02/18/2026
Nous avons remarqué que la dernière publication a suscité de nombreuses réactions, et nous souhaitons vous répondre en tant qu’organisme qui accompagne, accueille, écoute et soutient depuis 1995 des personnes travaillant dans l’industrie du sexe.
Le but de cet article était enfin de laisser des personnes de l’industrie parler de leurs réalités et de leur vécu. De leur permettre d’utiliser leur voix dans une société qui les juge fortement en raison de leur choix et parce qu’elles aiment ce qu’elles font.
Dans cet article, ces personnes remettent en question également le programme du nom de C3ESSES qui, au final, ne viennent pas les protéger… car à aucun moment on n’a pris le temps de les consulter. Or, La Tribune a pris ce temps-là : elles ont été consultées et elles ont pu s’exprimer.
Ainsi, la discussion ne consiste pas à déterminer quelle communauté vit le plus d’oppression ou quelle réalité est plus importante qu’une autre. La discussion est la suivante : le travail du sexe existe. Et actuellement, il existe dans une société patriarcale, capitaliste, marquée par des inégalités structurelles. Alors, comment peut-on rendre l’environnement de travail de ces personnes plus sécuritaire ?
C’est en les écoutant, en prenant le temps de comprendre les différentes réalités — car il existe une grande diversité de métiers dans l’industrie du sexe et chaque milieu a des besoins distincts. C’est aussi en leur laissant une place dans la société que nous pourrons mieux les comprendre, les accepter et les accompagner adéquatement.
Mettre en lumière une réalité méconnue et taboue dans la société ne vient en aucun cas invalider les autres réalités qui coexistent. IRIS Estrie ne nie pas l’existence de l’exploitation sexuelle et des violences à caractères sexuels. Au contraire, lorsque nous faisons face à une réalité comme celle-ci, nous accompagnons la personne vers les ressources spécialisées et adaptées pour les victimes.
Les commentaires qu’on lit aujourd’hui démontrent qu’il existe encore beaucoup de préjugés, de mythes et de stigmatisation envers le travail du sexe. Alors oui, les voix des personnes dans l’industrie du sexe, pas seulement des femmes cisgenre, mais aussi des personnes trans, des personnes non binaires et des hommes, continueront d’être publiées afin d’amener une compréhension plus nuancée de leur réalité.
IRIS Estrie est d’ailleurs d’accord avec un commentaire qui a été fait : « Le féminisme, c’est croire que les femmes sont des êtres humains à part entière. » Oui. Et je vous rappelle que les personnes dans l’industrie du sexe sont aussi des êtres humains à part entière, qui devraient avoir les mêmes droits que tout le monde, sans jugement envers leur travail.