23/12/2022
La magie, ça existe !
(Sinon, le père Noël resterait coincé dans la cheminée !)
Lorsque ma fille était petite (5 ou 6 ans), elle s'est mise à faire des bêtises un peu plus graves que d'ordinaire.
Lorsque je lui ai demandé de quel chapeau elle sortait cette capacité à me rendre chèvre, elle m'a répondu, « C'est les petites voix dans ma tête ». Des petites voix qui lui disaient de confirmer qu'elle était nulle, « et que quand on est nul, on fait plein de bêtises».
Assurément, ce discours intérieur n'était vraiment pas sympa.
Comme toute maman qui s'inquiète, je me suis posée des questions sur ma responsabilité dans tout cela. Est-ce que je ne faisais pas assez attention à elle ? Est-ce que son environnement hors de la maison était suffisamment bienveillant ? etc...
Comme je ne pouvais pas obtenir de réponses satisfaisantes dans l'immédiat (que j'ai trouvées par la suite), j'ai décidé de passer temporairement outre l'introspection pour identifier la solution la plus adaptée afin que les choses rentrent dans l'ordre.
Non... pas pour que les bêtises s'arrêtent. On n'a déjà plus le droit d'en faire quand on est adulte, c'est pas pour s'en priver quand on est enfant... (Bien que cela m'aurait probablement arrangée).
Il y avait surtout urgence à faire taire ces « petites voix » dévalorisantes dans sa petite tête toute bouclée.
Alors, un soir où nous étions tranquilles, je lui ai proposé un petit jeu pour « renvoyer dans leur 22 » ces petites voix qui lui disaient : « T'es méchante, t'es moche, t'es nulle, si tu fais des bêtises, c'est normal ». Vraiment, vraiment pas top ce discours intérieur...
Je lui ai demandé à quoi ressemblaient ces vilaines petites voix et de me les dessiner, les unes après les autres. Il y en avait 3. Une fois les dessins faits, je lui ai demandé si elle était prête à les Bousiller, Déchirer, Piétiner puis les mettre à la poubelle. Elle les a simplement Chiffonnées et jetées dans la poubelle avec un : « Ciao, bye bye ! ».
Heureusement, il y avait aussi des petites voix qui lui disaient « Tu es chouette, tu es courageuse, tu es capable, etc. ».
Je lui ai demandé comment elle pouvait faire pour que ces gentilles voix prennent la place des voix qui étaient parties. Elle a fermé les yeux et les a rendues plus grosses dans son esprit et s'est mise à les dessiner. Elles prenaient toute la place sur la feuille.
Je lui ai demandé ce qu'elle voulait en faire à présent. Elle a soigneusement plié la feuille et l'a rangée dans sa boite à bijoux « Doodle » préférée.
Quelques semaines plus t**d, alors que nous étions en train de dîner, je lui ai demandé : « Alors comment ça roule avec les petites voix ? »
- Elles ne sont plus là ! » M'a-t-elle répondu avec des yeux tout ronds de surprise de s'en rendre compte.
Voilà en quoi réside la magie que nous avons en nous. Cette magie qu'on a tous gardé quelque part dans une boite « Doodle » tout au fond d'un placard et qui a pris la poussière.
Il est temps d'aller la chercher, non ?
Je m'attends déjà à des commentaires du style : « Pfff... c'est quoi ces foutaises ? N'importe quoi ! » ou encore : « Pfff... à mon âge, c'est bien trop t**d... »
Foutaises ? Vous êtes sur(e) ? Trop t**d pour quoi ? Pour se sentir léger, joyeux et retrouver le chemin qui mène à un discours intérieur indulgent et salvateur ?
Expliquez-moi (essayez, tout le moins) pourquoi ça fonctionne avec les enfants et pas sur les adultes ?
Tout simplement parce qu'on ne se l'autorise pas ! « Ce n'est pas raisonnable ! Ça fait pas très sérieux ! », "vous comprenez, j'ai des responsabilités moi, je n'ai pas le temps de retomber en enfance !".
Et alors ! Si ça marche, pourquoi s'en priver ??? (Au pire, faites-le mais n'en parlez pas autour de vous 😉 )
La magie, celle qu'on on a oublié est toujours là, au fond de notre placard intérieur.
Il n'est jamais trop t**d pour aller à la rencontre de cette part d'enfant qui nous habite toujours, cet être créatif et fantaisiste, insouciant et lui demander de nous rapporter ce que nous avons enfoui au plus profond de nous. Ce dont nous avons tant besoin là, maintenant et lui demander de jouer à « et si on faisait comme si...» quand on en ressent le besoin.
Puis, nous mettre à dessiner, à se demander et à imaginer comment ce sera quand ce sera différent ?
Prenez soin de vous ! Et bonnes fêtes de fin d'année où que vous soyez et quoi que vous fassiez 🙂
PS : Pour la petite histoire, la petite fille est devenue grande, elle a continué à dessiner... aux Beaux-Arts 😉