normes patriarcales, les femmes peuvent se voir imposer deux attentes opposées :
• être pure, maternelle, respectable
• être désirable, s*xuelle et séduisante
Le problème ?
Ces attentes deviennent souvent mutuellement exclusives dans le regard social.
Si une femme assume sa s*xualité, elle peut être jugée moralement.
Si elle est perçue comme respectable ou maternelle, sa s*xualité peut être niée ou jugée inappropriée.
Ainsi, peu importe la position adoptée…
une critique reste possible.
On observe une contradiction similaire dans plusieurs milieux de travail :
• si une femme est chaleureuse et coopérative, elle peut être perçue comme moins compétente
• si elle est affirmée et leader, elle peut être jugée trop agressive ou antipathique (Eagly & Karau, 2002)
Dans ce contexte, l’erreur devient parfois plus coûteuse, car elle peut renforcer des stéréotypes déjà présents.
Chez certains hommes, on observe aussi une autre dynamique : celle du “golden child”.
L’enfant valorisé.
Celui qui doit réussir.
Celui qui doit être fort.
Là aussi, la pression à la perfection existe. Mais elle prend une autre forme : l’image doit être protégée.
Ces deux dynamiques produisent finalement des effets psychologiques différents, mais comparables :
• certaines femmes apprennent à se blâmer rapidement lorsque quelque chose ne fonctionne pas
• certains hommes apprennent à protéger une image de perfection, parfois au détriment de l’expression de leur vulnérabilité
𝐃𝐚𝐧𝐬 𝐥𝐞𝐬 𝐝𝐞𝐮𝐱 𝐜𝐚𝐬, 𝐥𝐚 𝐩𝐞𝐫𝐟𝐞𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞𝐯𝐢𝐞𝐧𝐭 𝐮𝐧𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐚𝐢𝐧𝐭𝐞.
Et ces dynamiques peuvent se complexifier encore davantage à l’intersection de plusieurs identités.
Les femmes neurodivergentes doivent souvent naviguer entre authenticité et adaptation sociale.
Les femmes issues d’autres origines ethniques que la majorité blanche peuvent porter des attentes ou des stéréotypes supplémentaires (Crenshaw, 1989; Collins, 2000).
Plus les identités se croisent…
plus la marge d’erreur peut sembler étroite.
Et pourtant.
Les femmes développent souvent une force remarquable.
𝐁𝐞𝐚𝐮𝐜𝐨𝐮𝐩 𝐝𝐞 𝐟𝐞𝐦𝐦𝐞𝐬 𝐬𝐨𝐧𝐭 𝐟𝐨𝐫𝐭𝐞𝐬 𝐩𝐚𝐫𝐜𝐞 𝐪𝐮’𝐞𝐥𝐥𝐞𝐬 𝐨𝐧𝐭 𝐝û 𝐥’ê𝐭𝐫𝐞.
Une force d’adaptation.
Une force relationnelle.
Une force psychologique.
Cette force nourrit les familles.
Les organisations.
Les communautés.
Mais une chose est importante :
𝐥𝐚 𝐟𝐨𝐫𝐜𝐞 𝐧’𝐞𝐬𝐭 𝐩𝐚𝐬 𝐟𝐚𝐢𝐭𝐞 𝐩𝐨𝐮𝐫 ê𝐭𝐫𝐞 𝐩𝐨𝐫𝐭é𝐞 𝐬𝐞𝐮𝐥𝐞 𝐢𝐧𝐝é𝐟𝐢𝐧𝐢𝐦𝐞𝐧𝐭.
Même les personnes fortes ont besoin de soutien.
De reconnaissance.
D’espace pour être imparfaites.
La résilience à long terme se construit aussi dans les relations et le soutien (Taylor et al., 2000).
Alors aujourd’hui, j’ai envie de dire ceci :
✨ 𝐟𝐚𝐢𝐭𝐞𝐬 𝐝𝐞𝐬 𝐞𝐫𝐫𝐞𝐮𝐫𝐬.
Entourez-vous de personnes capables d’accueillir votre imperfection, votre liberté, vos prises de risques… et même vos échecs.
Personnellement, je ne regrette rien de rien.
L’acceptation et l’autocompassion me le permettent.
Chaque erreur m’a appris quelque chose.
Chaque détour a contribué à construire la personne que je suis aujourd’hui.
𝐅𝐚𝐢𝐫𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐞𝐫𝐫𝐞𝐮𝐫𝐬 𝐧’𝐞𝐬𝐭 𝐩𝐚𝐬 𝐮𝐧 é𝐜𝐡𝐞𝐜.
𝐂’𝐞𝐬𝐭 𝐮𝐧𝐞 𝐩𝐫𝐞𝐮𝐯𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐯𝐨𝐮𝐬 𝐚𝐯𝐞𝐳 𝐯é𝐜𝐮.
En cette journée du droit des femmes, je veux saluer la force et la douceur qui habitent tant de femmes.
𝐋𝐚 𝐟𝐨𝐫𝐜𝐞 𝐞𝐭 𝐥𝐚 𝐝𝐨𝐮𝐜𝐞𝐮𝐫 𝐧𝐞 𝐬𝐨𝐧𝐭 𝐩𝐚𝐬 𝐝𝐞𝐬 𝐨𝐩𝐩𝐨𝐬é𝐬.
𝐄𝐥𝐥𝐞𝐬 𝐜𝐨𝐞𝐱𝐢𝐬𝐭𝐞𝐧𝐭 𝐜𝐡𝐞𝐳 𝐥𝐞𝐬 𝐟𝐞𝐦𝐦𝐞𝐬 𝐝𝐞𝐩𝐮𝐢𝐬 𝐭𝐨𝐮𝐣𝐨𝐮𝐫𝐬.
Et rappeler une chose simple :
𝐦ê𝐦𝐞 𝐥𝐞𝐬 𝐩𝐞𝐫𝐬𝐨𝐧𝐧𝐞𝐬 𝐟𝐨𝐫𝐭𝐞𝐬 𝐨𝐧𝐭 𝐥𝐞 𝐝𝐫𝐨𝐢𝐭 𝐝’ê𝐭𝐫𝐞 𝐡𝐮𝐦𝐚𝐢𝐧𝐞𝐬.
Si ce texte résonne pour vous, vous êtes libre de le partager avec une femme forte qui porte beaucoup sur ses épaules.
Références:
Collins, P. H. (2000). Black feminist thought.
Crenshaw, K. (1989). Demarginalizing the intersection of race and s*x.
Eagly, A. H., & Karau, S. J. (2002). Role congruity theory of prejudice toward female leaders.
Foschi, M. (2000). Double standards for competence. Annual Review of Sociology.
Tangney, J. P., & Dearing, R. (2002). Shame and guilt.
Taylor, S. E., et al. (2000). Biobehavioral responses to stress in females.
Crédit photo : Jonathan Tobin