04/04/2026
Prochaine conférence en ligne
«Peindre l’éternité : Le métier de scribe des formes au Nouvel Empire»
présentée par Alix Frauchiger, doctorante en égyptologie (U. de Genève)
Samedi 11 avril à 13h (heure de Montréal)
Hyperlien Zoom : https://us06web.zoom.us/j/83727814259
Tout au long de l’histoire de l’Égypte ancienne, les peintres ont décoré temples, tombes, papyri et objets, laissant des images parvenues jusqu’à nous grâce au climat sec du désert. Ces peintures, qui fascinent encore aujourd’hui, ne relevaient pas uniquement de l’art décoratif ; elles étaient aussi considérées comme performatives, en ce sens que l’on prêtait aux peintres le pouvoir de créer et d’animer des images. Désignés par le terme égyptien zš-qdw, les peintres possédaient ainsi un rôle créateur, essentiel aux pratiques religieuses et à la vie sociale, au même titre que les scribes et les prêtres.
Au Nouvel Empire (1543-1078 av. J.-C.), la production picturale dans les tombes et sur les objets semble s’être considérablement accrue, particulièrement dans la région thébaine. Le village de Deir el-Médina, fondé pour accueillir les artisans chargés d’édifier et de décorer les tombes royales a livré une abondante documentation sous forme d’ostraca, graffitis, papyri ou inscriptions murales. Il ne s’agit pas de textes officiels mais d’écrits du quotidien rédigés de manière concise : listes de présence, distributions de denrées, rapports de travail quotidien, correspondances et prières.
L’étude des peintres égyptiens s’est longtemps appuyée sur leurs œuvres, révélant leur travail collectif et leurs expressions individuelles. Cette conférence propose de préciser la définition du métier de zš-qdw au Nouvel Empire en exploitant les sources écrites dans une perspective philologique (prosopographique, lexicographique et textuelle). Il s’agira d’éclairer leurs tâches concrètes, leur organisation professionnelle, leur formation, ainsi que leurs relations avec les institutions et les commanditaires.