Séverine Gajewski - Psychothérapie

Séverine Gajewski - Psychothérapie Certifiée par la FF2P, j’exerce la psychothérapie à Paris dans le 4e et à Moret-sur-Loing dans le 77.

Je suis spécialisée dans l'accompagnement des personnes en deuil et des personnes qui souffrent de Troubles du Comportement Alimentaire (TCA).

J’ai eu envie de lire à nouveau le livre « Rien ne s’oppose à la nuits » de Delphine de Vigan.J’ai été particulièrement ...
14/05/2026

J’ai eu envie de lire à nouveau le livre « Rien ne s’oppose à la nuits » de Delphine de Vigan.
J’ai été particulièrement touchée par l’impact que la maladie de sa mère a eu sur elle et ce rôle de "parent d'un parent" qu'elle a dû endosser de l'enfance à l'âge adulte, oscillant entre une vigilance constante et une prise en charge totale de celle-ci.

"J’écris ce livre parce que je ne peux plus me taire."

Au-delà du portrait de famille, c’est une plongée au cœur d’un tabou : l'impact de la bipolarité parentale sur la construction de l'enfant.

L’enfance sur un fil : la parentification
Comment se construire quand le pilier maternel vacille ? Pour l’enfant, la maladie n’est pas un concept, c’est une météo imprévisible. Le livre décortique ce mécanisme d’hyper-vigilance où les rôles s’inversent : l’enfant devient le gardien de son parent, guettant le basculement entre l'euphorie solaire et le gouffre de la dépression.
"Ma mère était un pays dévasté dont je devais protéger les frontières."

Le corps comme champ de bataille : le lien avec les TCA
L'autrice explore avec pudeur comment la souffrance psychique se déplace vers le corps. Face à l’imprévisibilité de l’environnement familial, les Troubles du Comportement Alimentaire (TCA) apparaissent comme une tentative désespérée de maîtrise. Quand le monde affectif est saturé de désordre, le contrôle du corps devient l’ultime rempart contre l’effondrement intérieur.

Transformer le trauma
C’est un récit sur la transmission et le déterminisme, mais aussi sur l’incroyable résilience des enfants "nés de la nuit". Par l'écriture, Delphine de Vigan brise le silence et tente de transformer la douleur en un objet de compréhension. Une lecture qui m’a à nouveau beaucoup touchée, mettant des mots sur des souffrances trop longtemps restées silencieuses.

« Le corps n’oublie rien » : L'ancrage somatique au cœur de la guérison.En tant que thérapeute spécialisée dans les Trou...
19/02/2026

« Le corps n’oublie rien » : L'ancrage somatique au cœur de la guérison.

En tant que thérapeute spécialisée dans les Troubles des Comportements Alimentaires (TCA) et le Deuil, je constate au quotidien la résonance des travaux du Dr. Bessel van der Kolk dans son livre « Le corps n’oublie rien ».

Le traumatisme — qu'il s'agisse de la perte d'un être cher ou d'une souffrance ayant mené à une relation dysfonctionnelle avec la nourriture — n'est pas seulement logé dans l'esprit. Il est inscrit dans le tissu corporel lui-même.

1. Le corps comme terrain de bataille

Le traumatisme désorganise le Système Nerveux Autonome (SNA). Pour nos patients, cela se manifeste de deux manières souvent opposées, mais interconnectées :

- Dans les TCA : la nourriture et les comportements compensatoires deviennent des stratégies désespérées pour réguler un système nerveux en surcharge. Restreindre, purger ou se suralimenter sont des tentatives de reprendre un contrôle physique sur un corps qui se sent impuissant, ou d'anesthésier la douleur émotionnelle stockée (dissociation).

- Dans le Deuil : le choc et la tristesse peuvent se manifester par une hypervigilance (difficulté à dormir, anxiété) ou, à l'inverse, par une sensation de figement ou de lourdeur physique, le corps refusant d'achever la vague émotionnelle du chagrin.

Dans les deux cas, le corps est coincé dans un état de défense non résolue.

2. Le passage du récit à la sensation

Van der Kolk souligne que, puisque le centre du langage (le lobe de Broca) se désactive sous stress extrême, la thérapie uniquement basée sur le récit verbal atteint rapidement ses limites. On ne peut pas "parler" le traumatisme hors du corps.

Le chemin vers la guérison thérapeutique est donc somatique :

- Rétablir la sensation : Le travail consiste à ramener le patient au moment présent et à ses sensations corporelles. Cela permet de transformer les « flash-backs » (où le passé est revécu dans le corps) en véritables « souvenirs » (placés dans le passé).

- Restaurer l’action de survie : À travers le mouvement, le rythme et des pratiques de pleine conscience, nous aidons le corps à compléter les actions de défense qui ont été interrompues lors de l'événement traumatique (le combat ou la fuite qui n'a pas pu avoir lieu).

3. Les outils de réintégration

Le livre encourage l'intégration de pratiques qui rééduquent le corps à se sentir en sécurité :

• Le Mouvement Régulateur (Ex: Yoga, Danse) : Essentiel pour rétablir la proprioception et la connexion au soi physique, cruciale après des années de déni corporel dans les TCA.

• L’Intéroception (Ex: Pleine Conscience) : Apprendre à identifier et nommer ce qui se passe à l'intérieur du corps (faim, satiété, tension, tristesse) sans jugement. C'est le fondement pour démanteler l'évitement et la dissociation.

• Le Co-régulation : La relation thérapeutique elle-même devient un lieu sûr où le patient apprend à se réguler en présence d'un autre (le thérapeute).

En conclusion : En thérapie, nous cherchons à donner au corps la voix qu'il a perdue. La véritable guérison est atteinte lorsque le corps cesse d'être une prison de souffrance et redevient un lieu d'ancrage, de sécurité et de pleine présence.

16/01/2026

Pendant la guerre, des milliers d’enfants sont éloignés de leurs parents pour être protégés. En les observant, un médecin comprend que la violence ne laisse pas seulement des traces visibles. Elle s’inscrit aussi dans les liens rompus, les repères perdus, les absences prolongées.
➡️ https://l.franceculture.fr/RdT

Les « bonnes » résolutions : et si elles étaient de mauvaises alliées? Tous les ans, le mois de janvier revient avec son...
07/01/2026

Les « bonnes » résolutions : et si elles étaient de mauvaises alliées?

Tous les ans, le mois de janvier revient avec son lot de « bonnes » résolutions : détox après les fêtes, perte de poids, reprise en mains de son alimentation, pratique intensive du sport…
Si pour certains ces résolutions peuvent être stimulantes voire bénéfiques, pour les personnes souffrant de TCA, elles agissent souvent comme un puissant déclencheur de mécanismes de défense.

L'observation du mécanisme derrière le slogan
En tant que psychopraticienne, j'observe que cette période réactive fréquemment la pensée dichotomique (le "tout ou rien").
La culture des résolutions vient valider une croyance centrale du trouble : l’idée qu’il faudrait se corriger, compenser ou se maîtriser davantage pour être légitime.

Le sport comme monnaie d’échange : L’activité physique n’est plus vécue comme un mouvement de vie, mais comme un outil de compensation pour "effacer" les fêtes.

La restriction comme cadre rassurant : On s'accroche à des règles alimentaires rigides pour apaiser une angoisse, au risque de perdre de vue ses besoins physiologiques et émotionnels.

L'illusion du contrôle : La résolution devient un cadre rigide qui rassure momentanément mais qui occulte les besoins profonds du sujet.

La réactivation de la culpabilité : En érigeant le sport ou l'alimentation en "obligations de début d'année", on renforce le sentiment d'échec dès que la réalité du quotidien reprend le dessus.

Sortir de la performance
Le processus thérapeutique invite souvent à une autre direction : celle de l'observation de ses besoins plutôt que de l'obéissance à des règles extérieures.
Face à cette effervescence collective, la question n'est peut-être pas de savoir quelles résolutions prendre, mais de comprendre ce que ces injonctions viennent réveiller en nous.
Prendre du recul sur ces pressions saisonnières est parfois le premier pas pour protéger son espace psychique.

La Boulimie Hyperphagique, une maladie de la volonté?La boulimie hyperphagique (ou trouble d'hyperphagie boulimique) est...
21/11/2025

La Boulimie Hyperphagique, une maladie de la volonté?

La boulimie hyperphagique (ou trouble d'hyperphagie boulimique) est un trouble du comportement alimentaire (TCA) caractérisé par des épisodes récurrents d'ingestion compulsive et excessive de nourriture dans un laps de temps court.
Ces épisodes, appelés crises d'hyperphagie, se distinguent par une perte de contrôle sur la quantité d'aliments consommés et le sentiment de ne pas pouvoir s'arrêter.
Contrairement à la boulimie nerveuse, ce trouble n'est pas suivi de comportements compensatoires inappropriés réguliers, tels que les vomissements provoqués, l'abus de laxatifs ou l'exercice physique excessif.

Les personnes atteintes de boulimie hyperphagique ressentent souvent une détresse et une honte considérables liées à ces crises, ce qui peut mener à l'isolement et à des problèmes de santé physique et mentale.

Les personnes souffrant de ce trouble ont souvent l'impression de manquer cruellement de volonté ou de faiblir moralement face à la nourriture. Elles peuvent se blâmer et tenter de "mieux se contrôler" par des régimes restrictifs qui, paradoxalement, peuvent aggraver le cycle des crises.

Cependant, l'une des perspectives importantes dans la compréhension de ce trouble est que l'origine peut résider, non pas dans un simple manque de volonté, mais dans une privation antérieure du libre-arbitre ou de la capacité de choix.

Cette privation peut se manifester sous plusieurs formes :
• Régimes restrictifs stricts et répétés : La restriction alimentaire volontaire et rigide mène le corps et le cerveau à un état de famine. Ce stress biologique et psychologique érode le sentiment de choix et déclenche une pulsion de survie qui annule la volonté consciente au profit de l'impératif biologique de manger.
Contrôle émotionnel ou environnemental : Les crises peuvent être une réaction à des situations passées ou présentes où la personne s'est sentie dépourvue de contrôle sur sa vie, ses émotions, ou dans ses relations. L'alimentation devient alors un mécanisme d'adaptation dysfonctionnel, un domaine où un certain "contrôle" illusoire (ou au contraire, l'abandon du contrôle) est exercé en réponse à la perte de contrôle réelle ailleurs.

En d'autres termes, les crises ne sont pas un défaut de caractère, mais souvent une réponse physiologique et/ou psychologique à un état de restriction ou de contrainte où la nécessité a pris le dessus sur le choix.
Le traitement ne vise donc pas à "retrouver la volonté" mais à restaurer le rapport instinctif et le libre-arbitre face à la nourriture et aux émotions.

Le Paradoxe du Deuil : Quand la douleur devient une preuve d’amour Le deuil n'est pas une simple succession d'étapes à f...
07/11/2025

Le Paradoxe du Deuil : Quand la douleur devient une preuve d’amour

Le deuil n'est pas une simple succession d'étapes à franchir, mais une réorganisation complète de l'existence. Christophe Fauré, dans son ouvrage « Vivre le deuil au jour le jour », nous plonge au cœur de cette expérience en soulignant l'une de ses grandes contradictions : pour prendre soin de notre deuil – c'est-à-dire pour transformer la douleur en un lien apaisé – nous devons accepter d'avancer, de retrouver le goût de la vie.

Mais pour beaucoup, cette idée réveille un véritable conflit de loyauté et une peur panique.
• La peur d'oublier.
• La peur de se détacher.
• La peur de trahir la personne disparue.
Comme si la seule preuve visible de notre amour, pour nous-mêmes, pour les autres, et surtout pour la personne partie, résidait dans la persistance de notre souffrance.
Moins on souffre, moins on aurait aimé ? C'est une idée incroyablement tenace qui nous emprisonne.

C'est là que se trouve le nœud du processus : le "travail" de deuil n'est pas un effacement, mais une transformation. Le but n'est pas de perdre le lien, mais de le faire passer de l'extérieur vers l'intérieur, de le rendre intact et stable, quelle que soit votre progression dans la vie. Il s'agit de réorganiser l'amour, non de l'abandonner.
Prendre soin de son deuil, ce n'est pas oublier l'autre ; c'est s'autoriser à continuer à l'aimer d'une manière qui nous permet de vivre pleinement. C'est le plus bel hommage qu'on puisse rendre à leur mémoire.

En tant que thérapeute spécialisée dans l’accompagnement du deuil, je suis souvent confrontée à cette culpabilité. Ce conflit de loyauté est si puissant qu'il bloque parfois l'accès au soin, car aller mieux est inconsciemment perçu comme le début de l'oubli. Comprendre et dénouer cette résistance est le cœur de l'accompagnement. La thérapie vise à vous autoriser à passer de la souffrance de l'absence à la richesse de la présence intérieure, sans trahir l'amour, pour enfin initier la cicatrisation.

05/11/2025

📣 DERNIERS JOURS !
Inscrivez-vous vite à la 18e journée d'étude de la FF2P sur les risques du métier de psychopraticien !
Nous vous proposons trois conférences le matin, avec Martine Dekens, Emmanuelle Gilloots et Elisabeth Petit-Lizop. L'après-midi, vous aurez le choix entre 6 ateliers.
📆 le vendredi 14 novembre 2025, de 9h à 17h
📍 salle Baude, 95 rue de Sèvres, 75006 Paris (métro Vaneau ou Duroc)
💰 60 €, tarif étudiant à 30€
Découvrez le programme complet ici 👉https://www.ff2p.fr/evenements/journee-detude/18e-journee-detude-de-la-ff2p-psychopraticien-les-risques-du-metier/

La nouvelle version de mon site internet est en ligne!https://www.psy-tca.comVous y trouverez des informations sur :• ma...
22/10/2025

La nouvelle version de mon site internet est en ligne!

https://www.psy-tca.com

Vous y trouverez des informations sur :
• ma pratique
• les TCA
• le deuil
• l’accompagnement thérapeutique que je propose
• un blog

Bonne lecture!

Séverine Gajewski Psychothérapie

18/10/2025

Il n’existe ni congé pour décès, ni mot juste, ni reconnaissance sociale pour celles et ceux dont un ami meurt. Pourtant, ce chagrin peut être ravageur, et ce à tout âge.

Bonjour,Pour cette rentrée, je vous propose la lecture du livre d’Alice Develey, « Tombée du ciel ».Ce livre est écrit s...
03/09/2025

Bonjour,

Pour cette rentrée, je vous propose la lecture du livre d’Alice Develey, « Tombée du ciel ».

Ce livre est écrit sous la forme d’un journal intime, celui d’Alice, 14 ans.
Avec des mots crus, elle témoigne de ce qu’est vraiment l’anorexie, de la manière dont les personnes qui en souffrent réfléchissent et se perçoivent…

Lire la suite via le lien ci-dessous :

Ce livre est écrit sous la forme d’un journal intime, celui d’Alice, 14 ans. Avec des mots crus, elle témoigne de ce qu’est vraiment l’anorexie, de la manière dont les personnes qui en souffrent réfléchissent et se perçoivent.

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4Ème Arrondissement Paris
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