01/10/2026
NON, TOUT NE SE JOUE PAS AVANT 6 ANS !
Cette croyance forte, qui nous traverse et impacte toute notre parentalité, est un immense fardeau collectif et culturel. Les parents se mettent une pression f***e à être et à donner le plus durant cette petite enfance, perçue comme rare et cruciale. Parfois jusqu’à y perdre leur santé, leurs propres objectifs et le sens profond de l’essentiel.
Devenir mère a presque tout changé pour moi. Un tsunami qui a profondément modifié toutes les sphères de ma vie. Ces bébés désirés, non seulement j’allais les aimer, mais je pousserais aussi toutes mes limites pour leur donner le mieux, le meilleur de moi-même, sans aucune carence, bien sûr.
Cela m’a menée directement à l’épuisement il y a 10 ans. Un mal-être profond, avec la culpabilité comme seul guide et une incapacité à redevenir flexible dans l’équilibre. J’avais promis qu’ils auraient tout et ne manqueraient de rien, puisque j’avais pris la décision de mettre des enfants au monde. Je me suis perdue en chemin. Moi, ma notion de plaisir. Moi et mes propres nuances.
Je me suis engagée sans réajuster. Et surtout, je n’étais plus moi-même. En pilote automatique, dans une disponibilité à l’extrême, avec une perte de repères et une incapacité à être réellement présente à l’instant. J’étais étouffée par mes engagements irréalistes.
Et puis, j’ai réalisé que pour mes enfants, j’avais toute la vie. Toute la vie pour leur offrir, pour les accompagner, pour approfondir la relation. Il n’est jamais trop t**d pour tenter ou améliorer certaines sphères. Il n’est jamais trop t**d pour aimer autrement.
Je n’étais plus capable de les garder à temps plein en plus de mon travail. Même en me forçant, je n’en retirais que de la fatigue supplémentaire et un immense vide, celui de ne pas être alignée avec mon idéal. J’aurais pu, j’aurais dû me dire que cette période serait transitoire. Cela m’aurait tant allégée.
Et ce temps a fini par arriver. À pas de velours, discrètement, sans avertissement. Chaque jour, je reprenais un peu le dessus, un peu de confiance. Je me sentais plus en contrôle, donc plus en sécurité. Ce temps où être à leurs côtés signifiait à nouveau du beau, de l’ancrage. Non pas faire pour faire, mais choisir consciemment d’être ensemble parce que cela m’habitait.
Il me reste encore des stigmates, évidemment, et des peurs lorsque les phases sont plus difficiles, quand je sens que je manque d’énergie et d’élan. Ce furent des temps très éprouvants. Et dans ces moments-là, je m’offre beaucoup d’indulgence. Je me dis que demain, le mois prochain ou l’année prochaine, je pourrai essayer encore de me rapprocher un peu plus de ce que j’envisage à leurs côtés. Je me laisse ce temps précieux de mûrir, de construire. Et en attendant, je nous ménage. Eux, en réduisant les attentes. Moi, en facilitant le quotidien pour me réconforter. Je peux être moi et les aimer tels qu’ils sont.
Les neurosciences le prouvent désormais, toute la vie, nous pouvons reconstruire nos connexions et réparer.
Mes intentions sont toujours bien vivantes. Et si certains essais sont « ratés », je diffère notre projet. Car c’est lui qui a du sens, dans son entièreté.
Être ensemble, partager et se nourrir de ce qui m’avait tant portée lorsque j’ai décidé que je serais leur maman ❤️.