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22/11/2023

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CANNABIDIOL (CBD): une nouvelle arme pour lutter contre la maladie d'AlzheimerC’est en tout cas ce que suggèrent l’ensem...
22/11/2023

CANNABIDIOL (CBD): une nouvelle arme pour lutter contre la maladie d'Alzheimer

C’est en tout cas ce que suggèrent l’ensemble des données précliniques (études in vitro et in vivo animal) disponibles actuellement sur le traitement par du CBD de la maladie d’Alzheimer (MA). En effet, le CBD peut agir sur plusieurs des mécanismes clefs étant à l’origine de la maladie et aurait donc le potentiel non seulement de freiner, sinon d’inverser la progression de la maladie, chose qu’aucun autre traitement a pu réaliser.

La MA, dont la journée internationale a eu lieu le 21 septembre, est une maladie cérébrale dégénérative chronique, et est la cause la plus fréquente de démence (environ 50% à 75%) chez les personnes âgées. Actuellement, on estime que 50 millions de personnes dans le monde souffrent d’une démence compatible avec la MA, chiffre qui devrait doubler en Europe et tripler dans le monde d’ici 2050.

Cette maladie provoque une lente dégénérescence des neurones, entrainant des troubles de la mémoire récente, des fonctions exécutives (projeter, organiser, planifier) et de l’orientation dans le temps et l’espace. Le malade perd progressivement ses facultés cognitives et son autonomie.

➡ Mécanismes de la maladie :

La MA se caractérise par la présence de 2 phénomènes principaux. D’une part, la formation de plaques de protéines dites « β-amyloïdes », qui vont s’accumuler, comprimer et détruire à terme les neurones. Et d’autre part, le rôle d’autre protéine appelée « tau » présente normalement dans la structure des neurones mais qui, dans la MA, va être altérée, générant des amas qui finissent par déformer les neurones et provoquer leur mort. Durant de nombreuses décennies, ces deux phénomènes principaux étaient considérés comme l’origine de la maladie. Cependant, au cours des dernières années, un grand nombre d’études ont remis en cause cette hypothèse, au profit d’autres mécanismes comme le stress oxydatif et la neuroinflammation.

Il est d’ailleurs intéressant de noter que le stress oxydatif est un mécanisme pathologique déjà présent dans de nombreuses maladies (cancers, maladies neurodégénératives, auto-immunitaires) en plus d’être la cause principale du vieillissement précoce. Il se définit comme étant le résultant d’un déséquilibre entre la production de molécules oxydantes et nos défenses antioxydantes conduisant à des dommages cellulaires. Il est l’une des conséquences de notre mode de vie actuelle (pollution, tabagisme, alimentation carencée, etc.).

Quant à la neuroinflammation, elle résulte d’une inflammation systémique de notre corps, dite « de bas grade », qui va se propager à notre cerveau et produire des lésions neuronales. Cette inflammation est produite, entre autres, par notre alimentation industrialisée mais aussi par des conditions comme l’obésité ou le diabète de type II.

➡ CBD et système endocannabinoïde (SE) :

A partir des nouvelles découvertes faites sur l’origine de la MA, de nombreuses d’études se sont intéressées au cannabidiol (CBD) notamment pour ces propriétés antioxydantes, anti-inflammatoires et neuroprotectrices.

Le CBD est l'un des multiples cannabinoïdes présents dans la plante de cannabis sativa. Il ne présente pratiquement pas d’effet psychoactif, et ne produit pas d’effet nocif sur la santé, ni de dépendance, contrairement au Delta-9-Tétrahydrocannabinol (THC) aussi présent dans la plante de cannabis et amplement utilisé comme drogue récréative. L’action du CBD repose en grande partie sur le fonctionnement du SE, constitué d’un ensemble de récepteurs spécifiques aux substances (endocannabinoïdes) produites normalement l’organisme, et qui sont en charge de réguler l’équilibre d’un grand nombre de fonctions physiologiques du corps (sommeil, stress, douleur, système immunitaire).

➡ Effets du CBD sur la MA :

Le CBD peut agir directement et indirectement sur l’équilibre oxydatif en modifiant le niveau et l'activité des oxydants et des antioxydants permettant ainsi de réduire le stress oxydatif résultant. De plus, son activité antioxydante est 30 à 50 % supérieure à celle de la vitamine E ou encore de la vitamine C. Par ailleurs, d’autres recherches ont démontré que le CBD, par son pouvoir anti-inflammatoire pouvait diminuer la neuroinflammation et améliorer les fonctions cognitives et de mémoire. Enfin, le CBD permettrait de réduire les dépôts de plaques d’amyloïde et les amas de protéines tau altérées, diminuant ainsi la dégénérescence des neurones.

Prochainement des essais cliniques devraient débuter auprès de volontaires atteints de la MA, afin d’évaluer l’impact du CBD sur l’évolution de la maladie et sur l’état clinique des patients, et permettre, en cas de résultat positif, de nous doter d’une nouvelle arme contre la MA.

Dr. Aurélien Nuñez

➡ SOURCES:

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Je suis ravi de vous présenter mon article sur les Polyphénols : Des Alliés Naturels pour une Meilleure Santé, publié à ...
21/10/2023

Je suis ravi de vous présenter mon article sur les Polyphénols : Des Alliés Naturels pour une Meilleure Santé, publié à l'origine dans le journal Portugal Resident 📰. Bonne lecture !

Depuis de nombreuses années, les polyphénols suscitent un intérêt grandissant en tant que composés naturels bénéfiques pour la santé. Cela est confirmé par plus de 55 000 études publiées au cours des deux dernières décennies. On les trouve dans une variété d'aliments d'origine végétale, tels que les fruits, les légumes, les céréales complètes, les légumineuses, mais aussi dans les épices, le thé, le chocolat et le vin rouge. Les polyphénols constituent l'un des groupes de composés naturels les plus abondants dans le règne végétal, avec actuellement plus de 8 000 d'entre eux identifiés.

Ces polyphénols se caractérisent par leur structure chimique contenant plusieurs groupes phénoliques. Ils sont regroupés en quatre catégories principales ainsi que plusieurs sous-groupes, tels que les flavonoïdes, les acides phénoliques, les stilbènes et les lignanes (voire tableau 1). Au sein des plantes, ils servent principalement de mécanismes de défense contre le stress environnemental, incluant les rayonnements ultraviolets et les agents pathogènes. Toutefois, lorsque nous consommons des aliments riches en polyphénols, ces composés peuvent procurer des avantages significatifs pour notre propre santé.

➡ Polyphénols : des composés aux multiples bénéfices

L'un des effets des polyphénols les plus étudiés et solidement établis est leur puissante activité antioxydante. Ils agissent en neutralisant le stress oxydatif, facteur capable d'endommager nos cellules et l'ADN qu'elles renferment. Ce phénomène est notamment responsable du vieillissement prématuré et du développement de nombreuses maladies chroniques, telles que les maladies cardiovasculaires, le cancer et les troubles neurodégénératifs. À l'échelle cellulaire, les polyphénols éliminent une vaste gamme de radicaux libres (molécules oxydantes) et indirectement inhibent les enzymes responsables de leur production, tout en stimulant nos défenses antioxydantes.

Les polyphénols possèdent également des propriétés anti-inflammatoires, en modulant les voies moléculaires impliquées dans la réponse inflammatoire. Par exemple, ils inhibent l'activité d'enzymes telles que la phospholipase A2 et la COX, qui jouent un rôle dans le métabolisme de l'acide arachidonique. Ce dernier est un acide gras polyinsaturé (de la famille des oméga 6) à partir duquel notre organisme produit des molécules pro-inflammatoires, appelées prostaglandines, par le biais des enzymes phospholipase A2 et COX. Ce mécanisme d'action est similaire à celui de certaines familles de médicaments comme les AINES (par exemple : l'ibuprofène) et des corticoïdes (par exemple : la cortisone), couramment prescrits en cas d'inflammation.

Les polyphénols jouent un rôle crucial dans le maintien de la santé, étant donné que l'inflammation chronique est associée à de nombreuses maladies, incluant les maladies cardiaques, le diabète de type 2, l'obésité, le cancer et les troubles auto-immuns.

Finalement, les polyphénols possèdent d'autres propriétés bénéfiques pour notre santé :
- La modulation positive de notre microbiote intestinal, qui influence sa composition et son équilibre. En effet, de nombreux polyphénols possèdent des propriétés probiotiques et cobiotiques (notamment le resveratrol ou encore le Gallate épigallocatéchine (EGCG).
- La régulation des œstrogènes dans notre organisme, notamment par les lignanes et les isoflavones, ce qui peut s'avérer particulièrement intéressant chez les femmes ménopausées ou en cas d'excès d'œstrogènes.

➡ Polyphénols : Optimisez Vos Apports

Afin de tirer pleinement parti des bienfaits des polyphénols, il est généralement recommandé de viser une consommation quotidienne d'environ 1 gramme. Des études indiquent que suivre un régime de type méditerranéen constitue une excellente option pour atteindre cet objectif.

Cependant, il est important de prendre en compte les facteurs environnementaux tels que le type de sol, l'exposition à la lumière, les précipitations, ainsi que les méthodes de culture et de stockage. Ces éléments ont une influence majeure sur la teneur en polyphénols des aliments. Pour garantir une consommation suffisamment riche en polyphénols, il est recommandé de privilégier les sources issues de l’agriculture biologiques.

Par ailleurs, il convient de noter que la biodisponibilité des polyphénols varie considérablement selon les types de polyphénols. Ainsi, la totalité de la quantité de polyphénols présente dans un aliment peut ne pas être totalement absorbée par l'organisme. La plupart des polyphénols étant liposolubles, ils sont mieux absorbés en présence de graisses alimentaires. Cependant, il existe aussi des polyphénols hydrosolubles, qui sont plus facilement absorbés lorsque leur source alimentaire est consommée avec des liquides. Par conséquent, il est généralement recommandé d'éviter de consommer la plupart des polyphénols en dehors des repas principaux, afin de ne pas compromettre leur biodisponibilité et d'améliorer leur absorption.

Dans une optique de prévention et d’amélioration des maladies chroniques, ainsi que pour ralentir le vieillissement lié au stress oxydatif et à l'inflammation chronique, il est possible de recourir à des compléments contenant des polyphénols. Privilégiez ceux qui proposent des mélanges riches en polyphénols, car cela peut favoriser une meilleure biodisponibilité et une synergie d'action plus optimale.

En conclusion, les polyphénols jouent un rôle vital pour la santé, avec leurs bienfaits allant de l'antioxydation à la réduction de l'inflammation en passant par leurs capacités à moduler notre microbiote intestinal et nos œstrogènes. Intégrés dans une alimentation équilibrée, comme le régime méditerranéen, ils combattent les maladies chroniques et ralentissent le vieillissement. Comprenez leur biodisponibilité variable et optimisez leur absorption par des choix alimentaires adaptés. En cas de besoin, des compléments de polyphénols bien choisis peuvent être un complément judicieux pour améliorer notre bien-être général.

Dr. Aurélien Nuñez

SOURCES:
1. Tsao R. Chemistry and biochemistry of dietary polyphenols. Nutrients. 2010 Dec;2(12):1231-46.
2. Tresserra-Rimbau A. Dietary Polyphenols and Human Health. Nutrients. 2020 Sep 22;12(9):2893.
3. Martini D et al. Estimated Intakes of Nutrients and Polyphenols in Participants Completing the MaPLE Randomised Controlled Trial and Its Relevance for the Future Development of Dietary Guidelines for the Older Subjects. Nutrients. 2020 Aug 15;12(8):2458.
4. Castro-Barquero S et al. Dietary Polyphenol Intake is Associated with HDL-Cholesterol and A Better Profile of other Components of the Metabolic Syndrome: A PREDIMED-Plus Sub-Study. Nutrients. 2020 Mar 4;12(3):689.
5. Hussain T Et al. Oxidative Stress and Inflammation: What Polyphenols Can Do for Us? Oxid Med Cell Longev. 2016;2016:7432797
6. Yahfoufi N,et al. The Immunomodulatory and Anti-Inflammatory Role of Polyphenols. Nutrients. 2018 Nov 2;10(11):1618.
7. Brglez Mojzer et al. Polyphenols: Extraction Methods, Antioxidative Action, Bioavailability and Anticarcinogenic Effects. Molecules. 2016 Jul 11;21(7):901.
8. Cheng YC et al. Polyphenols and Oxidative Stress in Atherosclerosis-Related Ischemic Heart Disease and Stroke. Oxid Med Cell Longev. 2017;2017:8526438
9. Sadowska-Bartosz I, Bartosz G. Effect of antioxidants supplementation on aging and longevity. Biomed Res Int. 2014;2014:404680. doi: 10.1155/2014/404680. Epub 2014 Mar 25.
10. Xing L et al. Recent Advances in the Understanding of the Health Benefits and Molecular Mechanisms Associated with Green Tea Polyphenols. J Agric Food Chem. 2019 Jan 30;67(4):1029-1043

Primum non nocere. Pour que l'Ordre des médecins redevienne une institution intègre et transparente, soucieuse de défend...
15/09/2023

Primum non nocere. Pour que l'Ordre des médecins redevienne une institution intègre et transparente, soucieuse de défendre l'art de la médecine ainsi que ceux qui le pratiquent. Mais surtout, pour qu'il protège tous les êtres humains que nous prenons en charge au quotidien, établissant ainsi cette relation unique entre médecin et patient.

"Dans chaque acte médical, le respect envers le patient et les principes éthiques et moraux doivent être présents ; ainsi, la science et la conscience seront toujours du même côté, du côté de l'humanité." Docteur René Favaloro 1999.

Gros soutien à mes confrères de Belgique, dont le Docteur Résimont, merci de nous montrer la voie à suivre.

📢 Je suis ravi de vous présenter mon article sur le Leaky Gut Syndrome (Hyperperméabilité intestinal), publié à l'origin...
28/08/2023

📢 Je suis ravi de vous présenter mon article sur le Leaky Gut Syndrome (Hyperperméabilité intestinal), publié à l'origine dans le journal Portugal Resident 📰.
J'ai pris soin de traduire et d'enrichir mon article d'origine afin de vous offrir une compréhension plus approfondie de ce sujet crucial, étroitement lié à notre santé global. Malheureusement, il demeure encore largement méconnu du grand public alors qu'il est probablement la cause principale des maladies chroniques et donc du vieillissement accéléré.

LEAKY GUT SYNDROME: LA CAUSE PRINCIPALE MÉCONNUE DES MALADIES CHRONIQUES.

Une passoire à la place d’une barrière intestinale, voilà en résumé ce qu’est le Leaky gut syndrome. Dans ce syndrome notre intestin qui normalement forme une barrière nous protégeant des toxines, macromolécules mal digérées (en particulier les protéines) et des pathogènes (bactéries, champignons, etc) présents dans notre tube digestif, va être beaucoup plus poreux, facilitant ainsi leurs passages dans notre organisme. Il peut être à l’origine non seulement de troubles intestinaux (ballonnements, diarrhées, etc…), de symptômes extradigestifs (fatigue, maux de tête, eczéma, douleurs articulaires, brouillard mental) mais aussi de maladies chroniques.

Il est fascinant de rappeler que notre intestin est un tube long de 5 à 7 mètres, possédant une paroi d’une superficie de plus de 1000m2 (environs 2 terrains de tennis) lui permettant de remplir sa fonction principale qui lui est connue : celle d’absorber un maximum de nutriments issus des aliments partiellement digérés lui arrivant de l’estomac. Cependant, notre intestin possède une autre fonction, moins connue mais tout aussi importante que la première, celle de former une barrière nous protégeant des menaces présentes dans notre tube digestif. Pour cela, notre intestin est constitué d’une couche de 50 milliards de cellules appelées entérocytes qui, unis les uns aux autres (par des complexes moléculaires), forment une véritable barrière. Cette dernière est néanmoins plus fine qu’un papier à cigarette (aprox 0,025 mm d’épaisseur) et peut donc être endommagée facilement. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si 60% de notre système immunitaire se situe au niveau nos intestins, juste en dessous de cette fameuse barrière intestinale.

Une fois qu’on a lu cela, on comprend facilement que lorsque la fonction de barrière de l’intestin se fragilise et que sa perméabilité augmente excessivement, le corps sera alors exposé à de multiples substances (bactériennes, etc). Ces dernières pourront en effet passer entre 2 entérocytes, qui en situation normal sont unis fortement par l’intermédiaire de complexes moléculaires (appelés jonctions serrés), mais qui dans le leaky gut syndrome seront endommagés et moins solides.

Le passage de ces substances étrangères (appelées antigènes) déclenchera l’activation de notre système immunitaire, et initiera donc une réaction inflammatoire dite de « bas grade », car d’intensité peu élevée mais suffisante pour générer des molécules de l’inflammation qui diffuseront dans tout notre corps et nous conduiront à une inflammation chronique de tout notre organisme.

➡ Leaky gut syndrome : conséquences sur notre santé.

Or nous savons maintenant depuis plusieurs années déjà que cet état inflammatoire chronique (dit « systémique de bas grade ») a des conséquences majeures sur notre santé : surpoids, obésité, maladies cardio-vasculaires, auto-immunité, cancers, dépressions, maladies dégénératives. Par ailleurs, cet état inflammatoire chronique est aussi l’une des causes profondes du vieillissement accéléré (appelé « Inflammaging »).

➡ Leaky gut : ces causes.

La grande majorité des Leaky gut syndrome sont causés par des dysbioses (déséquilibre du microbiote intestinal) ou des troubles intestinaux. Mais il existe de nombreuses autres causes qui peuvent le produire comme : une consommation excessive de gluten (qui a une action inflammatoire directe sur la muqueuse intestinale), les hypersensibilités alimentaires (mal appelées « allergies alimentaires ») très souvent produites par la caséine (une des protéines du lait), ou encore à l’ovalbumine (une des protéines de l’œuf), le stress, une consommation excessive d’alcool et les jeûnes prolongés (plus de 7 jours). Mais aussi par de nombreux médicaments comme les antibiotiques prescrit de façon encore trop automatique et qui sont pourtant de véritable bombe pour notre écosystème, les antiacides (IPP) prescrits de manière prolongée en cas de reflux gastro-œsophagien, les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINEs) prescrits en cas de douleur (mais qui ont comme effet secondaire d’altérer la production de mucus intestinal, élément protecteur de notre barrière intestinal) et les médicaments chimiothérapeutiques. Enfin, les pesticides qui sont des produits mutagènes mais aussi des perturbateurs endocriniens qui vont détruire de manière insidieuse notre microbiote intestinal (toujours essayer de privilégier une alimentation biologique).

➡ La solution : prendre soin de notre intestin

Dans un premier temps, il est primordial de réduire ou modérer les causes (ou déclencheurs) du Leaky gut syndrome mentionnées précédemment, en mettant l'accent sur le rééquilibrage de notre microbiote intestinal. Ensuite, l'objectif sera de soutenir et de réparer la muqueuse intestinale afin qu'elle retrouve son état fonctionnel et protecteur.

Pour ce faire, il est essentiel de fournir les micronutriments nécessaires à un renouvellement approprié de nos entérocytes (qui se produisent environ toutes les 36 heures), tels que le zinc et la L-glutamine. La prise de N-Butyrate semble également essentielle pour favoriser le renouvellement des cellules du côlon. De plus, il est nécessaire d'assurer une bonne lubrification de notre barrière intestinale, car cela contribue à sa résistance. À cet effet, maintenir des niveaux optimaux d'acides gras polyinsaturés (oméga 3-6-9) est important.
Enfin, pour rétablir l’homéostasie de notre barrière intestinale, des taux adéquats de vitamines A et D, ainsi que de polyphénols (quercétine, resveratrol, l'épigallocatéchine gallate, etc) semblent cruciaux. De nombreuses études confirment le rôle prépondérant de ces vitamines et polyphénols dans le bon fonctionnement de notre barrière intestinale et de notre système immunitaire.

Il convient de noter également que certaines plantes et épices possèdent des propriétés anti-inflammatoires (comme le boswellia et le curcuma) qui peuvent contribuer à la cicatrisation de notre barrière intestinale.

Comme disait Hippocrates 400 ans avant JC : « Toute maladie commence dans les intestins » et le syndrome du Leaky gut semblerait en être la cause méconnue.

Dr. Aurélien Nuñez

🔬 SOURCES :
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8. Camilleri M, Vella A. What to do about the leaky gut. Gut. 2022 Feb;71(2):424-435.
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🟡 MAGNÉSIUM : Un minéral essentiel dont nous avons besoin.D'après plus de 110 000 études sur le magnésium publiées à ce ...
21/08/2023

🟡 MAGNÉSIUM : Un minéral essentiel dont nous avons besoin.

D'après plus de 110 000 études sur le magnésium publiées à ce jour, environ 60 à 70 % des adultes souffrent d'un manque de magnésium, entraînant des niveaux insuffisants de ce minéral dans le corps.

Le magnésium se classe quatrième parmi les minéraux les plus présents dans le corps humain (après le calcium, le potassium et le sodium), avec une quantité corporelle totale de seulement 20 à 28 grammes.

Environ 60 % du magnésium est stocké dans nos os et nos dents, où il participe, avec le calcium et le phosphore, à la formation et à la remodélisation constantes de notre squelette. Par ailleurs, 39 % du magnésium se trouve à l’intérieur de nos cellules, où il joue un rôle fondamental, notamment dans le fonctionnement normal des kinases. Ces dernières sont la plus grande superfamille d'enzymes humaines que nous possédons. Elles ont comme rôle d'activer ou d'inhiber des réactions chimiques cruciales pour le bon fonctionnement de notre organisme. Un dysfonctionnement de ces enzymes, comme le démontrent plus de 200 000 publications sur le sujet, est directement ou indirectement impliqué dans plus de 400 maladies humaines, telles que le diabète, les maladies cardiovasculaires, les cancers, la fibromyalgie et bien d’autres. Enfin, seulement 1 % du magnésium corporel se trouve dans notre sang.

➡ Carence en magnésium : un problème multicausal.

Malgré son rôle crucial pour notre existence, une carence chronique en magnésium est largement répandue au sein de la population occidentale. De nombreuses études menées au cours des 30 dernières années ont démontré que cette carence est liée au développement de maladies chroniques telles que le diabète, l'ostéoporose, les maladies cardiovasculaires, les cancers, etc (voire tableau 1).

Cette insuffisance en magnésium trouve principalement son origine dans l'appauvrissement des sols en minéraux essentiels, résultat du modèle agricole actuel caractérisé par une exploitation intensive et industrialisée des terres. Cette pratique a engendré, au fil des décennies, une réduction des teneurs minérales dans les cultures de légumes et de fruits. Ainsi, même ceux qui s'efforcent de privilégier une alimentation saine en optant pour des aliments non transformés peuvent se retrouver en déficit de magnésium.

En outre, d'autres facteurs contribuent à l'aggravation de cette carence : 1) La surconsommation d'aliments ultratransformés, reconnus pour leur pauvreté en magnésium due à leur traitement industriel (raffinage) ; 2) Les problèmes d'absorption intestinale liés à diverses troubles (dysbiose intestinale, hypochlorhydrie, maladie cœliaque, maladie de Crohn, entre autres), aux interventions chirurgicales gastro-intestinales (Chirurgie bariatrique, etc), à la prise quotidienne de certains médicaments (oméprazole, diurétiques, etc.) ; 3) L'augmentation des pertes de magnésium (élimination accrue par l'urine et la sueur), observée notamment dans des contextes tels qu'une activité physique intense, un stress chronique, une consommation excessive d'alcool, ainsi que dans des maladies impliquant une excrétion rénale accrue de magnésium.

➡ La carence en magnésium : un problème sous-diagnostiqué.

La carence chronique en magnésium n'est pas uniquement un problème de plus en plus répandu, mais elle est également souvent sous-diagnostiquée par les professionnels de la santé. En effet, cela est dû d'une part au fait que les symptômes d'une carence en magnésium sont généraux et peu spécifiques (fatigue, anxiété, sensibilité accrue au stress, contractures musculaires, maux de tête, entre autres). D'autre part, la mesure du magnésium plasmatique (magnésémie) est encore utilisée comme indicateur pour évaluer les réserves de magnésium, au lieu de mesurer les niveaux de magnésium dans les globules rouges (Magnésium Erythrocytaire). Cette dernière méthode est un indicateur plus précis des niveaux réels de magnésium dans notre organisme (comme expliqué précédemment, environ 39 % du magnésium se trouve à l'intérieur de nos cellules, contre 1 % dans le sang).

➡ La carence en magnésium : que faire ?

Pour profiter de tous les bienfaits que le magnésium offre à notre santé (tableau 1), il est essentiel d’en consommer quotidiennement une quantité adéquate. La dose quotidienne recommandé est de 300 à 400 mg.

Pour atteindre cette quantité, il est conseillé de : 1) privilégier les aliments biologiques riches en magnésium, car ils ont des valeurs plus élevées en magnésium que les aliments non biologiques ; 2) boire des eaux riches en magnésium ; 3) favoriser la consommation de céréales complètes (farines, pain, etc.) ; 4) limiter la consommation d'alcool et maintenir un mode de vie équilibré, incluant des exercices de relaxation (comme la méditation, la cohérence cardiaque, etc.), pour réduire nos pertes de magnésium, qui peuvent être significatives en cas de stress chronique.

En considérant les multiples facteurs qui restreignent la consommation adéquate de magnésium, il est fortement recommandé d'envisager la prise de compléments de magnésium. Comme évoqué précédemment, la carence en magnésium résulte de diverses circonstances, et les compléments constituent une solution pratique pour combler cette lacune. Opter pour des suppléments de magnésium peut offrir une alternative essentielle, surtout dans les situations où les mesures préventives mentionnées précédemment ne sont pas réalisables, qu'il s'agisse de contraintes de santé ou de modes de vie.

Pour se supplémenter en magnésium, privilégiez les formes avec une haute biodisponibilité, comme le citrate, bisglycinate, malate et taurate de magnésium.

En effet, ces diverses formes de magnésium offrent une gamme d'avantages ciblés, adaptés aux besoins spécifiques de chaque individu. Par exemple, le citrate de magnésium est utile pour traiter la constipation, tandis que le bisglycinate de magnésium peut aider à réduire le stress. En somme, choisir la forme appropriée de magnésium peut jouer un rôle significatif dans l'amélioration de la santé en fonction des besoins individuels.

En définitive, les compléments de magnésium s'avèrent être une démarche judicieuse pour maintenir des niveaux optimaux de ce minéral vital.

Dr Aurélien Nuñez

SOURCES :

1. Ismail AAA et al. Chronic magnesium deficiency and human disease; time for reappraisal? QJM. 2018 Nov 1;111(11):759-763.
2. Gröber U et al. Magnesium in Prevention and Therapy. Nutrients. 2015 Sep 23;7(9):8199-226.
3. Razzaque MS. Magnesium: Are We Consuming Enough? Nutrients. 2018 Dec 2;10(12):1863. doi: 10.3390/nu10121863.
4. Barbagallo M et al. Magnesium in Aging, Health and Diseases. Nutrients. 2021 Jan 30;13(2):463. doi: 10.3390/nu13020463.
5. Fiorentini D, Cappadone C, Farruggia G, Prata C. Magnesium: Biochemistry, Nutrition, Detection, and Social Impact of Diseases Linked to Its Deficiency. Nutrients. 2021 Mar 30;13(4):1136.
6. Volpe SL. Magnesium in disease prevention and overall health. Adv Nutr. 2013 May 1;4(3):378S-83S.

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