14/09/2021
Le courage de changer
Il y a une dizaine d’années, j’ai dit à mon chauffeur qu’il se contentait trop de son salaire de 60 000 FCFA. Surpris, il a tout de même accepté de m’écouter.
Je lui ai expliqué que le permis de conduire n’était ni un diplôme ni une preuve de compétence exceptionnelle, car n’importe qui peut l’obtenir en moins de trois mois. Miser toute sa vie sur un apprentissage aussi court, c’est choisir la facilité. Ces paroles l’ont encore plus choqué, et il a cru que je le méprisais. Il m’a alors répondu qu’il était chauffeur faute de mieux.
Je lui ai rétorqué qu’il avait bel et bien le choix, mais qu’il lui manquait simplement du courage.
À l’époque, nous avions des travaux à Tinakoff, alors je lui ai suggéré d’apprendre à conduire une pelle hydraulique. Conduire un pick-up, c’est bien, mais un engin de chantier, c’est un autre niveau !
Il a accepté le défi, et huit mois plus t**d, il était embauché comme aide-conducteur chez COGEB avec un salaire de 150 000 FCFA.
Trois ans plus t**d, il a décroché un poste dans l’une des plus grandes sociétés de location de matériel, cette fois avec un salaire de 500 000 FCFA. Il est revenu me remercier.
Je lui ai alors dit qu’il pouvait aller encore plus loin s’il restait ambitieux et intelligent. Curieux, il m’a demandé comment.
Je lui ai conseillé d’apprendre la mécanique des pelles hydrauliques et d’épargner 300 000 FCFA par mois – soit 3,6 millions par an. En dix ans, il pourrait acheter sa propre pelle hydraulique neuve à 60 millions et générer entre 30 et 50 millions par an, tout en connaissant parfaitement sa machine.
Sinon, il pouvait aussi se satisfaire de ses 500 000 FCFA mensuels, partir à la retraite avec 700 000 FCFA, une villa et une voiture.
Depuis ce jour, il n’est jamais revenu me voir.
Le problème de beaucoup de gens
Nombreux sont ceux qui veulent changer, mais sans abandonner leurs mauvaises habitudes.
Beaucoup croient que décrocher un BTS, une Licence, un Master ou un Doctorat est un objectif en soi. Non ! Ce ne sont que des demi-preuves de compétence, parfois même insuffisantes, puisqu’on exige en plus de l’expérience.
Avez-vous déjà vu le nom d’un médecin sur une boîte de médicaments ? Non ! Mais celui de la firme, oui.
Certains se plaignent de ne pas trouver d’emploi "dans leur domaine", oubliant que ce domaine n’est qu’un des secteurs où ils ont étudié. Leur diplôme devient alors un fardeau au lieu d’un atout.
L’avantage de ceux qui n’ont pas de "grands diplômes", c’est qu’ils sont décomplexés et apprennent rapidement dans des domaines qui servent leurs vrais objectifs : gagner de l’argent, construire un patrimoine et mener une vie épanouie.
Le manque de courage : un frein à l’évolution
Tout le monde est conscient de ses échecs, mais très peu osent explorer de nouveaux horizons.
Beaucoup restent piégés dans un travail ou une relation qui les rend malheureux, faute d’audace. Ils passent ainsi leur vie à subir, sous le poids de leurs peurs.
C’est aussi le cas dans la religion : certains se sentent oppressés mais n’ont ni le courage ni la lucidité de se libérer.
J’entends souvent : "On ne quitte pas un travail avant d’en trouver un autre." C’est comme un singe qui s’accroche à une branche avant d’oser sauter sur la suivante.
Résultat ? Ces personnes acceptent toutes les humiliations, simplement parce qu’elles n’ont pas le cran de dire "STOP, ça suffit !"
Le Rwanda et la Russie sont critiqués, mais respectés, car leurs dirigeants ont eu le courage d’imposer leur vision.
Prendre ses responsabilités
Le courage commence par vous-même :
Manger sainement, sans alcool ni tabac.
Éloigner les relations toxiques, remplies de jalousie et de trahison.
Arrêter de dépendre des parents à 23-27 ans sous prétexte d’apprendre à investir.
Au lieu de perdre du temps, commencez par :
Laver des voitures.
Ramasser des ordures.
Payer votre propre loyer et nourriture.
Vendre la moto et prendre un vélo.
Couper des fleurs.
Apprendre à conduire des engins de chantier.
Acquérir un vrai métier.
En bref : DEVENEZ ADULTES.
Si vous avez lu jusqu’ici et que vous avez apprécié, dites juste "merci" à celui qui a pris le temps d’écrire ces lignes.