24/02/2026
🌿 Recevoir l’amour demande parfois un travail intérieur
Dans la culture occidentale, la dépendance est souvent perçue comme une perte d’autonomie, voire comme une fragilité. L’idéal valorisé est celui d’un individu indépendant, capable de se suffire à lui-même. Cette représentation s’appuie sur une conception du corps comme une entité séparée, clairement délimitée, identifiée comme le siège exclusif de l’identité. Dans cette perspective, l’autonomie apparaît comme une condition de stabilité et de sécurité.
Pourtant, l’observation clinique et l’expérience corporelle révèlent une réalité différente. Le corps ne se développe ni ne se régule en isolement, mais au sein d’un champ relationnel permanent. Le système nerveux, les processus affectifs et les fonctions physiologiques se modulent continuellement dans l’interaction avec l’environnement et avec autrui. Ce que nous appelons autonomie émerge, en réalité, d’une matrice d’interdépendance.
Cette interdépendance ne relève pas uniquement de la sphère psychologique ou relationnelle ; elle constitue une propriété fondamentale du vivant. À l’image des systèmes du corps, qui ne peuvent fonctionner qu’en coordination réciproque, l’être humain existe au sein d’un réseau de régulations mutuelles. La capacité à se sentir en sécurité, à s’autoréguler et à se transformer dépend largement de la qualité de ces ajustements relationnels.
🌸 Pourtant, la capacité à se sentir relié à autrui peut se fragiliser, voire se suspendre. Recevoir la compassion peut s’avérer difficile, en particulier lorsque vous vous trouvez dans la position de celui ou celle qui a besoin. Cette position confronte à la vulnérabilité, parfois même à un sentiment d’exposition.
Lorsque le sentiment de connexion s’altère, des états comme la colère ou le ressentiment peuvent émerger. Ils constituent souvent des réponses protectrices face à des expériences plus vulnérables : la peur, la solitude ou le sentiment d’impuissance.
Dans ces moments de retrait ou de fermeture, une première étape consiste à reconnaître les barrières qui se sont progressivement mises en place entre vous et les autres. Ces barrières ne sont généralement pas intentionnelles ; elles apparaissent comme des formes de protection face à des expériences perçues comme menaçantes ou insuffisamment contenantes.
🍃 Le développement de la compassion envers soi-même, notamment à travers un accompagnement psychothérapeutique, permet de reconnaître ces états internes avec davantage de clarté et de stabilité. Cette qualité de présence soutient l’émergence d’une relation plus sécurisante avec vous-même, à partir de laquelle il devient possible de répondre à vos besoins avec justesse et douceur.
La Dre Kelly Turner (2015), qui a étudié des patients ayant connu des rémissions inattendues, observe que presque tous décrivent l’amour reçu comme ayant contribué de manière significative à leur guérison physique. Pour certains, cette expérience a constitué une révélation : ils n’imaginaient pas que l’amour puisse produire des effets aussi tangibles au niveau du corps.
🌿 Lorsque vous permettez aux autres de vous offrir leur compassion, vous participez à un mouvement plus vaste : celui de la compassion elle-même. En acceptant de recevoir, vous contribuez à maintenir vivant le tissu relationnel qui soutient l’existence humaine.
Pour aller plus loin :
www.therapie-en-mouvement.ch