02/23/2026
Un peu plus d’un an après la mort de Gabriel Robillard, sa mère, Susie Langlois, met en cause l’hôpital qui l’avait pris en charge peu avant une série d’événements ayant mené à son décès. Elle estime que la situation aurait pu être évitée si son fils était resté sous observation et si les mesures prévues pour ce type de cas avaient été pleinement appliquées.
Gabriel Robillard, 25 ans, s’était présenté le 2 février à l’urgence de l’Hôtel-Dieu de Sorel en raison d’un important trouble de santé mentale. Le lendemain, en début de soirée, il a obtenu la permission de sortir à l’extérieur, accompagné d’une préposée, pour aller fumer. C’est à ce moment qu’il a pris la décision de quitter l’établissement à bord d’un taxi.
Par la suite, il aurait utilisé deux autres véhicules et parcouru plusieurs centaines de kilomètres, ce qui a entraîné une longue intervention policière. Le trajet s’est terminé le lendemain matin à Blainville, lors d’une collision impliquant un camion. Le décès de Gabriel Robillard a été confirmé le 6 février 2025, et le rapport de la coroner conclut à un polytraumatisme à la suite de cet événement, survenu alors qu’il se trouvait dans un état de psychose probable.
Dans son analyse, la coroner souligne plusieurs éléments ayant contribué au drame, notamment l’épisode psychotique aigu, la levée de la garde, l’octroi de privilèges de sortie et le fait que le jeune homme se retrouvait ensuite libre dans la communauté. La mère de Gabriel Robillard pointe particulièrement le fonctionnement du réseau de la santé et la décision du psychiatre qui aurait autorisé la sortie de son fils malgré les signes jugés préoccupants.
Elle déplore également de ne pas avoir été contactée par l’hôpital après le départ de Gabriel avec le taxi. Selon elle, même si son fils a posé des gestes lourds de conséquences, son état ne lui permettait pas de prendre des décisions éclairées et il ne devrait pas être perçu comme une personne ayant simplement agi de façon volontaire et lucide.
La Loi AP38, qui permet de garder une personne à l’hôpital sans son consentement pendant une période déterminée lorsqu’elle représente un danger sérieux et immédiat pour elle-même, n’aurait pas été utilisée dans ce dossier. La mère croit que le caractère volontaire de la démarche initiale de son fils a pesé dans la décision et que, malgré le souhait de l’urgentologue de le garder à l’hôpital, le psychiatre aurait choisi de ne pas recourir à cette disposition.
Pour Susie Langlois, son fils a été pris en charge dans un contexte de forte pression sur le réseau, où les dossiers se succèdent rapidement. Elle craint que d’autres personnes dans une situation semblable ne reçoivent pas l’accompagnement nécessaire. En rendant publique son histoire, elle souhaite que les pratiques entourant l’accueil et le suivi des personnes en détresse soient revues afin d’éviter que de telles situations se reproduisent.