12/23/2018
Parce que vous savez que le bien-être me tient à coeur, autant pour la santé physique que mentale...
M. Frédéric Corbeil a écrit dans un élan spontané ce texte à la suite de la nouvelle du meurtre d'une femme, qui m'a vraiment interpellé et je demandé son accord pour vous le partager.
Et oui, un peu de lecture de plus que 3 phrases! :
Genre de sujets qui méritent des centaines de pages de réflexions mais voici la version préliminaire d'une première ébauche écrite spontanément au beau milieu de la nuit ! Vos messages et commentaires me touchent beaucoup... un petit baume au cœur en cette période de ma vie que je trouve très difficile! ♡♡
Je n'écoute pas les nouvelles (ni la télé) et les rares fois que je lis le Journal de Montréal dans un resto je vais pleurer discrètement en lisant ce genre d'histoire d'horreur que cette femme a vécu. Je ne pense pas que noël sera particulièrement festif pour moi cette année mais je ne peux même pas imaginer ce que vivront les enfants et les proches de cette femme (et de cet homme!) pour leur "premier noël" sous le choc d'un deuil aussi dégueulasse.
Peu d'entre vous le savent mais j'ai travaillé une dizaine d'années comme "psychologue" canin spécialisé dans les troubles de comportements comme l'agressivité. Je faisais des consultations à domicile. J'avais appris avec un des plus grands spécialistes du domaine, un Éthologue formé à l'université en psychologie. C'était aussi une période difficile pour moi et j'étais pleinement engagé dans une démarche en thérapie et toutes sortes d'ateliers de croissance personnelle. À un moment donné je n'étais plus capable de poursuivre d'offrir des consultations à domicile pour enseigner aux propriétaires comment "corriger" les troubles de comportements de leurs chiens parce que souvent le chien n'avait pas vraiment de "problèmes"! Si j'amenais le chien chez moi il s'intégrait parfaitement et rapidement à ma meute de quatre chiens! Je n'étais plus capable de témoigner à quel point l'environnement de la famille était malsain. Aucune direction. Aucun "parents" "Alpha" meneurs et le chaos! Comment dire à des parents que le chien réagit comme il peut dans cet environnement toxique, que finalement c'est eux le problème et que je crains beaucoup plus pour leurs enfants que pour le chien !! C'est énorme comme sujet et je n'ai jamais réussi à trouver comment l'aborder comme je le souhaiterais et je ne saurais même pas comment rédiger un plan d'intervention pour toute la famille ! En plus que moi-même je n'ai même pas "réussi" un seul couple ni même une séparation et je n'ai aucune prétention d'avoir été le père "Alpha" parfait... la seule chose par contre c'est que je suis fier de mes trois garçons et je suis persuadé qu'ils ne seront jamais violent avec une femme. J'imagine qu'ils connaîtront toutes sortes d'émotions et ne seront pas "parfaits" eux non plus mais je leur fait 100% confiance. L'article de Martineau ne tient pas compte de la nuance entre la colère et la violence ? Il ne faut pas lever le ton?? Ça fait presque 25 ans que je médite p*s ça m'arrive encore de lâcher un "Tabarnak" émotif teinté de colère! La seule chose dont j'ai la certitude c'est que si je t'en lâche un en pleine face parce que je me suis senti blessé par un de tes comportements, je ne vais jamais te frapper! En plus j'ai appris avec le temps que la colère n'est pas souvent la "vraie" émotion... en dessous il y a toujours de la peine et de la tristesse! Ou une peur??
Je sais comment est créé un monstre aggressif Berger Allemand mais je n'ai jamais compris pourquoi que certains individus répondent mieux que d'autres pour que les comportements disparaîssent. C'est multifactoriel. La génétique. L'âge du sevrage et de la séparation de ses congénères. L'environnement. Le caractère. Le tempérament. Les traumatismes. Les déclencheurs. La socialisation. Les mises en situation "positives" ou "négatives" ce n'est pas toujours facile de dresser un profil comportemental pour un chien mais l'Homme c'est encore plus complexe ! Une portée de dix chiots et ils sont tous un peu différents même s'ils ont vécu dans exactement le même environnement en même temps. Souvent je crois que ce n'est pas le niveau de "toxicité" de l'environnement mais plutôt la résilience et la perception de l'individu qui vont déterminer les mécanismes de défense qu'ils vont développer et s'ils seront plus prédisposés à devenir dominants, neutre ou soumis, et ensuite comment ils exprimeront leur agressivité. C'est difficile de trouver la recette parfaite pour des chiens qui se développe 10 fois plus vite que les humains! Je vous pose la question: c'est quoi la recette parfaite pour éliminer la violence chez les humains ? Un chien "incontrôlable" ou "incorrigible" il y a une solution triste mais ultra rapide et super efficace! Pour les humains ont fait quoi??
Je crois que c'est en relation que l'on subit des blessures et c'est aussi en relation que l'on peut les guérir... en dialoguant avec empathie et dans le respect. Ce n'est pas en cherchant des coupables ni avec des jugements faciles envers un ni envers l'autre que l'on trouve des solutions. Ce qui est "inacceptable" pour certains ne l'est pas forcément pour d'autres. C'est beaucoup plus facile de fuire que d'établir des limites et d'apprendre à les faire respecter. À se faire respecter. D'apprendre à s'aimer! Je n'ai pas envie de dire à qui que ce soit quoi faire ni faire des généralisations faciles et gratuites... C'est facile d'en faire avec recul et après des faits aussi atroces mais souvent je pense que les signes d'une relation malsaine et leurs conséquences sont beaucoup plus subtils.
La souffrance et les moyens que l'on apprend pour la fuire, la nier ou s'en protéger sont souvent maladroits et maladaptés puisqu'ils ont souvent été appris très jeune avec un cerveau immature. Un petit gars de deux ans qui est terrifié de mourir en étant rejeté ou abandonné pourrait frapper ses parents à toutes ses forces... s'il continue de grandir dans un environnement toxique et apprend à réagir avec des comportements violents je ne crois pas que c'est en lui disant d'être respectueux qu'il va changer ! Je crois plutôt que c'est en lui donnant des modèles sains dès la naissance et pendant la petite enfance qu'il va pouvoir les intégrer et se créer une identité saine. J'imagine que la "prévention" devrait commencer par sensibiliser les parents de nouveaux nés! Des notions comme les stades de développement... les mécanismes de défense... les besoins d'un bébé... l'attachement... la sécurité... je ne ferai pas toute la liste et je n'ai même pas la prétention de toute la connaître mais je suis persuadé que des hommes violents ne sont que des bébés insécures de 18 mois dans le corps d'un adulte de 250 livres... leurs cerveaux ont tout simplement arrêté de faire des connections très jeune puisqu'ils ont fort probablement grandi dans la peur, leurs émotions ont probablement été invalidées de façon chroniques? Leurs pensées et leur curiosité ont été dénigrés? Finalement ils n'ont pas confiance en eux même, ni en l'environnement, ni en leurs proches. Ce ne sont pas des Hommes... ce sont des enfants avec des réactions d'enfants comme un petit gars de deux ans qui veut quelque chose et fait une "crise de centre d'achat" pour l'obtenir ou pour exprimer, de la seule façon qu'il s'ait comment, sa frustration... sa rage même!
Je crois aussi que les troubles de personnalité et les "maladies" mentale sont tellement stigmatisés et "tabous" que personne n'ose en parler donc rare sont ceux qui peuvent même les identifier et "diriger" ceux qui souffrent vers les bonnes ressources.
Bon. Je ne suis pas un expert ni un journaliste alors je ne vais pas écrire une thèse approfondie ni un article prolixe mais comme je mentionnais au début, c'est un sujet qui me touche beaucoup! Il n'y a pas juste les femmes qui souffrent de violence physique ou verbale et ce serait juste d'enseigner "comment vivre" en relation à tous les enfants de la même manière! À la fois très complexe mais j'aimerais croire qu'il pourrait être vraiment simple à régler en quelques générations en priorisant l'ouverture, le dialogue et les prises de conscience (individuelles et collectives!) tout en valorisant des valeurs comme l'amour inconditionnel, la douceur et l'empathie, la confiance et le respect, l'écoute active sans jugements, l'admiration et l'engagement... Tout ça au début entre les parents pour transmettre des modèles sains... Entre les parents et les enfants... entre nous tous... Bon ça ressemble un peu à des voeux de carte de noël ! Tant qu'à faire... Joyeux Noël a mon petit "village" virtuel Facebook ###