17/12/2025
La semaine dernière au CHUV, j’ai entendu des médecins et scientifiques dire des choses que la science n’ose pas toujours formuler à voix haute.
En ouverture du symposium intitulé “C𝗼𝗻𝘀𝗰𝗶𝗲𝗻𝗰𝗲 𝗲𝘁 𝗴𝘂é𝗿𝗶𝘀𝗼𝗻”, la 𝗗𝗿𝗲 𝗔𝗻𝗻𝗲 𝗗𝗮𝗹𝗹𝗲 𝗔𝘃𝗲 pose une question simple et vertigineuse :
𝗤𝘂’𝗮𝗽𝗽𝗲𝗹𝗼𝗻𝘀-𝗻𝗼𝘂𝘀 𝗴𝘂é𝗿𝗶𝗿 ?
Pendant des décennies, la réponse dominante semblait évidente.
𝗚𝘂é𝗿𝗶𝗿 = 𝗿𝗲𝘁𝗼𝘂𝗿 à 𝘂𝗻𝗲 𝗻𝗼𝗿𝗺𝗮𝗹𝗶𝘁é 𝗽𝗵𝘆𝘀𝗶𝗼𝗹𝗼𝗴𝗶𝗾𝘂𝗲.
Ce cadre s’appuie sur une science du vivant historiquement 𝗺é𝗰𝗮𝗻𝗶𝘀𝘁𝗲 et centrée sur l’organe, le symptôme, le protocole.
Il a permis des progrès considérables.
Et pourtant…
Quand on écoute vraiment les patients,
quand on observe la 𝗱𝗼𝘂𝗹𝗲𝘂𝗿,
quand on s’aventure sur la question de l’𝗲𝘅𝗽é𝗿𝗶𝗲𝗻𝗰𝗲 𝘀𝘂𝗯𝗷𝗲𝗰𝘁𝗶𝘃𝗲,
on se heurte à un mur que la médecine ne sait expliquer…
La Dre Dalle Ave a rappelé l’ampleur du difficile problème de la conscience -“h𝗮𝗿𝗱 𝗽𝗿𝗼𝗯𝗹𝗲𝗺 𝗼𝗳 𝗰𝗼𝗻𝘀𝗰𝗶𝗼𝘂𝘀𝗻𝗲𝘀𝘀”- formulé par 𝗗𝗮𝘃𝗶𝗱 𝗖𝗵𝗮𝗹𝗺𝗲𝗿𝘀.
Ce point de bascule où l’on comprend le mécanisme (on peut cartographier des processus neuronaux) sans expliquer pleinement le passage au vécu conscient et pourquoi il est 𝗿𝗲𝘀𝘀𝗲𝗻𝘁𝗶…
Puis sa proposition m’a particulièrement plu.
𝗚𝘂é𝗿𝗶𝗿 𝗰𝗼𝗺𝗺𝗲 𝘁𝗿𝗮𝗻𝘀𝗳𝗼𝗿𝗺𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗰𝗼𝗻𝘀𝗰𝗶𝗲𝗻𝗰𝗲, selon 5 piliers principaux :
𝗨𝗻𝗲 𝗮𝘂𝘁𝗿𝗲 𝗺𝗮𝗻𝗶è𝗿𝗲 𝗱’ê𝘁𝗿𝗲 - joie, calme, sens vs tristesse, anxiété, colère,
𝗱𝗲 𝗰𝗼𝗻𝗻𝗮î𝘁𝗿𝗲 - faire l’expérience vs jugement,
𝗱’𝗮𝗶𝗺𝗲𝗿 - l’amour comme force de transformation,
𝗱’𝗲𝗻𝘁𝗿𝗲𝗿 𝗲𝗻 𝗿𝗲𝗹𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 – à soi, à l’autre, à la nature, la société et pour certains, au 𝘁𝗿𝗮𝗻𝘀𝗰𝗲𝗻𝗱𝗮𝗻𝘁
𝗲𝘁 𝗱’𝗮𝗴𝗶𝗿 - faire le bien non plus par devoir ou par norme, mais comme fruit naturel de la guérison intérieure.
Elle rappelle que même dans la 𝗺𝗮𝗹𝗮𝗱𝗶𝗲 𝗰𝗵𝗿𝗼𝗻𝗶𝗾𝘂𝗲 ou en 𝗽𝗵𝗮𝘀𝗲 𝘁𝗲𝗿𝗺𝗶𝗻𝗮𝗹𝗲, l’idée d’une guérison est possible, par la 𝗽𝗮𝗶𝘅, la réconciliation, le 𝘀𝗲𝗻𝘀, l’ouverture au mystère... et que les résultats sur la santé sont imprévisibles.
Ont été évoquées des voies concrètes : 𝗣𝗿é𝘀𝗲𝗻𝗰𝗲, 𝗰𝗼𝗻𝘁𝗲𝗺𝗽𝗹𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻, 𝗺é𝗱𝗶𝘁𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻, 𝗽𝗿𝗶è𝗿𝗲, 𝗺𝗼𝘂𝘃𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁, 𝗻𝗮𝘁𝘂𝗿𝗲, 𝗺𝘂𝘀𝗶𝗾𝘂𝗲, 𝗮𝗿𝘁.
Je travaille sur ces liens entre santé, psychologie et états de conscience depuis des années.
Mais entendre ces débats au sein d’une institution comme le CHUV m’a profondément touchée.
Comme si un espace plus large s’ouvrait enfin au coeur de la médecine.
Une médecine plus complète a besoin d’un langage clinique qui puisse accueillir à la fois
les 𝗶𝗻𝗱𝗶𝗰𝗮𝘁𝗲𝘂𝗿𝘀 𝗯𝗶𝗼𝗹𝗼𝗴𝗶𝗾𝘂𝗲𝘀 (mesurables, objectivables)
et les 𝘁𝗿𝗮𝗻𝘀𝗳𝗼𝗿𝗺𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀 𝗶𝗻𝘁𝗲𝗿𝗻𝗲𝘀 (intimes, vécues).
Guérison du corps et/ou de l'esprit? Quelle définition vous semble la plus juste? Partagez votre expérience/vision personnelle de la guérison en commentaire, je vous lis avec attention.