14/05/2026
J’ai eu envie de lire à nouveau le livre « Rien ne s’oppose à la nuits » de Delphine de Vigan.
J’ai été particulièrement touchée par l’impact que la maladie de sa mère a eu sur elle et ce rôle de "parent d'un parent" qu'elle a dû endosser de l'enfance à l'âge adulte, oscillant entre une vigilance constante et une prise en charge totale de celle-ci.
"J’écris ce livre parce que je ne peux plus me taire."
Au-delà du portrait de famille, c’est une plongée au cœur d’un tabou : l'impact de la bipolarité parentale sur la construction de l'enfant.
L’enfance sur un fil : la parentification
Comment se construire quand le pilier maternel vacille ? Pour l’enfant, la maladie n’est pas un concept, c’est une météo imprévisible. Le livre décortique ce mécanisme d’hyper-vigilance où les rôles s’inversent : l’enfant devient le gardien de son parent, guettant le basculement entre l'euphorie solaire et le gouffre de la dépression.
"Ma mère était un pays dévasté dont je devais protéger les frontières."
Le corps comme champ de bataille : le lien avec les TCA
L'autrice explore avec pudeur comment la souffrance psychique se déplace vers le corps. Face à l’imprévisibilité de l’environnement familial, les Troubles du Comportement Alimentaire (TCA) apparaissent comme une tentative désespérée de maîtrise. Quand le monde affectif est saturé de désordre, le contrôle du corps devient l’ultime rempart contre l’effondrement intérieur.
Transformer le trauma
C’est un récit sur la transmission et le déterminisme, mais aussi sur l’incroyable résilience des enfants "nés de la nuit". Par l'écriture, Delphine de Vigan brise le silence et tente de transformer la douleur en un objet de compréhension. Une lecture qui m’a à nouveau beaucoup touchée, mettant des mots sur des souffrances trop longtemps restées silencieuses.