09/01/2020
Ecrire pour faire sortir les mots de sa tête. Ecrire pour ne pas garder sa douleur en soi. Ecrire pour expulser tout ce qui nous détruit de l'intérieur. Ecrire pour se libérer de toute la noirceur qui nous entoure.
Il y a eu ce jour encore plus noir que les autres jours. Ce jour où j'ai senti que je n'arriverai pas à remonter. Ce jour où la douleur était juste insupportable. Ce jour où je me suis sentie si seule. Je ne l'étais pas pourtant, loin de là. J'étais entourée d'amour, d'attentions, de bienveillance par mes proches et mes amis. Mais la maladie colore en noir toutes nos pensées et tous nos ressentis. Le burn-out fausse notre jugement. Ce jour-là, malgré tout l'amour que j'avais autour de moi, j'ai eu l'envie d'arrêter de me battre. Moi qui ai travaillé au SMUR, aux urgences, en réa. Moi qui sait plus que tout autre combien la vie est précieuse. Moi qui ai condamné les gestes irréparables commis par d'autres. Moi, la grande amoureuse de la vie, l'épicurienne née, la nana bo***ée d'optimisme et d'énergie, j'ai failli rendre les armes, arrêter de me battre... à cause du boulot....
Ce jour là, je ne sais pas pourquoi, j'ai chopé un carnet qui traînait sur ma table de nuit (celui-là même où je notais tout ce que je ne devais pas oublier de faire, quand je travaillais encore et me réveillais la nuit... ironie du sort...). J'ai attrapé ce carnet, un crayon et j'ai écrit. Sur ce carnet, j'ai déversé ma haine, ma colère, ma rancœur. J'y ai inscrit mon désespoir, mon mal-être, ma douleur. J'ai noirci des pages de la noirceur que j'avais à l'intérieur de moi. J'ai débité des mots, des phrases. Mon écriture si soignée d'habitude était tranchée, hachée, brutale à l'image de toute la violence que j'avais en moi. J'ai écrit longtemps tout en pleurant. Je me suis libérée, je me suis exorcisée. Quand je me suis enfin arrêtée, je n'avais plus de larmes, j'étais vidée mais je me suis sentie apaisée. D'écrire ce jour-là m'a sauvée.
J'ai pris alors la décision de continuer à écrire, sans filtre, sans interdits, comme cela vient, mes pensées à l'état brut. Pas de jolies phrases, pas de belle écriture, pas de mise en forme. Chaque jour, j'ai écrit. Chaque jour, j'ai noté ce que je ressentais, mes douleurs et mes colères. Je ne gardais plus pour moi. Au fil du temps, les mots se sont apaisés. La colère et la souffrance ont laissé la place aux idées et aux projets. Mon écriture est redevenue belle, souple, ronde. Les stylos de couleur ont remplacé le crayon noir.
Et puis un jour, j'ai changé de carnet, j'ai tourné la page!
Et si vous essayiez vous aussi?
Je vous envoie des bulles d'optimisme