Ngoumela Fondji - NDI SI

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Je lutte pour la réappropriation de nos us et coutumes, de notre identité individuelle, culturelle, cultuelle et spirituelle de notre TERRE MÈRE, Khatiopia (KAMA)

*Texte : La MÈRE, la plaie au cœur de la discorde familiale*Qu’est-ce qui noue une famille, et qu’est-ce qui la tient de...
02/02/2026

*Texte : La MÈRE, la plaie au cœur de la discorde familiale*

Qu’est-ce qui noue une famille, et qu’est-ce qui la tient debout quand les vents se lèvent ?
Ce n’est ni l’abondance des biens, ni la force des noms, ni même l’autorité du père. Le nœud et le liant, c’est la mère. Celle qui est censée veiller à la cohésion invisible de la maison, à la juste coordination des places et des liens.

La mère est gardienne du feu intérieur.
Elle est celle qui maintient la flamme allumée lorsque les voix se taisent et que les murs n’abritent plus que des silences. Dans l’ordre symbolique, elle est la calebasse sacrée, dépositaire du feu ardent des ancêtres. Ce feu ne lui appartient pas. Il lui est confié pour être transmis, protégé, maintenu vivant sans être accaparé.

Lorsque le père faillit, lorsque le Lion chute ou s’égare, la famille peut encore tenir. La blessure est visible, le choc est frontal. Mais lorsque la mère se trompe, lorsqu’elle s’égare dans sa mission, la fracture devient souterraine. Elle ne crie pas. Elle s’installe. Elle se diffuse.

La mère est la Lune.
Elle veille dans la nuit, reçoit le Soleil lorsqu’il descend de son trône pour se reposer à ses pieds. Autour d’elle gravitent les étoiles : les enfants, les lignages à venir, cherchant conseil, orientation, protection. De sa lumière dépend la trajectoire de chacun.

Mais toutes les lunes n’éclairent pas.
Certaines ne font que réfléchir une clarté trompeuse.

Aujourd’hui, trop de mères portent des calebasses vides. La forme est là, intacte, respectée. Mais le feu s’est éteint. Elles donnent l’apparence de la fonction sans en porter la substance. Elles laissent croire à une présence là où il n’y a plus qu’un rôle joué.

Alors la transmission se pervertit.
Au lieu d’engendrer la cohésion, elle sème la discorde. Au lieu de produire des héritiers enracinés, elle fabrique des enfants livrés à eux-mêmes, des aînés sans retenue, des lignages minés par la rivalité et la prédation.

Si la famille est aujourd’hui divisée en son sein, ce n’est pas par hasard.
C’est parce que le feu central a vacillé. Parce que la mère — volontairement ou non — n’a plus assuré la garde du foyer symbolique. Là où elle aurait dû contenir, elle a laissé dériver. Là où elle aurait dû transmettre avec justesse, elle a laissé s’installer la confusion.

La discorde n’est pas née d’un jour.
Elle est le fruit d’un feu mal gardé.

Et tant que cette défaillance ne sera pas reconnue pour ce qu’elle est — non comme une faute morale, mais comme une rupture symbolique — la famille continuera de se déchirer autour d’un centre devenu creux, cherchant dans les cendres ce qui aurait dû rester vivant.

Ngoumela Fondji - NDI SI

*Texte : LE COUPLE SE MEURT*Au départ, tout paraît banal. Une ruelle, elle achète les vivres frais, minutieusement, selo...
01/02/2026

*Texte : LE COUPLE SE MEURT*

Au départ, tout paraît banal. Une ruelle, elle achète les vivres frais, minutieusement, selon la liste de sa mère. Ses gestes sont précis, son attention, soutenue. Tu es séduit, fasciné, et tu projettes déjà l’avenir : si cette rigueur se déploie dans les choses essentielles, le couple tiendra.

Tu te reprends. Tu souris à ton propre fantasme. Les illusions hollywoodiennes sont trop parfaites pour la réalité. Pourtant, quelque chose de subtil s’installe, imperceptible : l’harmonie apparente qui précède toujours l’infiltration de la fissure.

Puis vient la rencontre. Par hasard ou par dépit, tu croises son chemin lors d’une réception. Cynique, sûr de ton charme, tu avances avec désinvolture. Elle n’est ni provocante ni naïve. Ses principes tracent une limite, un rythme que tu ne peux briser. Cette lenteur, cette réserve, te séduisent et t’apaisent. Ton rugueux s’adoucit. Ton cynisme s’effrite. Ceux qui t’entourent le remarquent avant toi.

Tu ignores alors l’invisible : ses blessures passées, ses traumatismes enfouis. Ton attention se concentre sur la lumière qu’elle apporte, pas sur l’ombre qui la traverse. Tu avances, heureux, aveugle aux fissures.

Puis le mariage. La cohabitation. La même maison. La même chambre. L’intimité quotidienne révèle ce que le flirt ne montrait pas : des comportements discordants, des attentes non partagées, des besoins silencieusement conflictuels. La vie commune exige une réinitialisation que vous n’avez pas anticipée. Chaque détail devient un révélateur de tension : une assiette mal rangée, une remarque anodine, un silence prolongé.

Les fissures deviennent des infiltrations. Lentement. Sans bruit. Elles passent entre les mailles du dialogue, s’installent dans l’espace de l’ordinaire. Tu es percuté intérieurement, non par un choc unique, mais par des micro-impacts continus, compressant ton esprit et ton cœur comme une masse invisible qui broie la structure intime.

Tu es suspendu, entre ciel et terre, sans outils, sans protection, sans repères pour amortir le lent effondrement. Les ajustements deviennent des contraintes. Les compromis, des prisons invisibles. Chaque journée ordinaire grignote un peu plus l’énergie vitale du couple.

Tu découvres alors la nature de l’agonie : elle n’a pas de cri, pas d’explosion, pas de rupture spectaculaire. Elle se glisse dans les gestes, les habitudes, les silences. Elle ronge la confiance, érode la complicité, dissout les liens affectifs. Les conversations se raréfient, remplacées par la routine, la tolérance contrainte et l’indifférence passive.

Petit à petit, l’harmonie s’efface. L’émerveillement devient habitude. L’attention devient exigence. La tendresse devient formalisme. Et toi, spectateur et acteur, tu observes sans pouvoir stopper le processus. Chaque jour ajoute sa couche à la fatigue psychique, chaque geste renforce l’usure silencieuse.

Le couple ne meurt pas d’un événement.
Il meurt d’une accumulation imperceptible.
Il se consume à feu doux, dans la lenteur des jours, dans la répétition des gestes et des silences.
Il s’éteint par infiltration, par compression, par saturation invisible.

Il ne crie pas. Il se dissout.
Il ne s’effondre pas. Il disparaît dans la vie même qu’il avait construite.

Ngoumela Fondji - NDI SI

30/01/2026

Lorsque le CAPITALISME pointe son nez, LE SANG COULE MALHEUREUSEMENT TOUJOURS

30/01/2026

La signification du SEL utilisée lors des rituels

LES RELIGIONS NE NOUS ONT RIEN APPORTÉES
29/01/2026

LES RELIGIONS NE NOUS ONT RIEN APPORTÉES

*Texte : LE MARIAGE EST UNE MISE À MORT POUR LES NAÏFS*Avant d’être une institution, le mariage était *un aboutissement ...
29/01/2026

*Texte : LE MARIAGE EST UNE MISE À MORT POUR LES NAÏFS*

Avant d’être une institution, le mariage était *un aboutissement rituel.* On n’y entrait pas par désir, mais par autorisation. L’homme et la femme y arrivaient après avoir été travaillés, corrigés, éprouvés, parfois brisés, puis réassemblés.

Le rite ne servait pas à célébrer l’amour.
Il servait à fabriquer des sujets capables de supporter le mariage.

Ce dispositif était collectif. Il impliquait les anciens, les lignées, les interdits, les sanctions. Il construisait des corps capables de contenir la frustration, des esprits capables de différer, des affects capables de ne pas tout détruire au premier choc.

Ce cadre a été disqualifié.
Ridiculisé.
Désacralisé.

On l’a remplacé par une idéologie de la liberté individuelle, du choix amoureux et de l’épanouissement personnel. La culture a cessé de préparer. Elle s’est contentée de permettre. Le rite est devenu folklore. La transmission, une option. La contrainte, un scandale.

C’est ainsi que le naïf est né.

Le naïf n’est pas stupide.
Il est non préparé.

Il entre dans le mariage avec les outils de la relation amoureuse. Il pense continuité là où il y a rupture. Il croit prolonger le plaisir alors qu’il s’engage dans une structure de régulation violente des pulsions, des lignées et des intérêts.

Le naïf ne voit pas le champ de forces. Il ne voit pas les familles, les dettes symboliques, les conflits non réglés, les stratégies silencieuses. Il arrive nu dans un espace codé.

Son père est déjà enlisé dans une guerre conjugale non digérée. Sa mère protège ses intérêts. Les oncles observent. Les frères se taisent. Lui croit aimer. Il confond l’émotion avec la capacité.

Dans ce vide rituel, chacun joue pour soi. Si l’autre n’a pas les outils pour se défendre, on avance. On teste. On pousse. Ce n’est pas toujours de la méchanceté. C’est de la logique structurelle.

Le mariage devient alors un espace verrouillé. Le naïf n’a plus de sortie symbolique. Il n’a pas de tiers pour trancher, pas d’autorité pour contenir, pas de cadre pour décharger l’excès d’énergie.

Il ne lui reste que deux options :
la mise à mort symbolique,
ou l’éveil forcé.

Le coup ne vient jamais de face. Il frappe parce que la structure intérieure était vide. Les crises ne créent pas les failles. Elles les exposent.

À ce stade, la naïveté devient une dette. Elle se paie par l’échec, la violence ou l’effondrement. À moins que l’homme n’invoque autre chose que lui-même : une lignée, une autorité, une mémoire capable de restaurer un cadre.

Est-ce facile ?
Non.

C’est le destin d’une génération privée de rites, projetée dans le mariage comme dans une mer sans rive. Beaucoup y meurent symboliquement. Quelques-uns apprennent à nager à contre-courant.

Le mariage ne détruit pas.
Il révèle.

Mais sans rites, il abat.

Ngoumela Fondji - NDI SI
Ngoumela Fondji

28/01/2026

*Texte : LA SOLITUDE DU ROI*

_Chronique d’une naissance cosmique_

Le Roi n’est jamais seul par accident.
Il est isolé parce qu’il est en cours de fabrication.

Dans toutes les sociétés enracinées, le chef véritable est séparé des autres non par orgueil, mais par nécessité cosmique. La solitude est le creuset où la matière humaine est dissoute afin que la fonction sacrée puisse émerger. Celui qui refuse cette solitude est broyé. Celui qui la traverse est consacré.

Après mon mariage, j’ai cru que l’ordre revenait.
J’ai cru que la chaîne de transmission se refermait enfin sur elle-même.

Mon père — l’adjudant-chef Fondji — était revenu dans mon champ de vie. Sa présence n’était pas seulement paternelle : elle était tellurique. Il incarnait la Loi debout, la mémoire vivante, la colonne vertébrale de la lignée. À travers lui, je pensais recevoir protection, stabilité et orientation. Le Lion avait repris sa place et je pouvais marcher à l’ombre de sa crinière.

Je n’ai pas compris que le Lion était venu non pour rester, mais pour me pousser hors de l’abri.

Il parlait déjà depuis l’autre rive.
Ses paroles étaient des sceaux.
Ses silences, des testaments.

L’initié ne comprend jamais sur le moment. Il célèbre ce qui, en réalité, le dépouille. La joie des retrouvailles masquait la mécanique du retrait. Mon père se retirait du monde visible pour me livrer nu au monde invisible. La filiation biologique touchait à sa fin ; la filiation cosmique commençait.

Il devait m’enseigner, pensais-je.
Mais l’enseignement n’est jamais verbal.
Il devait me guider.
Mais le guide disparaît toujours au seuil.

Quand il a franchi le miroir, j’ai compris trop t**d que l’absence n’était pas un manque, mais une opération.

J’ai cherché des relais humains. Ils ont tous échoué.

La famille maternelle, vidée de sa fonction symbolique, réduite à l’économie de la prédation. La famille paternelle, infestée de dettes émotionnelles, de rancœurs non transmutées, de tentatives de capture de la fonction royale. La belle-famille, masquée par les rites, mais incapable de soutenir celui qui se verticalise réellement.

C’est une loi immuable :
quand un homme commence à s’extraire de la masse, la masse cherche à le ramener à elle.

J’ai alors été laissé nu devant le vide.
Sans père.
Sans clan.
Sans garant.

C’est là que le processus commence vraiment.

Le chaos n’est pas une erreur du monde.
C’est son laboratoire.

Mon corps a lâché avant mon esprit. Les larmes ont ouvert la porte que la raison maintenait fermée. Ce n’était pas une crise émotionnelle : c’était un effondrement rituel. Le barrage intérieur a cédé et les eaux profondes ont repris leur cours ancien. Je suis entré dans la grotte — non celle du désespoir, mais celle de la gestation.

Et c’est là que l’Ancien est apparu.

Mon père ne venait plus seul.
Il était porté par la lignée entière.

Il n’était plus un homme : il était une fonction ancestrale activée. Derrière lui se tenaient ceux dont les noms ne se prononcent plus, mais dont la présence structure encore le réel. Il m’a parlé depuis l’axe du monde :

« Je suis parti pour que tu cesses de t’appuyer sur la forme et que tu accèdes à la force. La graine ne germe qu’enterrée. Il fallait que tu sois livré à la Terre afin qu’elle te nourrisse, que RÂ t’irradie, et que la transmutation s’opère. »

Alors j’ai compris :
je n’étais pas abandonné, j’étais incubé.

Le Roi n’est pas entouré : il est habité.

La lignée n’est pas derrière lui : elle est en lui.
Les ancêtres ne protègent pas : ils opèrent.
Ils veillent non par affection, mais par Loi.

La solitude du Roi est le lieu de la jonction entre le ciel et la terre, entre le visible et l’invisible. Là où l’homme ordinaire s’effondre, le Roi s’axe. Là où l’individu réclame du soutien, la fonction reçoit une charge.

Porter le sceptre n’est pas gouverner les autres.
C’est survivre à la solitude sans se dissoudre.

Celui qui a traversé cela ne cherche plus de béquilles humaines. Il marche relié à l’axe cosmique, responsable non de son confort, mais de la continuité du monde.

La solitude n’est pas la fin du Roi.
Elle est sa naissance.

Ngoumela Fondji - NDI SI
Edith Brou
Cristiano Ronaldo

*Texte : Le monument de la polémique financière*Il m’a été rapporté par une amie que j’estime profondément que le monume...
27/01/2026

*Texte : Le monument de la polémique financière*

Il m’a été rapporté par une amie que j’estime profondément que le monument érigé en mémoire de mon père m’aurait fait entrer, selon la rumeur, dans le cercle fermé des hommes influents de ce pays. Des hommes riches. Des hommes intouchables. Des hommes qui mentent quand ils disent manquer d’argent.

J’ai éclaté de rire.
Un rire franc, incontrôlable, presque déplacé.
Elle s’est demandé si ce qu’elle disait relevait du délire. Je l’ai rassurée : ce rire n’était pas un déni de sa parole, mais l’incapacité momentanée de mon esprit à intégrer l’ampleur de ce qu’elle me révélait.

Elle m’a alors expliqué que, depuis ce monument, beaucoup me perçoivent comme un milliardaire cynique, jouant la comédie de la modestie. Un homme qui se moque des autres en prétendant n’avoir rien, alors qu’il aurait dépensé des millions pour honorer son père.

Les spéculations allaient bon train.
Elle comparait avec l’expérience de son compagnon : pour un monument bien plus modeste, toute sa famille, proche et éloignée, avait dû cotiser, pour un résultat jugé médiocre au regard du mien. La conclusion semblait évidente pour eux : j’avais nécessairement fait appel à un expert venu des États-Unis, financé son séjour, ses nuitées, sa restauration, et bien plus encore.

C’est à ce moment précis que j’ai commencé à me gratter la tête.
Non par doute, mais par lucidité t**dive.

Des scènes me sont revenues, que j’avais jusque-là reléguées au rang d’anecdotes isolées.

L’adjudant-chef LÉLÉ m’avait dit, sans détour, que ce monument prouvait deux choses : mon amour pour mon père, certes, mais surtout que j’avais beaucoup d’argent.

Une tante paternelle, depuis la France, m’avait appelé pour me dire que j’avais, par cet acte, « fermé le clapet » des riches autoproclamés de la famille, ceux qui avaient refusé de contribuer. Elle ajouta que, désormais, je devais prendre certaines dispositions : j’étais devenu, malgré moi, une élite. Une voix autorisée. Quelqu’un qui compte.

Même le monumentaliste m’avait mis en garde. Le village se réjouissait, oui, mais une jalousie toxique circulait déjà, rampante, dans les cœurs et les cours des maisons.

C’est alors que j’ai compris :
ce monument avait déplacé les lignes.

Sous l’impulsion des ancêtres — et notamment de Fondji Patrick, le grand-père maternel de mon père, l’adjudant-chef Fondji — je me suis lancé dans cette aventure. Pourquoi un monument ? Je suis incapable de fournir une réponse rationnelle satisfaisante. Ce n’était pas une décision stratégique. C’était une injonction. Un vœu ancestral. Je n’ai été qu’un instrument.

C’est dans ce déploiement d’énergie que j’ai rencontré le TOTEM de mon arrière-grand-père. Il m’a porté tout au long de ce chemin, car j’étais seul. Isolé. Abandonné.
Aucune contribution familiale.
Aucun soutien financier.
Rien.

Et pourtant, mon père avait consacré sa vie à soutenir, gérer, maintenir de nombreux foyers. En retour : le désert.

Aujourd’hui, ce même désert s’agite.
Les convoitises émergent.
Les récits se tordent.
On affirme que je ne pourrai plus jamais recevoir d’aide financière de qui que ce soit, tant cette réalisation prouverait mon opulence supposée.

Je suis partagé entre l’envie de pleurer et celle de m’élever au-dessus de tout cela.

La vérité est simple, presque indécente dans sa simplicité :
le monumentaliste, NZOFOUG MAWU E., m’a fait une fleur d’une beauté rare. Touché par la sincérité de mon engagement et par la folie sacrée de vouloir honorer mon père, il a réalisé ce travail pour un franc symbolique. Un acte de dignité. Un acte d’homme libre.

Une voisine, à Douala, m’a demandé si ce monument venait des États-Unis.
Voilà où nous en sommes.

Ces situations révèlent l’imaginaire chaotique dans lequel nous évoluons.
L’Oxydant (L'OCCIDENT) nous a inculqué l’idée que l’excellence ne peut venir que d’ailleurs, que la beauté suppose l’argent, que la noblesse est forcément financière, que la classe est héréditaire ou importée.

J’ai osé.
Sous l’impulsion des ancêtres.

Et aujourd’hui, j’ai reçu mon salaire.
Pas en billets.
Mais en position symbolique.

Par la médiation des ancêtres et des génies tutélaires qui les accompagnent, j’ai été déplacé. Non pas vers la richesse matérielle, mais vers un rang. Un statut.

Je ne suis pas devenu riche.
Je suis devenu Prince et Roi — au sens ancien, au sens symbolique, au sens lourd de responsabilités.

Et cela, aucun compte bancaire ne peut le contenir.

Ngoumela Fondji - NDI SI
Ernest Nzofoug Maawu
Edith Brou

*TEXTE : UN HOMME SECRET*_Traité sur la dissimulation nécessaire_Un homme n’est jamais secret par hasard.Il le devient q...
26/01/2026

*TEXTE : UN HOMME SECRET*

_Traité sur la dissimulation nécessaire_

Un homme n’est jamais secret par hasard.
Il le devient quand survivre exige le silence.

Mon père était un homme fermé à clé. Non par méfiance ordinaire, mais par discipline vitale. Rarement quelqu’un a parlé de lui en discernant l’humain derrière la fonction. Dès qu’on s’approchait trop près, une brume s’installait. Non pas un brouillard confus, mais un dispositif précis : distance, opacité, retrait.

Il ne laissait rien fuir.
Rien d’inutile.
Rien d’exploitable.

C’est ainsi que j’ai compris, bien plus t**d, la rigueur avec laquelle il a conduit sa vie. Aucun scandale. Aucun angle mort public. Aucun point faible offert au monde. Sa carrière était propre non par chance, mais par verrouillage. Il avait compris très tôt que l’exposition détruit les hommes marqués.

Sa singularité ne résidait pas dans ce qu’il montrait, mais dans ce qu’il retenait. Pour accéder à son espace intérieur, il ne suffisait pas d’être proche. Il fallait posséder la clé. Et cette clé n’était ni affective, ni intellectuelle. Elle était initiatique.

Face à lui, on avait toujours la même impression : une forteresse. Une armoire de glace. Une profondeur abyssale. Il contrôlait l’espace. Il fixait les limites. Rien ne passait sans autorisation. Cette rigidité produisait un effet paradoxal : ceux qu’il protégeait se sentaient libres. En sécurité. Intouchables.

Être à ses côtés, c’était marcher avec l’invincibilité incarnée.

Il était le Lion du clan. Tant qu’il se tenait debout, l’adversaire savait qu’il paierait le franchissement d’une limite. Ce n’était pas une menace verbale. C’était une certitude structurelle.

Ce mythe m’a porté longtemps. Et il était fondé. Jusqu’au jour où mes propres capacités perceptives ont commencé à s’ouvrir.

J’avais quatorze ans. Il était assis devant la porte, les jambes croisées, comme souvent. Sans avertissement, le voile s’est déchiré. J’ai vu son dos ouvert, lacéré, saignant. Une chair en souffrance, archaïque. Des blessures anciennes, vivantes. Le sang coulait comme si le temps n’avait jamais cicatrisé.

Je n’étais pas en train d’imaginer.
Je voyais.

Mon corps est entré en transe. Les larmes ont jailli sans contrôle. Et à cet instant précis, j’ai compris qu’il savait. Il connaissait ma nature. Il savait que je pouvais voir. Et il ne pouvait pas permettre que cela se manifeste avant l’heure.

Il m’a regardé. Intensément. Puis il a fait ce qu’il savait faire mieux que quiconque : il a coupé la connexion. En un geste. Net.

L’image a disparu.
La mémoire a été verrouillée.
La question s’est évaporée.

Il a parlé d’autre chose. De façon confuse, presque absurde. Et j’ai suivi. Comme prévu. L’opération était propre.

Il a fallu plus de vingt ans pour que cette scène me revienne intacte. Parce que ses blessures n’étaient accessibles qu’à ceux qui avaient traversé leurs propres enfers sans s’y dissoudre. Pour voir l’enfant blessé en lui, il fallait avoir survécu au sien. Pas autrement.

Percer son mystère n’était pas un privilège.
C’était une reconnaissance.

À qui pouvait-il se confier ? À personne. Il était le refuge des autres, jamais l’inverse. Tous venaient déposer leurs déchets psychiques, leurs lâchetés, leurs échecs. Lui absorbait. Sans se plaindre. Sans relâche. Ses appels muets n’ont jamais rencontré de répondant.

Il portait seul.

Quand il se croyait invisible, son regard se perdait dans le vide. Une larme restait suspendue. Jamais assumée. Jamais libérée. Je l’ai surpris ainsi plusieurs fois. Et chaque fois, il a détourné mon attention. Il savait que si je touchais à la source de sa blessure trop tôt, je détruirais l’équilibre qu’il avait mis toute une vie à construire.

Il préférait se consumer que de me livrer à la vengeance. Car cela aurait signé sa double mort : son œuvre anéantie, son héritier brisé.

Mon père était secret par nécessité.
Trop secret pour les faibles.
Inaccessible aux curieux.

Seuls ceux qui avaient accepté leur mission pouvaient s’approcher de sa vérité. Ceux que le cosmos avait oints, non par faveur, mais par exposition au feu.

Le secret est devenu sa seconde peau. Jusqu’au jour où j’ai exigé la clarification. Non comme un enfant, mais comme un homme. C’est à ce moment qu’il a su que le témoin pouvait être transmis.

Il a parlé.
Il a respiré.
Il a dormi.

Alors seulement, il a lâché.

Il venait de passer le témoin.

Il n’y a pas eu d’embrassade.
Pas de larmes partagées.
Pas de célébration.

La transmission ne ressemble jamais à ce que les enfants imaginent.

Ce qu’il m’a laissé n’était pas un récit, ni une justification, ni même une vérité complète. Il m’a transmis une charge. Une densité. Un poids précis que seul un corps préparé peut porter sans se disloquer.

À cet instant, il a cessé d’être un homme pour moi.
Il est devenu un point fixe dans l’ordre du monde.

Je n’ai pas reçu la clé de son secret.
Je suis devenu la clé.

Ses blessures ne m’ont pas été données pour être pleurées, mais pour être transmutées. Ce qui saignait en lui devait cesser de saigner à travers moi. Ce n’était pas une consolation. C’était une obligation.

Alors seulement, j’ai compris :
le secret n’était pas ce qu’il cachait,
le secret était ce qu’il protégeait du monde.

Il ne m’a pas légué sa douleur.
Il m’a légué la capacité de la contenir sans me plaindre.

À partir de ce jour, il a pu mourir tranquille.
Non parce qu’il était guéri,
mais parce que la chaîne n’était plus rompue.

Le Lion pouvait s’asseoir.
La garde était relevée.

Et moi, je savais désormais une chose irréversible :
on ne révèle pas le secret.
On le devient.

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*Texte : Sur le chemin de la rivière*Je parle depuis un souvenir personnel, mais ce souvenir n’est pas seulement le mien...
21/01/2026

*Texte : Sur le chemin de la rivière*

Je parle depuis un souvenir personnel, mais ce souvenir n’est pas seulement le mien. Il appartient à une mémoire plus large, partagée, transmise sans mots. Puiser de l’eau était un geste quotidien, vital, répété par des générations. Ce geste simple a façonné des corps, des regards, des destins. Le chemin de la rivière n’était pas un passage neutre : c’était un lieu de formation, un espace d’initiation silencieuse.

La rivière donnait l’eau pour boire, pour laver les vêtements, pour maintenir les maisons debout. On s’y baignait, on y riait, on y retrouvait une forme de liberté. Mais chacun savait, même confusément, qu’elle portait autre chose. Un envers du décor. Un lieu où se jouaient des scènes que la communauté ne nommait pas, mais reconnaissait.

Sur ce chemin, les corps apprenaient avant les esprits. Les gestes, les regards, les silences composaient une grammaire amoureuse précoce. C’est là que beaucoup découvraient le trouble du désir, la différence des corps, l’attraction. Pas encore des hommes ou des femmes au sens social, mais déjà traversés par des forces qui les dépassaient.

Des histoires s’y nouaient avant même que la société ne fixe les statuts, les alliances, les interdits. L’amour y circulait sans cadre, parfois heureux, parfois destructeur. Certaines passions prenaient une forme excessive, presque possédante, comme si des couches anciennes de la mémoire collective s’activaient. Les récits transmis parlent de villages déchirés, de lignées opposées, de promesses impossibles à tenir. Ces histoires ne sont pas des légendes : elles sont des avertissements.

La rivière portait des secrets lourds.
Des avortements dissimulés.
Des fautes conjugales tues.
Des paroles confiées à l’eau parce qu’aucune oreille humaine ne pouvait les recevoir sans les déformer. Pour que la vie quotidienne continue, ces charges devaient rester enfouies. La rivière devenait ainsi gardienne du silence collectif.

Sur le chemin de la rivière, les regards se croisaient, se jaugeaient, se chargeaient de désir, de jalousie, de crainte. Beaucoup partaient légers, beaucoup revenaient marqués. C’est là que se sont inscrits les premiers émois, mais aussi les premières blessures. Pour certains, le monde s’y est révélé lumineux. Pour d’autres, il y a pris la forme d’un piège.

Mais plus haut sur la rivière, l’espace changeait de nature.

On n’y accédait pas par hasard. Ce n’était plus un lieu de passage ordinaire, mais un territoire consacré, soumis à d’autres lois. Là, la rivière cessait d’être seulement eau : elle redevenait matrice, axe, passage entre les plans.

C’est en ces lieux que se jouaient les situations graves : accouchements menacés, serments rompus, engagements pris trop tôt, souvent sous l’emprise du désir, de la peur ou de l’ignorance. On savait que ces événements ne relevaient pas uniquement des individus, mais engageaient des forces plus vastes, inscrites dans l’ordre cosmique.

Des énergies spécifiques y étaient activées.
Non de manière diffuse ou symbolique, mais selon une architecture précise. L’eau, la nuit, le silence, les paroles rituelles ouvraient un champ où le visible et l’invisible entraient en résonance. Ce lieu était une interface vivante entre les mondes.

Les anciens savaient que certains serments liaient non seulement les corps, mais les lignées. Les dé-nouer exigeait l’intervention de forces qui dépassaient l’humain ordinaire. Plus haut sur la rivière, ces forces étaient convoquées, contenues, orientées. Ce n’était pas un espace de consolation, mais de réajustement cosmique.

Les énergies à l’œuvre n’étaient ni bonnes ni mauvaises. Elles étaient puissantes. Mal activées, elles détruisaient. Justement convoquées, elles réparaient. La rivière, en amont, n’était plus seulement gardienne du secret : elle devenait opératrice de transformation.

La rivière n’était donc pas innocente.
Elle a reçu des aveux d’adultère, des projets de violence, des relations interdites. Elle est devenue une archive vivante, un réservoir de mémoire psychique collective. Ce qui n’était pas élaboré par la parole s’y déposait sous forme de charge.

Les empreintes de pas sur le chemin se mêlaient, se recouvraient, s’effaçaient. Ce désordre apparent traduisait une réalité plus profonde : la confusion des liens, des responsabilités, des désirs. Pourtant, ce lieu n’était pas abandonné au chaos. Des présences veillaient. Des gardiens du seuil, invisibles mais actifs, protégeant l’accès à la source.

La rivière était une interface.
Entre l’individuel et le collectif.
Entre l’enfance et l’âge adulte.
Entre l’acte et sa conséquence.

Tout n’y était pas automatiquement réparé. Les possibilités existaient, mais elles exigeaient conscience, autorité et justesse. Le chemin de la rivière révélait autant qu’il réparait.

Quand je parle de ce chemin, je parle d’un lieu que beaucoup reconnaîtront sans jamais l’avoir nommé. Ce n’est pas seulement un souvenir d’enfance. C’est une matrice. Un espace où se sont noués des désirs, des fautes, des silences — et parfois, la possibilité d’une véritable transmutation.

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