01/15/2026
Cette semaine, j’ai rencontré des parents avec leur bébé. Un bébé de moins d’un an. Des parents fatigués, parce que bébé ne dort pas. Ils doivent se réveiller plusieurs fois par nuit pour le calmer. Il fait aussi des crises.
Quand il fait ses crises, il arque sa tête vers l’arrière, son cou, son dos, tout son corps en extension. C’est très marqué.
À l’examen, c’était clair qu’il y avait beaucoup de tensions présentes. Une tension générale élevée sur son système. Quelque chose de chargé, de contracté, qui demandait beaucoup d’efforts à son corps.
Le soin s’est fait tout en douceur. Dans la présence, dans le jeu, dans les sourires. Et au fur et à mesure que son corps réagissait au soin, on a senti un changement. On l’a vu aussi. Les parents l’ont vu dans ses yeux. Il était plus posé, plus calme, comme si quelque chose s’était relâché à l’intérieur.
Je dis toujours la même chose aux parents quand je vois un nouveau bébé. Dans mon expérience clinique, dans à peu près 90 % des cas, l’enfant est plus calme après le premier soin. Des fois, il va même bien dormir ou dormir plus longtemps. Mais il y a aussi un petit pourcentage, autour de 5 à 10 %, où le système réagit autrement au début. Parfois, ces bébés sont plus excités, ont plus d’énergie, et le sommeil peut être plus agité temporairement. Les parents étaient donc avertis.
Après le soin, le bébé s’est endormi dans la voiture et a fait une belle sieste, plus longue que d’habitude. Il a même fait une deuxième sieste dans l’après-midi, ce que la maman ne voit pratiquement jamais.
La nuit suivante, par contre, a été très difficile. Une de leurs pires nuits. Le bébé s’est réveillé énormément de fois. Les parents étaient épuisés. On s’est dit que ce bébé faisait probablement partie de ce petit pourcentage pour qui l’adaptation est plus intense au départ.
Et dans les jours qui ont suivi, les choses se sont replacées.
Le bébé a fait des nuits complètes.
Les parents étaient enfin plus apaisés, eux aussi.
Il y avait un élément important à l’examen, un drapeau rouge qui m’avait interpellée. Quand j’ai demandé à quel âge le bébé avait tenu sa tête, la maman m’a répondu :
« Depuis la naissance. On était tous impressionnés. »
Un bébé qui tient sa tête dès la naissance n’est généralement pas considéré comme un signe de maturité neurologique, mais plutôt comme un signe de tension déjà présente. Ça indique qu’il y avait quelque chose de sous-jacent dans le système dès le départ.
C’est impressionnant de voir comment, même très tôt, le corps fait tout ce qu’il peut pour s’adapter. Et quand certaines tensions commencent à se relâcher, quand le système peut fonctionner avec un peu moins de charge, les changements peuvent être importants.
Pas juste pour le bébé.
Pour toute la famille.
* La famille m’a autorisée à partager cette histoire, et la photo utilisée dans ce post ne représente pas ce bébé ; il s’agit d’une image provenant de notre site web.