Clinique de Santé Mentale des Femmes

Clinique de Santé Mentale des Femmes Page trilingue sur la santé mentale des femmes. Cette page ne sert pas comme moyen de communication.

La page discute des sujets féminins de l'actualité à tous les niveaux: santé physique et mental, équilibre famille travail, education des enfants, bien être bio, psycho et social. La page est créé par la Clinique de Santé Mental des Femmes de Sherbrooke que reçois des femmes vivant des différents défis de l'ordre psychiatrique pour une évaluation ou suivi psychiatrique, psychologique ou nutritionnel.

04/06/2026

Une lecture attentive de scènes anciennes — à travers le regard de ceux qui accompagnent la souffrance.

03/16/2026
03/03/2026
Pour quoi la ménopause est plus lourde aujourd’hui (et pourquoi ce n’est pas “dans ta tête”)Je pense souvent à cette phr...
03/02/2026

Pour quoi la ménopause est plus lourde aujourd’hui (et pourquoi ce n’est pas “dans ta tête”)

Je pense souvent à cette phrase qu’on entend encore :
« Ma mère a traversé ça sans rien sentir. »

Et je vois le visage de celles qui me la disent. Elles ne disent pas ça avec fierté. Elles le disent avec un mélange de doute et de honte, comme si leur expérience à elles prouvait qu’elles font quelque chose “mal”.

Moi, je ne crois pas une seconde que la ménopause soit devenue plus “difficile” parce que les femmes seraient plus fragiles. Je crois plutôt l’inverse : la vie est devenue plus lourde, plus rapide, plus exigeante… et la ménopause arrive maintenant sur un corps déjà vidé.

Nos hormones n’ont pas changé.
Mais le monde, lui, a changé énormément.

La ménopause n’arrive plus sur un corps reposé

Il y a une image qui me revient souvent : la ménopause comme une grande marée.
Ce n’est pas “juste” quelques symptômes. C’est une transition. Une réorganisation interne. Et pour traverser une transition, il faut une chose : des réserves.

Or aujourd’hui, beaucoup de femmes arrivent à la périménopause (parfois bien avant 50 ans) déjà en mode survie : sommeil grugé, charge mentale permanente, pression au travail, stress financier, responsabilités familiales… la liste est interminable.

C’est comme si on demandait à quelqu’un de courir un marathon… mais après des années à dormir trop peu et à porter des sacs de sable dans le dos.

Alors oui : bouffées de chaleur, insomnie, irritabilité, “brain fog”… mais aussi quelque chose de plus diffus, plus profond : la sensation que le corps dit stop.

Pas un stop capricieux.
Un stop biologique.

On élève encore des enfants… en plein milieu de tout ça

Autre différence majeure : beaucoup de femmes ont des enfants plus t**d.
Donc la ménopause ne coïncide plus avec “les enfants partis, enfin du calme”.

Elle coïncide souvent avec des ados. Et des ados, c’est intense. C’est magnifique et épuisant. C’est une période où ils ont besoin d’un adulte solide, disponible, patient. Et parfois, au même moment, la mère traverse ses propres fluctuations d’humeur, son propre sommeil qui s’effondre, sa propre sensibilité qui augmente.

Il y a des maisons où ça se vit comme une collision : hormones d’un côté, hormones de l’autre.
Et la femme doit quand même rester l’ancre émotionnelle de tout le monde.

C’est épuisant — pas juste physiquement. À un niveau d’âme.

La charge mentale : cette deuxième job qui ne finit jamais

Même quand les relations sont égalitaires, même quand les hommes sont de bonne volonté, on observe encore une réalité : les femmes portent beaucoup du travail invisible.

Se souvenir. Anticiper. Planifier. Gérer. Organiser.
Le médecin, le dentiste, l’école, les formulaires, les lunchs, les rendez-vous, la liste d’épicerie, les cadeaux d’anniversaire, les activités, les horaires, les messages… et cette fameuse compétence féminine qu’on prend pour acquise : tenir tout ensemble.

Ce travail ne se voit pas. Mais il consume le cerveau.

Et quand la périménopause commence à fragiliser la concentration, la mémoire de travail, la tolérance au stress… ce n’est pas juste fatigant. Ça peut devenir humiliant.

Une femme me l’a déjà dit comme ça :
« J’ai l’impression de ne plus être moi. »

Je pense que ça, c’est l’un des symptômes les plus douloureux : l’érosion de l’identité compétente.

Le monde est plus bruyant, et on ne ferme jamais vraiment la porte

Il y a 50 ans, on pouvait terminer la journée et disparaître un peu.
Aujourd’hui, le téléphone te suit partout.

On vit dans un monde “toujours ouvert”, où il y a toujours un message, une nouvelle, une crise, une notification, une comparaison. Les réseaux sociaux créent une sorte de vitrine constante : femmes “parfaites”, corps “parfaits”, maisons “parfaites”, maternités “parfaites”.

Et toi, tu es là, avec tes sueurs nocturnes, ton cerveau qui ne se décolle plus, ta patience qui s’amincit… et tu te demandes : « Pourquoi moi je n’y arrive pas ? »

Ce n’est pas toi le problème.
C’est le niveau d’exigence imposé aux femmes.

Et puis… il y a le stress. Partout.

Le coût de la vie. Les peurs collectives. L’incertitude. Les mauvaises nouvelles.
Et aussi, il faut le dire : notre environnement a changé — pollution, perturbateurs endocriniens, sur-stimulation, alimentation ultra-transformée, manque de repos réel.

Le corps ménopausé n’est pas un corps “défectueux”.
C’est un corps qui essaie de s’adapter… dans un contexte qui ne lui laisse pas d’espace.

Alors… qu’est-ce qu’on fait avec ça ?

Je n’ai pas envie de dire aux femmes : « Prends sur toi. »
Je n’ai pas envie de dire : « Respire et fais du yoga » comme si ça réglait tout.

Je pense qu’il faut dire quelque chose de plus radical, et plus vrai :
la ménopause est aussi un révélateur social.

Elle expose ce qui, dans la vie moderne, est devenu invivable pour beaucoup de femmes.

Et ça veut dire que les solutions ne sont pas seulement médicales. Elles sont aussi relationnelles, culturelles, politiques.

1) Cesser de s’auto-accuser

Quand une femme souffre en ménopause, ce n’est pas une preuve qu’elle est faible.
C’est souvent une preuve qu’elle a trop tenu trop longtemps.

2) Faire une redistribution concrète (pas théorique)

Pas “aider plus”.
Partager réellement : la planification, les tâches, les responsabilités mentales.

Une phrase simple peut changer une maison :
« Je ne peux plus porter ça seule. Choisissons ce qu’on dépose et ce que tu prends en charge entièrement. »

3) Reprendre le sommeil comme priorité médicale

La première chose que je veux souvent protéger, c’est le sommeil.
Parce que quand le sommeil se dégrade, tout devient plus sombre : humeur, mémoire, douleur, anxiété, tolérance.

4) Considérer les options de traitement sans culpabilité

Certaines femmes seront soulagées par des changements d’habitudes.
D’autres auront besoin d’un soutien médical, parfois d’une thérapie hormonale, parfois d’un traitement ciblé pour l’humeur ou le sommeil.

Il n’y a pas de médaille pour “souffrir en silence”.

5) Recréer du “village”

On n’a pas toujours la famille proche. Mais on peut créer des cercles : amies, collègues, groupes, espaces de parole.

La solitude rend tout plus lourd.
Le lien allège.

6) Et surtout : créer une culture de compassion

La phrase qui me revient le plus, c’est celle-ci :
La solution n’est pas de toughen up. La solution, c’est de rendre la vie plus humaine.

Pour finir, j’ai envie de te poser une question

Et si la ménopause n’était pas un effondrement… mais une limite saine ?
Un moment où le corps refuse de continuer à porter l’impossible ?

Et si on arrêtait d’en faire une épreuve à “réussir”, pour en faire un passage à accompagner — avec soin, avec respect, avec vérité ?

Parce que non : la ménopause n’est pas la fin.
Mais c’est peut-être la fin d’une façon de vivre qui n’était pas faite pour nous.

Pour bien comprendre l’impact du trauma complexe dans le système judiciaire.https://www.village-justice.com/articles/tra...
02/25/2026

Pour bien comprendre l’impact du trauma complexe dans le système judiciaire.

https://www.village-justice.com/articles/traumatismes-complexes-procedure-judiciaire-comprendre-les-effets-sur,56220.html?utm_source=backend&utm_medium=RSS&utm_campaign=RSS_Reseaux&fbclid=IwZnRzaAQMSm5leHRuA2FlbQIxMQBzcnRjBmFwcF9pZAo2NjI4NTY4Mzc5AAEeK8WSnD-GCcE34czXsn9mudckJDVhBAyokAALEAWbKGlR-Zm8qTo6WdiFzJk_aem_jRqJlzs3VbfPZ30BUox7xA

Dans les contentieux relatifs aux violences sexuelles, au harcèlement moral, aux violences intrafamiliales ou à certaines situations d’emprise professionnelle, les praticiens du droit sont souvent confrontés à des comportements déstabilisants de la part des plaignants : dépôt de plainte tar...

Formation très actuelle, intéressante et stimulante à venir. Lien d'inscription dans les commentaires.
02/21/2026

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Je viens de sortir du cinéma et je suis encore émue par ce que j’ai vu et surtout par ce que j’ai ressenti. Hamnet est d...
02/08/2026

Je viens de sortir du cinéma et je suis encore émue par ce que j’ai vu et surtout par ce que j’ai ressenti. Hamnet est de ces films qui ne s’imposent pas par l’histoire qu’ils racontent, mais par l’espace intérieur qu’ils ouvrent. On en sort avec quelque chose dans le corps, une lenteur, une densité, comme si le film continuait à respirer en nous.

Je n’en dirai rien qui dévoile le récit. Hamnet se vit plus qu’il ne se résume. Ce qui m’a profondément touchée, comme clinicienne et comme femme, c’est la manière dont le film regarde la souffrance féminine sans chercher à l’expliquer, la corriger ou la rendre acceptable. Dans un monde qui tolère mal les réactions des femmes lorsqu’elles sont intenses, prolongées ou silencieuses, ce regard est rare.

Le film donne à sentir, avec une grande justesse, ce que nous connaissons en clinique du deuil et du trauma : la désorganisation du temps, l’étrangeté au monde, la lenteur, le silence. Il rappelle que certaines réactions ne sont pas des signes de pathologie, mais des réponses humaines normales à des expériences profondément anormales. Le trauma du deuil ne se loge pas d’abord dans les mots, mais dans le corps, dans la perception, dans la manière d’habiter le monde et Hamnet respecte cela.

J’ai aussi été frappée par la place laissée au silence. Un silence dense, vivant, jamais vide. À une époque où l’on demande encore aux femmes de verbaliser leur douleur pour être crues, comprises ou soignées, ce choix est profondément respectueux. Il affirme que le vécu précède le langage, et que tout ne doit pas être dit pour être légitime.

En sortant de la salle, je me suis dit que ce film arrive au bon moment. Dans un contexte où les réactions féminines sont encore trop souvent pathologisées, Hamnet propose autre chose : une reconnaissance sans intrusion, sans normalisation, sans injonction à aller mieux. Il regarde. Il laisse être. Et, du point de vue de la santé mentale des femmes, cela ressemble déjà à une forme de soin.

Prise de poids & ménopause : une des meilleures conférences que j’ai vues de ma vie à ce sujetJe viens de regarder une c...
01/28/2026

Prise de poids & ménopause : une des meilleures conférences que j’ai vues de ma vie à ce sujet

Je viens de regarder une conférence absolument remarquable sur la prise de poids à la périménopause et à la ménopause, et sur l’obésité — une de celles qui m’a le plus marquée, parce qu’elle remet enfin les choses à la bonne place : loin de la honte, proche de la science et de la compassion.

La conférence s’intitule « Weight Gain and Menopause: What’s Really Going On? », et elle est présentée par Dre Ellie Zentner. J’avais envie de vous partager quelques notions que j’ai trouvées particulièrement importantes (et libératrices).



1) Le poids n’est pas une question de “volonté” : c’est de la chimie

On entend encore trop souvent : « Mange moins, bouge plus. »
Mais comme l’explique Dre Zentner, cette vision est trop simpliste — et elle nourrit surtout la culpabilité.

Le corps ne fonctionne pas comme une calculatrice. Le poids est influencé par une interaction complexe entre :
• la génétique (des gènes “programmés” pour nous protéger de la famine),
• les hormones (intestin, tissu adipeux, muscles, cerveau),
• l’environnement (sommeil, stress, médicaments, contexte de vie, vieillissement, etc.).

Quand ce système se dérègle, le cerveau peut se comporter comme si on était en état de manque, même si le corps a des réserves. Résultat :
➡️ plus de stockage de gras,
➡️ plus de faim et de cravings,
➡️ et une résistance à la perte de poids (ce qu’on appelle souvent un “plateau”, alors que c’est plutôt une réponse de protection).



2) Pourquoi le poids change à la mi-vie

Deux grandes forces se superposent :

a) Le vieillissement

Avec l’âge, la composition corporelle change : souvent plus de masse grasse et moins de masse musculaire, et le métabolisme s’adapte. La récupération aussi.

b) La chute d’œstrogènes

Dre Zentner utilise une image très parlante : l’œstrogène agit un peu comme un “contrôleur aérien” de la distribution des graisses.
Avant la ménopause, il aide à orienter le stockage vers les hanches et les cuisses. Quand il diminue :
• le stockage tend davantage vers l’abdomen (graisse viscérale),
• cette graisse est plus inflammatoire,
• et elle est associée à un risque métabolique plus élevé.

À noter : l’hormonothérapie n’est pas une solution “amaigrissante” majeure, mais peut parfois limiter modestement une prise de poids additionnelle chez certaines femmes.



3) Pourquoi les régimes échouent souvent… et pourquoi ce n’est pas “votre faute”

Un point que j’ai trouvé essentiel : dans beaucoup d’études sur les diètes structurées, la perte moyenne à long terme est souvent modeste (environ 2–4% sur 1–2 ans), et la restriction peut :
• déclencher la fameuse réponse “famine” du cerveau,
• favoriser le yo-yo (perte et reprise),
• normaliser une relation tendue avec la nourriture et renforcer l’auto-blâme.

Et rappel important : il n’existe pas un seul “poids idéal” universel. Des outils comme l’IMC sont des mesures populationnelles, souvent grossières pour guider la santé individuelle.



4) Qu’est-ce qui aide vraiment?

✅ Miser sur la santé… pas uniquement sur la minceur

L’exercice est puissant pour :
• le cœur, le cerveau, l’humeur, les os,
• la préservation de la masse musculaire (crucial après la ménopause),
• et le maintien pondéral.

Mais ce n’est pas une “arme magique” de perte de poids — et ce n’est pas son rôle principal.

✅ Les traitements fondés sur des preuves pour l’obésité

Les traitements modernes qui imitent certaines hormones intestinales (ex. analogues GLP-1 et nouvelles molécules multi-hormonales) peuvent :
• calmer les signaux de “famine” du cerveau,
• diminuer faim/cravings,
• permettre, chez certaines personnes, des pertes moyennes de 10–20% ou plus.

Ce n’est pas une question de “discipline”. C’est une question de signalisation hormonale.
(Et oui : l’accès et le coût restent de vrais enjeux.)

✅ Une vision plus large de la santé

Parfois, de petits changements réalistes ont un impact immense : même 5% de perte de poids peut améliorer glycémie, pression, lipides.
Et surtout : la santé n’est pas uniquement déterminée par la taille. La stigmatisation du poids est un facteur de souffrance réel et évitable.



Ce que je retiens (et ce que j’aimerais que toutes les femmes entendent)

La prise de poids à la périménopause/ménopause n’est pas un échec personnel.
C’est souvent l’effet prévisible d’une biologie qui change (âge + hormones) dans un environnement qui n’aide pas. Et on mérite mieux que des conseils culpabilisants : on mérite des options nuancées, respectueuses et basées sur la science.

(Note : ceci est un partage d’informations générales et ne remplace pas un avis médical personnalisé.)

WHat if “intensive parenting” isn’t excess… but stress regulation?“Intensive parenting” is often framed as a problem: to...
01/24/2026

WHat if “intensive parenting” isn’t excess… but stress regulation?

“Intensive parenting” is often framed as a problem: too much involvement, too much control, too much anticipation. Parents — especially mothers — are told to do less, worry less, let go.

But this framing misses something fundamental.

Recent work in stress physiology highlights empathic stress: when someone we love faces — or could face — difficulty, our own nervous system can activate, even in the absence of immediate threat. Increased vigilance, rumination, physiological arousal. The body responds.

In this context, planning, monitoring, intervening, and “clearing the path” can function as unconscious attempts to reduce the parent’s own physiological stress load — not just to protect the child, but to regulate the parent’s nervous system.

This burden is not evenly distributed. Research on network stress shows that stress affecting close others (children, family members) has a stronger impact on women’s health than on men’s — not due to emotional fragility, but because women are structurally more exposed to the stress of others through emotional labor and caregiving roles.

When maternal anxiety is pathologized without acknowledging empathic and network stress, we end up treating symptoms while ignoring their relational and social origins.

Instead of telling mothers to “do less,” we might start by recognizing what their bodies are carrying.

👉 Intensive parenting is not always a behavior problem.
👉 It may be a signal of a nervous system under chronic relational stress.

Source:
Dickens, M. (2026). We share a nervous system. The Maternal Stress Project

LE RÉDUCTIONNISME INFLAMMATOIRE : une fausse promesse pour la santé mentale des femmesLe « tournant inflammatoire » en p...
01/23/2026

LE RÉDUCTIONNISME INFLAMMATOIRE : une fausse promesse pour la santé mentale des femmes

Le « tournant inflammatoire » en psychiatrie peut sembler, à première vue, profondément libérateur pour les femmes. Pendant des décennies, leur souffrance — surtout lorsqu’elle était chronique, diffuse ou émotionnellement complexe — a été minimisée, psychologisée à l’excès ou tout simplement disqualifiée. Reconnaître enfin une dimension biologique à cette souffrance a, pour beaucoup, représenté une forme de réparation.

Mais cette promesse cache un piège.

Le réductionnisme inflammatoire propose une nouvelle lecture unique de la souffrance : si elle n’est pas inflammatoire, auto-immune ou objectivable par un biomarqueur, elle devient suspecte. Là où les femmes étaient autrefois jugées « trop psychologiques », elles risquent aujourd’hui d’être jugées insuffisamment biologiques. Le problème n’a pas disparu : il a changé de langage.

En santé mentale des femmes, ce glissement est particulièrement préoccupant. Les femmes sont beaucoup plus exposées aux traumatismes développementaux, aux violences sexuelles, au contrôle coercitif et au stress relationnel chronique. Ces expériences laissent des traces profondes dans le cerveau et le corps, mais rarement des marqueurs simples ou visibles. Exiger une preuve biologique claire pour valider la souffrance revient à nier le trauma sous couvert de science.

Ce nouveau paradigme crée aussi une hiérarchie implicite de la légitimité : les femmes dont la détresse peut être expliquée par une cause immunitaire deviennent des « vraies » patientes, tandis que celles dont la souffrance s’inscrit dans l’histoire, le sens et les relations sont à nouveau reléguées à la marge. C’est une vieille logique misogyne, recyclée.

Pire encore, certaines femmes, épuisées par des années d’errance médicale, se tournent vers des traitements immunologiques coûteux, invasifs et souvent inefficaces. Ce n’est pas de l’émancipation : c’est la marchandisation de la détresse féminine.

Une approche féministe de la santé mentale ne rejette pas la biologie. Elle refuse le choix forcé entre le corps et l’esprit. Elle affirme que la souffrance des femmes est réelle même lorsqu’elle est complexe, multifactorielle ou encore partiellement inexpliquée.

Le véritable enjeu n’est pas de remplacer un réductionnisme par un autre, mais de défendre une médecine capable de tolérer l’ambiguïté, d’entendre le trauma et de respecter la complexité des vies des femmes.

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J1J4M8

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