17/01/2026
L’alimentation anti‑cancer
Les preuves cliniques qui révèlent comment nos choix alimentaires peuvent se transformer en véritable médecine préventive.
La révolution dans l’assiette : comment le régime méditerranéen « entraîne » notre ADN à se défendre contre le cancer.
AG RIZZO
Le cancer : quand la prévention commence dans l’assiette
Le cancer demeure une maladie complexe, issue d’une interaction étroite entre nos gènes et notre environnement. Pourtant, la prévention se limite encore trop souvent au seul dépistage. Il existe toutefois un levier puissant, accessible à chacun : notre mode de vie. Et parmi ses composantes, l’alimentation joue un rôle majeur dans la prévention primaire des cancers.
De l’aliment miracle au modèle alimentaire
Les recherches des dernières décennies ont progressivement abandonné la quête du « super‑aliment » isolé au profit d’une vision globale : celle des modèles alimentaires. Parmi eux, le régime méditerranéen se distingue comme le modèle le plus solidement associé à une réduction du risque oncologique.
Plus qu’un héritage culturel, il s’agit d’un véritable modèle de santé publique. Une méta‑io publiée dans Nature Reviews Cancer en 2023 a confirmé qu’une alimentation riche en légumes, fruits, céréales complètes, légumineuses, huile d’olive vierge extra et poisson — et pauvre en viandes rouges et surtout transformées — est associée à une baisse significative du risque de cancer colorectal, mammaire et prostatique.
Les mécanismes protecteurs du régime méditerranéen
Les effets bénéfiques de ce modèle s’exercent à plusieurs niveaux biologiques :
• Action anti‑inflammatoire : les polyphénols de l’huile d’olive contribuent à réduire l’inflammation chronique, facteur de risque reconnu dans la cancérogenèse.
• Modulation du microbiote : les fibres alimentaires favorisent la prolifération de bactéries bénéfiques produisant des acides gras à chaîne courte (comme le butyrate), qui protègent la muqueuse colique.
• Régulation épigénétique : certains nutriments agissent comme signaux capables de modifier l’expression de gènes protecteurs (notamment les gènes suppresseurs de tumeurs), sans altérer le code génétique lui‑même.
Ces interactions illustrent comment les choix nutritionnels peuvent influencer directement la biologie cellulaire et le risque tumoral.
Une prévention accessible à tous
Parler de cancer suscite souvent inquiétude et fatalisme. Pourtant, la prévention passe avant tout par des gestes simples et durables. Remplacer les graisses saturées par de l’huile d’olive, augmenter la part des légumes et des légumineuses, et limiter les viandes transformées : autant d’habitudes faciles à adopter sur le long terme.
L’alimentation n’est qu’un pilier parmi d’autres , avec l’activité physique régulière et l’arrêt du tabac , mais elle constitue un levier essentiel de santé publique.
En définitive, notre assiette n’est pas seulement une source d’énergie : c’est une véritable stratégie de prévention, un acte de soin et de responsabilité envers notre santé future.